‹ Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau: faites a la faculté de Médecine de (volume 2)Chapitre 76 sur 113 · SS* DÉVBLOPPBMENT DES FAISCEAUX SPINAUX · texte numérisé non relu

SS* DÉVBLOPPBMENT DES FAISCEAUX SPINAUX

Il s'agit d'abord de reconnaître gue, dans toute la hantearde la moelle épinière, les faisceaux postérieurs décrits en anatomie descriptive ne constituent pas un seu] et même système. Au contraire, ils doivent être décomposés en deai faisceaux secondaires représentant, en quelque sorte, deui systèmes, deux organes parfaitement distincts anatomiperaent et qui fcmctionnent isolément, aussi*biendans l'élat normal que dans )'^t pstholt^iqne.

' Ciyupt traiavenala êe la m<Hl)8 cervicale d'un «mtryoï^ktnHiii maiiHi. fGrsniu. sa ) — C, Cuil etatral. — R, BtriUiHU'pilWiil

H, Cordon poiUiicar. — CA, Conmlnon intiria.

S, RhIoi pa*tirJmin. — V, Pirtio poattiaaie du «

BOTmu toajbn d'où . — V, Cordon inléMur. -

Or, cette autonomie des deux systèmes constitutifs des faisceaux postérieurs est fondée sur des considérations empruntées : 1" les unes à l'anatomie de dé-velopperaent ; 2" d'autres à l'anatomie de structure; 3» d'autres enfin, à l'anatomie pathologique. Nous passerons saccessiveiDenl en revue les trois ordres de Caits sur lesquels est fondée la distinction dont il s'agit.

Je m'empresse de vous rappeler que le» développemwits qui vont suivre ne seront, pour one grande partie, que l'exposé de recherches très importantes publiées par

lÔTSLQinVMINT DIS lAlSCSAtlX POSIWIIBDRS. 2b3

M. Piwret dans les ÂrcïÙTes de phjsiolc^ en l&tî et 1873, c'mt-à-dint à Toxique oii il me faisait rbonneor de travail- 1er sous ma direction.

Â. Un mot d'abord sur I« déTâtqpfiement des faisceaux postérieurs,

a) Chez l'embryon ltiiiDai& de six semaines, les faisceaux postérieurs ne 3<Hit «ncoire représentés que par deux bandelettes qui coiffent en quelque sorte les cornes postérieures {!)•

(l) Nous reprodiiiaons ici, par campkraisaa. Us fîgiueEdemtrschdaatiqucs pubGdes dsDs lea tefons da U. te professeur Charcot, sur les scléroses sfinétriqueE des cordons lalâcaui (d'après les pré parât ioas de il. Pierret). 6.

PiÊi.tf. — CauptdakmtatUtd-niiimbruim humain igi iTuH mo«;«l A.D.C, etc., cammeiiuiBUagucapiicïdciit». —J^ CaidoQ luanU

Fig. SS. — Coupede la moelled-an embryon, hamairt &gê de dmx *K.,*<>im»»4viai—lgamftieid»oLn.-'l.,Vvaiatalaan.L — — .. nwnt de. tsi.ceiui de Goll. - N, Dèïfilappemant de. fijacesui de Tûrok (ta

356 DâTBLOPPlUBNT DKS FAISCEAUX POSTÉEIETJBS .

Ce sont là les rudiments des faisceaux de Burdach ; les faisceaux médians ou faisceaux de GoU ne se sont pas encore développés.

Fia. C9. — Couji» tranmrtalf d un embryon dt Auil tvnainti (Gnmlu.Eia). — H.H, Firlla ulUuM d» cordoni psiMrieuri H, H, qui plu> tard totatniti ^a «rdoni da Coll. — C.A., ComiuluufB imineun. - V, CurdoD uUri>ur. - G,

nutirlcur. Entra !•■ daux uilliai H,H, daa cordoni poitînaan, C, rapréMDU i-«p[UiéUum du cual centril fd'ipr*i KOllikar).

ft! Ceux-ci ne commencent à apparaître que vers la hni-

Fig. 70. — Caupi iroAtDariala da la morlla etnicait d'im»mbrDand*n»ufàdiic

ca cinâl, » pinia poiitrieure. — V,V, Cordou iDiccieun. — B,H, CoHou po»t*riaun. — H, H, Cordom de GoLI. — V.W. B»ciD»» inKrlwiMs. — H,W. KKioa pMtiiianca. — G, Giaglloa mUiranélinl (d'apiti lUUikar).

tiëme semaine sous forme de deux bourgeons qui semblent émaner des faisceaux de Burdach.

