HÉMIPLÉGIE INFANTILE
se présentent là avec tous les caractères qu'on leur connaît chez Tadulte, et c'est en pareille circonstance qu'on observe les plus beaux exemples d'atrophie des pédoncules, de la protubérance et de la pyramide bulbaire du côté correspondant à la lésion (1).
Cliniqueraent, les faits de ce genre sont quelquefois désignés sous le nom d'hémiplégie spasmodique infantile (Heine). C'est qu'en effet la contracture permanente se montre là très prononcée. Les déformations se rapportent d'ailleurs, ainsi que je l'annonçais précédemment, au type décrit à propos de l'hémiplégie de l'adulte. Ainsi, pour le membre supérieur, le type de flexion avec pronation est ici encore la règle, et, pour le membre inférieur, c'est l'extension en varus équin. Seulement, dans l'histoire de l'hémiijlégie spasmodique infantile, une particularité très intéressante doit être relevée, à savoir l'existence presque constante d'un raccourcissement des membres paralysés. Les os sont plus courts, moins volumineux que du côté sain ; et cet arrêt de développement ne porte pas toujours uniquement sur les membres ; ainsi, quelquefois, du côté paral3''sé, le tronc est incomplètement développé ; la cage thoracique est étroite, le bassin est rétréci et oblique. C'est de la sorte que la paralysie atrophique résultant d'une lésion de la substance grise spinale entraîne, lorsqu'elle se déclare dans l'enfance, un raccourcissement par arrêt de développement du membre où siègent les lésions musculaires, alors même que ces membres remplissent une partie de leurs fonctions, tandis que ce raccourcissement ne saurait naturellement exister lorsque la môme lésion se développe dans l'âge adulte.
,2® Dans la description cependant assez détaillée que j'ai donnée de la contracture permanente des hémiplégiques, il
(t) Voy. TobservatioD publiée par M. Bourneville in Progr^^s médical, tP 16. Avril 1879.
330 MOUVEMENTS ASSOGléS PBBMANBNTS.
est quelques points que j'ai négligé de faire ressortir et sur lesquels je vous demande la permission d'arrêter encore w instant votre attention. L*un d'eux surtout mérite d'étie relevé, parce que quelques auteurs lui ont accordé une grande importance au point de vue de la théorie.
Je vous ai présenté la contracture tardive des hémiplégiques comme étant un phéncnnène permanent, dans L'aorception rigoureuse du mot. Nuit et jour, vous disais-je, dans le sommeil comme dans la veille, les membres sont ri^pldeft et contractures. Il en est réellement ainsi dans la règle, au moins dans les cas très accentués. Toutefois, il est cartaîa que le repos au lit, le sommeil peuvent avoir pour effet de rendre les membres momentanément plus flexibles; mais aussitôt que le malade se lève, ou s'il veut imprimer un mouvement soit au membre malade, soit au membre sain, aussitôt la contracture reparaît dans toute son intensité. Cette augmentation, ce retour de la rigidité sous l'influence des mouvements volontaires est surtout bien mise ei^ relief si, comme le conseillent MM. Seguin et Hitzig, le maladft étant contracture à droite, on l'invite à soulever un poids de la main gauche. Plus le poids est lourd, plus la contraor ture s'exagère dans le côté droit. Ces faits sont considéFéet à juste titre comme rentrant dans la catégorie de ces spnt cm^^îe^ ou mouvements associés dont je vousaîd^jA dît quelques mots.
Voici, d'ailleurs, comment M. Hitzîg propose d'explîq]ii«r les phénomènes sur lesquels j'appelle rattention. A. Vétal normal, les incitations volontaire parties de kt. substapo^ grise des hémisphères, sont transportées à là moelle par des flbres nerveuses qui se mettent en rapport Q,Ym êes groupes de cellules ayant entre elles des comiezlQDfi^ particulières ; et ce sont ces groupes cellulaires qui exécutent le mouvement voulu. Il y a, du reste, des groupes élémentaires, pour les mouvements élémos-
taicea; des groupes associés pour les mouvements plus GompliquéSé les mouvemieffita d'ensemble. Ces grevées sont, répartis de chaque cdté de la moelle; les uns prési*dant aux mouvements du côté droit, les autres à ceux du cdté gauche. Cependant^ par Tintermédiaire du réticulum de la substance grise, des relatioins sont établies d'un côté à l'autre, ^tre les groupes Iiomologues.Dans Tétat normal, ces connexions n'empêchent pas que le mouvement voulu conserve son indépendance^ son individualité ; mais dans certains états pathologiques, lorsque les éléments ganglion*naires sont surexcitables, le moindre ébranlement qui SQ produit d'un côté et y détermine un mouvement volontaire peut se communiquer de l'autre oôté et y provoquer^ sui* vant les cas, soit un mouvement semblable au mouvement volontaire, soit un mouvement spasmodique qui n'est autre que la contracture, laquelle persiste pendant quelque temps après cet ébranlement.
Dans certains cas, des relations du même genre peuvent s'établir entre des groupes cellulaires très éloignés les uns des autres, et on comprend que, dans ces cas, les mouvements volontaires exécutés par les membres du côté 3ain retentissent sur le côté malade.
Les faits mis en relief par M* Hitzig, dans l'intéreseant. mémoire que je vous ai déjà i»gnalé et sur lequel je levJfiD» encore une fois, sont exacts ; mais la part qu'il leur attribue dans le £8tit de la contracture eli^méme est» je orois, exagérée, et il &ut considérer comme exceptionnels l«s cat». dans lesquels le» membres contractures des hémir pbSgiqufis présentent, sous, l'influence du repos, une relaxa* tion complète. V:. Hitsig a imaginé un mécanisme qui peut ftdre: comprend!» pourquoi la contracture s'aggra^ve aomr l'influence des mouvemeftt»VQiQtttdire8, mais il nenouitapaft fait comprendre pourquoi cette contracture, ainsi que cela a^Ueu dans Ia.msy<»^$:des cas, %'^tabUlten: perman^ftoe.