‹ Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau: faites a la faculté de Médecine de (volume 2)Chapitre 8 sur 113 · CELLULES MOTRICES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE · texte numérisé non relu

CELLULES MOTRICES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

ments essentiels. Sans doute, chacun de ces éléments constitutifs peut offrir, suivant la région où on l'observe, des déviations importantes du type normal ; mais, dans Vétude régionale de la structure de la substance grise, il faudra tenir grand compte aussi des variétés du mode d'agencement de ces éléments.

Après avoir examiné ces éléments isolément, nous rechercherons comment ils se disposent pour constituer l'écorce grise. Notre description commencera naturellement par les éléments qui, sans conteste, jouent le rôle fondamental, je yexxx ]^^r\erûes cellules gatiglionnaires, ou nerveicses qui forment en définitive l'élément caractéristique de la région ; on les désigne d'habitude sous le nom de cellules pyramidales.

Le meilleur procédé pour faire bien connaître les propriétés morphologiques de ces éléments n'est peut-être pas de les envisager exclusivement en eux-mêmes. Aussi ai-je estimé préférable de recourir à la méthode comparative, me fondant sur Fadage vulgaire : « La lumière n^t du contraste. »

Permettez-moi donc, Messieurs, de vous rappeler, i titre d'introduction, les principaux traits de la constitution d'un des éléments cellulaires nerveux dont l'étude est la mieux connue à l'heure qu'il est : je fais allusion aux cellules nerveuses des cornes antérieures de la substance grise de la moelle épinière^ dites encore cellules motrices. La description abrégée que je vais vous tracer de ces cellules nerveuses, nous servira pour ainsi dire d'étalon. J'aurai à relever, dans la comparaison qui s'en suivra, plus d'une différence, mais j'aurai aussi à mentionner d'une façon spéciale plus d'une analogie remarquable.

Les cellules motrices sont des celltUes sans membrane distincte dont le diamètre est variable, sans s'éloigner toutefois de 0.050 fi, M. Gerlach dit cependant qu'il peut aller jusqu'à 0.120 |a. Leur forme est plus ou moins globuleu-

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se, rarement allongée. Lear corps est constitué par nn protoplasma qui parait grenu lorsqu'on envisage la cellule non vivante ; mais dans le sérum, ou après Faction de Tacide osmique sur une cellule fraîche, le corps parait composé par un protoplasma transparent, au sein duquel existent, ainsi que Schultze Ta fait voir, de nombreuses fibrilles. Ces fibrilles, par raltératioû cadavérique, subissent la fonte granuleuse. Il y a dans la cellule un noyau ovalaire et un nucléole brillant. Enfin, je signalerai encore dans le protoplasma la présence habituelle, môme dans leâ conditions physiologiques, de granulations pigmen* taires brunes.

Mais une des particularités les plus importantes de ces cellules, c*est qu'elles sont hérissées de nombreux proton^ gements qui, au moment où ils se détachent de la cellule, figurent un tronc volumineux, lequel s'amoindrit à mesure qu'il subit, chemin faisant, des divisions dichotomiques. Les dernières de ces ramifications sont tout-à'-fait grêles et il est difficile de les suivre bien loin. M. Oerlâch, d*après des préparations au chlorure d'or, assure que ces ramifications se terminent en une sorte de réseau anastomosé qu'il désigne sous le nom de réseau nerveux. Ces prolongements sont composés d'ailleurs, comme le corps cellulaire lui-môme, d'un protoplasma grenu et de longs filaments parallèles qui peuvent être suivis jusque dans te corps de la cellule. On les appelle prolongements du pro* toplasma, pour les distinguer d'une autre espèce de prolongement dont je vais maintenant vous entretenir.

Un histologiste allemand, Deiters, a découvert, il y a quelques années, un fait important, vérifié depuis cette époque par tous les anatomistes. Il consiste en ce que la plupart des cellules nerveuses motrices, toutes, peut-être, possèdent, en outre des prolongements que nous avons décrits , un prolongement, un seul, pour chaque cellule, qui se différencie des autre» par des caractères parti-

SlO CELLULES PYRAMIDALES DU CERVEAU.

culiers. Ce prolongement porte le nom de prolonge^ ment nerveux^ et vous allez saisir dans un instant la raison de cette qualification. Il se détache du corps de la cellule ou d*uu de ses prolongements les plus gros, sous la forme d*un filament très-grêle, mais qui, peu à peu, devient de plus en plus volumineux. Ce prolongement ne se ramifie point et il se colore moins vivement par le carmin que les prolongements du protoplasma.

Enfin, si on réussit à le suivre suffisamment loin, on le voit se recouvrir, à Tinstar d'un nerf ordinaire, d'un cylindre de myéline, si bien qu'il y a lieu de le considérer à son origine comme un cylindre axile et, à une certaine distance, comme un nerf complet. La connexité des cellules nerveuses, par la voie de ce prolongement, avec les tubes de la substance médullaire, n'est donc pas douteuse.

Tels sont. Messieurs, les principaux caractères des cellules nerveuses motrices spinales ; il est temps de mettre en regard d'elles les cellules pyramidales de Vécorce grise (Fig. 4).

Ces cellules présentent des dimensions très-variables. Il en est de très-petites relativement : ce sont les plus nombreuses. Ces cellules pyramidales, qu'on pourrait appeler de la petite espèce, ont en moyenne O.OlOji de diamètre à la base. Celles de la grosse espèce, moins multipliées que les précédentes, occupent d'ordinaire la région la plus inférieure de la couche des cellules pyramidales. Leur diamètre atteint jusqu'à 0.022iJi (Koschewnikofl).

Enfin, il y a des cellules pyramidales géantes (Riêsen^ zeUen). Elles ont été étudiées avec soin par M. Betz (de Kiew) et par M. Mezierjewski. On les rencontre dans des régions spéciales, bien déterminées, de l'écorce grise. Le diamètre de ces cellules gigantesques va quelquefois de

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