‹ Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau: faites a la faculté de Médecine de (volume 2)Chapitre 78 sur 113 · FAISCEAU. PTRAMIDAL CHEZ LE CHIEN · texte numérisé non relu

FAISCEAU. PTRAMIDAL CHEZ LE CHIEN

souvent les traces; mais, après quatorze jours, le résultat est absolument certaiu. — Au bout de quatre ou cinq semaines, le plus haut degré de l'altération est atteint. Je ferai remarquer, à ce propos, que, chez Fhomme, c'est au bout d'un ou deux mois seulement que les premières traces de la dégénération secondaire ont pu être reconnues. Mais il faut considérer. Messieurs, qu'en raison des circonstances, les observations sont beaucoup moins nombreuses et moins multipliées qu'elles ne l'ont été chez les animaux, dans le travail de M. Schieflferdecker.

Fig. 74.— A,Coape de la moeUe aa-d«88oaB de la lésion.— B, Coap6 de la moelle audessus de la lésion." On voit en A la diffusion de la sclérose descendante dans le cordon antéro-latéral, sauf à la partie antérieure où la dégénération est bien circonscrite aux faisceaux de Tûrck. En B, dégénération des cordons de Goll et da faisceau cérébelleux direct.

1« Pour ce qui est de la distribution des dégénérations, tant ascendantes que descendantes, elles sont, d'après M. Schiefferdecker, à peu de chose près, ce qu'elles sont chez rhomme ; il y a cependant, chez le chien, quelques particularités que je vous demande la permission d'indiquer en deux mots. 1° S'il s'agit d'une dégénération ascendante, les lésions rappellent exactement ce que l'on voit chez l'homme en pareil cas, à savoir, dégénération ascendante des faisceaux de Goll et de la partie postéro-latérale des faisceaux latéraux qui correspond aux faisceaux cérébelleux directs.

S'^Mais, ce sont surtout les dégénérations, descendantes gui,

RÉGION ROLANDIQUE. 269

comparées à ce qu'en voit chez Thomme, présentent quelques particularités. On peut dire, en effet, que les fibres pyramidales ne forment pas généralement, comme chez l'homme, des faisceaux compactes (les fibres des faisceaux pyramidaux directs font cependant exception) ; et, dans le reste des cordons antéro-latéraux, des fibres capables de dégénérer sont disséminées un peu partout. Cependant, elles se rassemblent de manière à former un groupe un peu plus compacte dans la région pyramidale du cordon latéral ; et, sur ce point, les fibres dégénèrent dans un long trajet, tandis que, partout ailleurs, elles dégénèrent seulement dans un court trajet. En somme, mutatis mutandis^ ces dégénérations secondaires de cause spinale, soit ascendantes soit descendantes, sont absolument comparables à celles qui se voient chez l'homme.

Ce qui vient d'être dit des dégénérations secondaires de cause spinale, nous pouvons le répéter des dégénérations secondaires de cause cérébrale, également déterminées artificiellement chez le chien.

Il faut d'abord, puisqu'il s'agit du chien, vous rappeler ce que nous avons déjà dit des circonvolutions motrices de cet animal. Quelles sont les parties homologues des régions rolandiques de l'homme? C'est là, Messieurs, un point sur lequell'anatomie comparée ne semble pas, quant à présent, s'être définitivement prononcée. Quoi qu'il en soit, l'expérimentation a reconnu, à la surface du cerveau du chien, des régions excitables et motrices qui, fonctionnellement, ont la même signification que les circonvolutions rolandiques. Ces régions motrices du chien sont, en

370 GTRUS SIGMOÎDB.

quelque sorte, groupées autour du sillon crueial et elles occupent, pour la plupart, une circonvolution désignée sous le nom de gyr^^ signunOe.

Jusqu'ici, tous le savez. Messieurs, les lésions pra* tiquées dans le but de déterminer les dégénérations secondaires, chez le chien, n'ont guère p<Hté que sur l'écorce et la partie attenante du manteau. Mais, il est on ne peut plus yraisemblahle, q[UR les résultats seraient conformes si les lésions intéressaient les régions correspondantes de la capsule interne.

Bref, quand on enlève le gyrus sigmoïde sur un hémisphère, les dégénérations secondaires se produisent chez le chien, absolument comme s'il s'agissait chez l'homme d'une lésion portant sur un point des régions motrices. A cet égard, il me suffira de vous citer quelques observations expérimentales: V^ une observation de Gudden dans laquelle une lésion de la capsule interne, chez un jeune chien, était accompagnée de dégénération dans la pyramide et dans la moelle; 2^ une observation de M. Vulpian qui signale, cinq mois après l'ablation du gyrus sigmoïde, une atrophie de la pyramide correspondante avec une dégénération secondaire; 3® enfin, les observations de MM. Franck et Pitres (1), qui font mention de résultats absolument iden^ tiques. D'ailleurs, Messieurs, il n'est pas excessivement rare de voir certaines lésions se développer spontanément chez le chien sur cette même région sigmoïde, et, plusieurs fois, en pareil cas, on a remarqué l'existence de dégénérations secondaires. Ainsi, vous trouverez des observations de ce genre dans la thèse récente de M. Issartier, observations relevées par MM. Déjerine, Carville et Duret.