DÉVBLOPPEMKNT DBS FAISCEAUX POSTÉRIEURS. 257

Toujours est-il que, vers la dixième semaine, ils en sont tout à fait distincts. Ils se voient dans toute la hauteur de la moelle.

c] Par les progrès du développement, les faisceaux de Goll, dans certaines régions, se fusionnent avec les faisceaux de Burdach, sans toutefois se confondre avec eux. Mais, dans la région cervicale, ils restent distincts, même au point de vue de l'anatomie macroscopique, c'est-à-dire qu'ils sont, à ce niveau, limités de chaque côté par les sillons postérieurs intermédiaires. (Sappey.)

Voilà pour ce qui concerne l'anatomie de développement.

B) L'anatomie de structure, faite dans l'état normal chez l'adulte à l'aide de coupes pratiquées dans diverses directions sur des pièces durcies, montre à son tour ce qui suit :

a) Les faisceaux de Goll sont composés de fibres parallèles à long parcours, formant de longues commissures qui mettent en rapport des étages très éloignés de substance grise centrale. Par en haut, ce système de fibres commissurales se termine dans un amas ganglionnaire qui se voit sur le plancher du quatrième , ventricule et qu'on appelle noyaux des faisceaux de Goll. Remarquez encore que les faisceaux de Goll n'ont aucune connexion avec le prolongement intra-spinal des racines postérieures.

ô) Il n'en est pas de même des faisceaux de Burdach qui, eux, au contraire, sont traversés par une partie des fibres émanant des racines postérieures. Des fibres de ces racines, les unes, au moment où elles abordent la moelle, plongent directement dans la substance grise des cornes

Gharcot 17

298 DlâaéN^RATION ASGENIfeANTE.

postérieures ; les autres n'atteignent la substance grise que dans la région du cou {ceroix cornu postoHoris) , après avoir traversé, suivant un chemin beaucoup plus long, I^s faisceaux de Burdach où elles dessinent une courbe à convexité externe.

c) Mais ce groupe de fibres radiculaires émanant des racines postérieures ne constitue pas à lui seul, tant s'en faut, la totalité des faisceaux de Burdach. La grande masse de ces feisceaux est formée, au contraire, par des fibres verticales, arciformes, beaucoup plus courtes que les fibres du faisceau de Goll, et qui s'intriquent dans des directions très variées.

Telle est, d'après ce qu'enseigne l'étude directe de l'arrangement des fibres nerveuses, la constitution particulière des deux faisceaux du cordon postérieur.

C) Vous venez de voir, Messieurs, que l'anatomie de développement et l'anatomie de structure concourent à démontrer l'indépendance mutuelle de ces deux faisceaux. Voici maintenant une vérification nouvelle, et qui, cette fois, nous est fournie par l'anatomie pathologique.

a) Le faisceau de Goll a pu se montrer, dans certains cas, lésé isolément, systématiquement, dans toute son éteadue, sans participation aucune des faisceaux de Burdach : cela a été démontré par M. Pierret à propos d'une observation recueillie dans mon service. Le môme fait a été rencontré depuis par d'autres observateurs, et toujours on a vu le faisceau se dessiner nettement dans toute la hauteur de la moelle. A la région lombaire, il se montre sur les coupes transversales sous la forme de deux petits nodules, circonscrits de toutes parts par les fibres des faisceaux de Burdach. Ces deux faisceaux ont, en effet, dans cette région, une importance majeure, en raison surtout du grand nombre des

DÉaBNÉRAXIO^q ASC&KDANTEL 259

fibres radicuiaires postérieures qu'ils reçoivent; A la région dorsale, au contraire, les faisceaux médians l'emportent par leurs dimensions sur les faisceaux de Burdacb. Enfin, à la région cervicale, les faisceaux de Burdacb deviennent de nouveau considérables ; mais les faisceaux de GoU ne sont pas pour cela moins volumineux, et il est même très important de remarquer que c'est dans cette région qu'ils sont le plus n ettement isolés des parties avoisinantes, grâce à la plus grande profondeur des deux sillons postérieurs intermédiaires. Je tiens encore à vous rappeler, en passant, que les symptômes observés dans les cas do lésions isolées, systématiques, des faisceaux de GoU, ne sont pas ceux de l'ataxie locomotrice progressive.

