‹ Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau: faites a la faculté de Médecine deChapitre 15 sur 75 · CELLULES PYRAMIDALES ET CELLULES MOTRICES : ANALOGIES · texte numérisé non relu

CELLULES PYRAMIDALES ET CELLULES MOTRICES : ANALOGIES

la vérité de sa description. Ce prolongement l)asal (Fig. 4, b) pour employer l'expression usitée par M. Meynert. est toujours dirigé vers la substance médullaire des circonvolutions.

Toutes ces explications montrent qu'il est impossible de méconnaître les analogies qui rapprochent d'une part les cellules pyramidales de Técorce grise — au moins les grandes cellules et les cellules géantes — et d'autre part, les cellules motrices des cornes antérieures et ces analogies, déjà pressenties d'ailleurs par M. Luys (1), il nous faudra plus tard les prendre en considération.

Les cellules pyramidales ne sont pas les seuls éléments cellulaires qu'on rencontre dans Técorce grise. On y trouve encore de petits éléments cellulaires, ayant une forme globuleuse, rarement pyramidale, mesurant de 0.008 à 0.010 pt (Meynert) (2), hérissés quelquefois de petits prolongements , disséminés un peu partout ou composant, s]ir certains points, une couche as^e^ dense. Divers auteurs les regardent comme des éléments nerveux incomplètement développés; d'autres leur dénient ce caractère et les comparent aux éléments qui constituent la couche granuleuse de 1^ rétine.

}/f.. Meynert range encorq, parnai les éléments nerveux 4es zpnes corticales, des cellules allongées, en général fusiforniQS, ramifiées, et qui, en certains endroits, composent une ciîiquième couche. Ces cellules ont le plus souvent leur grand axe dirigé parallèlement aux fibres du système d'asy sociation constitué par des fibres médullaires qui unisr

(1) J. Luys. — Recherches sur le système nerveiM}, etc., p. 162 et suiv. Paris, 1865.

(2) Meynert. — Strickers Handb,, t. II et traduct. anglaise, t. 11, p. 381 et suiv.

2i TUBES médullaires; névroglie.

3ent une circonvolution à la circonvolution voisine {fibrœ arcuatœ) ; elles semblent faire partie de ce système.

Voilà quels sont, Messieurs, les éléments cellulaires nerveux, ou réputés tels, qui entrent dans la structure de récorce grise. A côté d'eux, il en est d'autres que nous devons mentionner : les tubes médullaires et la névroglie, Cesderniers, qui pénètrentdansla substance grise sous forme de faisceaux, ne nous arrêteront pas pour le moment ; nous y reviendrons bientôt. Quant à la névroglie, connue encore sous le nom de formation épendymaire (Rokitansky), elle sert de gangue unissante. Je n'entrerai pas dans le détail des particularités de structure relatives à la névroglie de la substance grise, je rappellerai seulement que, dans ces derniers temps, plusieurs auteurs l'ont considérée comme constituée par des cellules conjonctives d'un genre à part, dont le corps, pourvu d'un très-petit protoplasma, serait hérissé de prolongements non ramifiés [cellules araignées de BoU et Golgi^. Ces prolongements, enchevêtrés et cimentés par une certaine quantité de substance gélatineuse interposée entre eux, composeraient toute la masse de la névroglie. Nous aurons à discuter, parla suite, cette interprétation. Sans nier l'existence de cellules rameuses, à Tétat normal, dans certaines régions (cellules de Deiters), je me bornerai à dire que, très-vraisemblablement, la substance grise est faite, à cet égard, sur le môme modèle que la substance blanche. En d'autres termes, la .névroglie se rapporterait ici au type du tissu conjonctif ordinaire: faisceaux conjonctifs et cellules plates (Ranvier) ; seulement, dans la névroglie, les filaments fibrillaires seraient plus déliés que partout ailleurs. Je néglige actuellement l'étude des vaisseaux qui devra nous arrêter prochainement d'une façon toute spéciale.

C'en est assez, je pense, concernant l'histoire indivi-

ÉGORGE cérébrale: TYPE A CINQ COUCHES. 25

duelle des divers éléments qui composent la substance grise. Il convient d'examiner maintenant quel est le mode d'agencement de ces éléments, et quelles sont les difiérences qui peuvent se produire, soit sous ce rapport, soit sous le rapport de la constitution des éléments eux-mêmes, dans chacune des régions que dessinent les sillons fondamentaux à la surface des hémisphères.