MM. Franck et Pitres, à qui l'on doit de si importantes recherches relativement à toutes les questions que nous agitons en ce moment, ont été encore plus loin. Ils se sont éver-

(1) Voy. thèse inaugurale dlssartier, 1878.

EXPlêBIENCSS DE Mit. FSAlfCK ET PITRES. 271

tués à étudia expérimentaiement la marche du processus morbide. On sait aujourd'hui, de science certaine, qu'audessous du gyrus sigmoïde, partie excitable de Técorce, il existe dans le manteau une languette triangulaire de substance blanche qui relie la substance grise de Técorce à la capsule interne, et qui, au même titre que la région de récorce d'où elle dérive, répond aux excitations expérimentales, tandis que toutes les autres parties du manteau sont privées de cette propriété.

Or, Messieurs, il semblait résulter des expériences de MM. Albertoni et Michieli, que le faisceau blanc perd son excitabilité quatre jours après l'ablation du gyrus sigmoïde. Ainsi séparées du centre trophique cortical, ses fibres perdent leurs propriétés physiologiques, tout comme s'il s'agissait d'un nerf périphérique. MM. Pitres et Franck ont confirmé ces résultats : avant môme que la lésion ne soit appréciable, elle existe déjà sûrement, car déjà elle se traduit par la perte des propriétés des éléments nerveux.

Par conséquent, Messieurs, vous le reconnaissez, tout concourt admirablement à appuyer la théorie que je vous ai proposé d'admettre. Il existe cependant, je ne saurais vous le cacher, un point noir dans nos horizons. Je veux parler d'une exception notoire, qui, jusqu'à ce jour du moins, semble contredire la loi : dans la sclérose en plaques les lésions, alors même qu'elles sont très étendues, ne produisent pas de dégénérations secondaires. J'ai émis, dans le temps, l'hypothèse que cela tient à la persistance plus longue des cylindres axiles dans les foyers de sclérose multiloculaire. Mais, je ne vous garantis pas la valeur absolue de mon explication, qui repose cependant sur l'observation d'un fait réel. Peut-être, faute d'un examen suffisant, certaines dégénérations descendantes sont-elles passées inaperçues? Quelles que soient les hypothèses, je crois qu'il sera nécessaire de reviser, soiis ce rapport, l'anatomie pathologique de la sclérose en plaques ; et, d'ailleurs,

272 EXPéRIENCBS DE MM. FRANCK ET PITRES.

c'est là un point que je ne fais qu'indiquer pour le moment. Nous trouverons, sans doute, Toccasion d'y revenir dans la suite (1).

(4) Dans une note récente communiquée à la Société de biologie, MM. Franck et Pitres ont établi que la dégénération du faisceau pyramidal chez le chien peut affecter les mômes caractères anatomiques que chez rhomme. Jusqu'à un certain point les fibres du faisceau pyramidal sembleraient donc se réunir en un groupe assez compacte. Voici d'ailleurs les conclusions des recherches de MM. Franck et Pitres :

< Chez le chien, une lésion corticale siégeant dans la zone motrice peut êlre suivie de dégénération secondaire de la moelle épinière.

* Cette dégénération, semblable anatomiquement à celle gui se produit chz rhomme dans les mêmes circonstances ^ en diffère au point de vue de la symptomatologie en ce qu'elle ne s'accompagne pas de contracture musculaire. • Progrès médical^ 1880, p. 147.

Voy. également : Tripier. — De Vanest%€sie produite par les lésions des eu'' convolutions cérébrales, in lUvue mensuelle de médecine et de chirurgie^ numéro du 10 janvier 1880.

DIXIEME LEÇON

Détermination du trajet des faisceaux blancs de la moelle épinière par l'étude des dégénérations secondaires. — Analyse expérimentale des fonctions des flBiisceaux pyramidaux.

SoMMAiRB. — Tous les faisceaux blancs de la moelle sont capables de dégénération systématique. -— Faisceaux à fibres longues. — Faisceaux à fibres courtes. — Schéma.

Cordons postérieurs. — Faisceaux intrinsèques. — Faisceaux de Burdacb et faisceaux de Goll. — Faisceaux extrinsèques. — Faisceau cérébelleux direct.

Cordons antéro-latéraux. — Faisceaux intrinsèques. — Faisceaux extrinsèques. — Faisceau pyramidal.

Résultats fournis par l'expérimentation. •— Les faisceaux antéro-latéraux sont-ils excitables? — L'excitabilité du faisceau pyramidal est manifeste chez Thomme dans tout le trajet cérébro-spinal de ce faisceau. — Expériences de Vulpian, SchifT. — Hémisections spinales. — Vivisections de Woroschiloff. — Influence du faisceau pyramidal sur l'activité réflexe de la moelle épinière. — Les faisceaux pyramidaux sont les conducteurs des incitations volontaires.

Messieurs,

Vous n'avez sans doute pas oublié la proposition que j'émettais au début même de nos études sur les dégénérations secondaires. Ces lésions, vous disais-je, offrent de l'intérêt, non pas seulement au point de vue de la pure anatomie pathologique; elles sont, pendant la vie, l'occasion de troubles fonctionnels particuliers qui se surajoutent à la symptomatologie des lésions primitives qui leur Cbarcot 18

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