&) Ce qui vient de se présenter, à propos des faiceaux de Goll, se reproduit également pour ce qui a trait aux faisceaux de Burdacb. Ceux-ci peuvent, eux aussi, subir une altération isolée, autonome en quelque sorte, sans aucune participation des faisceaux de GoU. Ainsi, chez un sujet qui présentait tous les symptômes de l'ataxie locomotrice, aussi bien dans les membres inférieurs que dans les membres supérieurs, les faisceaux de Burdacb étaient seuls lésés, et cela dans toute la hauteur de la moelle épinière. Quant aux faisceaux de GoU, ils étaient absolument indemnes : le même fait a été constaté depuis dans pUisieurs autres observations*

c) Maintenant, Messieurs, nous sommes en mesure de comprendre la disposition singulière que présente la lésion des faisceaux postérieurs, quand elle résulte de la compression déterminée par une tumeur, en supposant que cette compression doit avoir pour effet la destruction, sur un point de leur parcours, des fibres des faisceaux de GoU et de celles des faisceaux de Burdacb. La lésion, portant sur les fibres commissurales courtes du faisceau de Burdacb,

iSO FAISCEAUX DE aOLt ET DE BDRDACH.

détermine par en haut une dégénération à court trajet dans ces faisceaux, et nous verrons tout à l'heure pour quelle raison cette dégénération est ascendante; enfin, la même lésion, en tant qu'elle porte sur les longues flbres commissurales des faisceaux de Goll, détermine une dégénération également ascendante de ce faisceau, laquelle pourra être suivie dans toute l'étendue de la moelle épinière jusqu'au plancher du quatrième ventricule.

d) Si maintenant, au lieu d'un cas de compression, tous imaginez le cas d'une myélite transverse partielle et limitée au faisceau postérieur, le résultat sera absolument le même au moment où la continuité des fibres aura été interrompue. A ce propos, je veux vous faire remarquer, Messieurs, que, dans l'ataxie locomotrice, la disposition la plus habituelle des lésions rappelle, à quelques modifications près, ce qui vient d'être dit au sujet des dégénératioiis ascendantes. La lésion fondamentale porte à l'origine sur les faisceaux radiculaires dans toute la hauteur de la région dorso-lombaire; mais, comme il s'agit là surtout d'un processus inflammatoire, cette lésion ne reste pas confinée dans son foyer d'origine; elle s'étend, de proche en proche, dans toutes les directions, partie suivant le trajet des fibres nerveuses, partie suivant les tractus conjonctifs, et gagne ainsi, d'un

. DéaÉNÉBATIONS DB CAUSE PéRIPHÉRIQUE. 261

côté, les cornes postérieures; de l'autre, les faisceaux de Goll. La conséquence de cette propagation est que les fibres des faisceaux de Goll, étant intéressées dans la partie inférieure de leur trajet, dégénèrent de bas en haut, de la môme façon que s'il s'agissait d'une compression directe, et que la lésion ainsi produite peut être suivie, comme il vient d'être dit, jusqu'au plancher du quatrième ventricule.

Telle est. Messieurs, la lésion vulgaire de l'ataxie locomotrice, celle qui se rencontre 90 fois sur 100 chez les su- • jets qui succombent à cette maladie.

C'est d'après le principe exposé à l'occasion de l'ataxie locomotrice vulgaire qu'il faut interpréter les dégénérations secondaires constituant le troisième groupe qu'il nous reste actuellement à considérer. A côté des dégénérations secondaires de cause cérébrale et de cause spinale dont l'étude descriptive est désormais terminée, il faut placer, vous disais-je, le groupe des dégénérations secondaires de cause périphérique.

Ce groupe est, à l'heure qu'il est, composé de trois ou quatre observations seulement ; mais il est problable qu'à un moment donné il prendra une certaine importance. Je me bornerai donc à citer, à titre d'exemple, l'observation de M. Cornil, la première en date, et une observation de M. Th. Simon (1).

Dans tous les cas observés jusqu'à ce jour, la lésion siège en dehors de la moelle épinière, sur les racines delà queue de cheval, au-dessus du ganglion ; elle consiste en

(l) Âreh. f, Ptych. V. WêitphaU V, Bd. 1874, p. lU.

26il DÉGBNéRATIOKS DE CAUSE PÉRIPHliSIQUE .

une tumeur sarcomateuse ou myxomateuse qui englobe et comprime les faisceaux nerveux. Il n'est pas douteux, Messieurs, que la lésion spinale, dans les observations auxquelles je fais allusion, relève non pas de la lésion des racines antérieures, mais de celle des racines postérieures. La dégénération consécutive est caractérisée alors ainsi qu'il suit: 1° elle occupe exclusivement les faisceaux postérieurs; 2° dans la région lombaire, le faisceau postérieur est envahi totalement dans son étendue transverse; 3° mais au-dessus de cette région, le faisceau de GoU est seul affecté, et il Test totalement dans son étendus en hauteur, c'est-à-dire jusqu'au plancher du quatrième ventricule. C'est, vous le voyez, quant à la topographie, une assez exacte reproduction des lésions de l'ataxie vulgaire.

Maintenant, voici comment les choses doivent se passer, du moins théoriquement et d'après les principes que nous avons précédemment formulés. Conformément à la loi de Waller, les racines postérieures dégénèrent par en haut, audessus de la lésion, du côté de la moelle, et la dégénération de ces fibres peut être suivie dans leur trajet intra-spinal, c'est-à-dire dans l'épaisseur des faisceaux de Burdach. La lésion qui, à un moment donné, revêt le caractère inflammatoire se communique aux fibres commissurales courtes du faisceau, et, de proche en proche, elle gagne dans la région lombaire le faisceau de GoU, qui, suivant la règle, dégénère par en haut dans toute son étendue. Si les choses se passent ainsi que le veut la théorie, on devrait donc, dans un cas récent de dégénération secondaire de ce genre, reconnaître à l'autopsie une lésion limitée aux faisceaux de Burdach et n'intéressant pas encore les faisceaux de Goll. L'avenir apprendra s'il en est réellement ainsi.

NEUVIÈME LEÇON

Des dégénérations secondaires spinales ou cérébrales au point de vue des lois de TValler. — expériences de Schiefferdecker, Franck et Pitres.

SosiifAiRE. ^- La raison des dégénérations secondaires spinales est du même ordre que celle des altérations wallériennes. — Lois de "Waller.

Dégénérations descendantes et ascendantes. — Les faisceaux qui dégénèrent par en bas sont comparables aux nerfs centrifuges des racines antérieures. *— * Les faisceaux qui dégénèrent par en haut sont assimilables aux racines postérieures.

Expériences de Westphal, Vulpian, Schiefferdecker. ^- Epoque du début des dégénérations. — Les dégénérations expérimentales ressemblent de tous points aux dégénérations pathologiques chez l'homme. — Le faisceau pyramidal n'est pas compacte chez le chien. — Diffusion des fibres dégénérées dans le cordon anléro-latéral.

Expériences de Franck et Pitres. — Dégénération dans la capsule interne à la suite de l'ablation dugyrus sigmoïde.

Exception spéciale à la sclérose en plaques. * — Desideratum histologiqne.

Mesi^eurs,

L'étude des dégénérations secondaires, à laquelle nous voulons aujourd'hui mettre la dernière main, n'a guère été jusqu'ici qu'à peu près excluslYement descriptive. Presque toujours, en effet, nous avons constaté et décrit ; mais, en général, nous n'avons rien expliqué. Si nous savons, par exemple, que la dégénération de certains faisceaux de la moelle se fait constamment dans le sens ascendant, tandis que la dégénération d'autres faisceaux se £ait invariable-

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