Il est un mode d'agencement susceptible d'être considéré comme représentant le type le plus vulgaire, le plus répandu, c'est celui où l'on distingue, sur des coupes minces, examinées au microscope, cinq couches superposées. Il se rencontre à peu près partout dans les lobes antérieurs. Voici comment les éléments sont répartis :

• 1^ LsL première couche, la plus rapprochée des méninges,

est presque exclusivement constituée par la substance conjonctive. Les éléments nerveux y sont très-rares ; cependant, Kôlliker et Arndt (1) décrivent vers la surface, sous la pie-mère, une couche de tubes nerveux parallèles, trèsdélicats. Là aussi, les cellules nerveuses sont très-disséminées {Fig. SJ), A l'œil nu, cette couche offre l'aspect d'une petite zone blanche. Ce défaut de coloration paraît être en rapport et avec la pauvreté de cette couche en éléments nerveux et avec le petit nombre des vaisseaux capillaires qu'elle renferme. En effet , les artérioles qui pénètrent dans la couche corticale ne fournissent de nombreux capillaires que plus profondément. Cette particularité de structure est très-bien indiquée sur une planche de Henle (2) et sur une figure du mémoire de M. Daret (3).

2o La deuxième couche {Fig. S, 2) est marquée par

(1) R. Arndt. — Studien ueber die Architektonick der Grosshirnrinde des Menschen^ in Arch. far Mikroshop, Anatomie, — 3® Bd, 1867, p. 441, Taf. XXIII, fig. 1 a. et fig. 2.

(2) J. Henle. Handb. der Nerwen!ehre,ip,27'i^ûg, 201. Brauuschweig,1871.

(3) Archives de Physiologie. T. VI, pi. 6, fig. 2 et 3.

ÉCOBCB céebbra;,e : type a. cinq cûuchrs.

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iriildiM. Heïiwn !i). Lct roB 1, 2. 3, 4, S, dMgOfof

- , (1) Th. Mejnert. — 7em

■^ ^"'f~ ^^^ dehirne dtr SàugiÀUn. Strie.

Etr', Sandhvek. T. P, p. 704-

éCORCX CÉRKBRALB : TTPB A CINQ COUCHES. TJ

upe agglomération de cellules nenreases pyramidales 4e la petite espèce, très-nombreuses, très-tassées, et qui lui communiquent une couleur grise (rès-manifeste.

3» La troisième couche (Fig. S, 5) est en grande partie formée par des cellales pjrramidales, les unes de dimension moyenne, les antres volumineuses. Celles-ci, plus espacées que celles-là, sont situées de préférence à la partie la plus inférieure de cette couche, et pénètrent môme dans la couche suivante. Outre les cellules, on trou- Te encore dans cette troisième couche des faisceaux de fibres médullaires qui s'enfoncent perpendiculairement à la surface de Técorce grise et forment, dans Fintervalle de^ groupes de cellules pyramidales, des espèces de colonnes. Cette disposition a été fidèlement repré3entée par M. Luys (1) et par Henle (2). C'est dans la zone la plus inférieure de cette couche qu'existei^t dans certaine^ régiops les cellules géantes. 11 seoibleralt que la rareté des cellules et la présence des fibres médullaires dût donner à cette CQucbe une coloration blanche, il n'en est rien ; la réalité e9t que, eu raison sans doute de la présence du pigment des cellules et de Tabondance des yaisseaux capillaires, cette région de Técorce des circonvolutions présente i Ym\ uue poloratipu jaunâtre.

4® Viennent ensuite la quatrième couche {Fig, â,4) où Ton aperçoit des granulations ou cellules globuleuses, à caractère mal déterminé, et la cinquièmey où nous retrouvons les cellules fusiformes, dont nous avons parlé il y a quelques instants [Fig, ô,S,)

Ces investigations sommaires nous ont mis à môme d'apprécier l'intérêt que peut offrir l'examen de la structure de

(1) Ailasy etc., pi. XX, fig. 4.

(2) Loc. cit., fig. 198, p. 271.

28 STRUCTUKK : RÉGIONS FONDAMENTALES.

la substance grise corticale, fait pour circotvcoluiions. On sait d'ailleurs depuis longtemps que certaines r^ons de Fécorce grise diffèrent d*une manière très-notable, au point de vue de la structure. Mais Tétude la plus féconde à cet ^ard, et la plus récente, est celle qu'a entreprise M. Betz, et dont les résultats ont été insérés dans le CentraWUUt de Tan passé (1).

M. Betz s'est proposé pour but d'étudier circonvolution par circouYolution les modiiications de texture que peut présenter la substance grise. A ce point de vue, il y a lieu de distinguer, d'après lui, à la surface des hémisphères, deux régions fondamentales qui sont à peu près limitées par le sillon de Rolande.

En avant de ce sillon, Técorce grise est caractérisée par la prédominance sur les cellules globuleuses des cellules pyramidales de grande dimension. La région orbitaire est comprise dans cette circonscription.

En arrière, la région comprend tout le lobe sphénoïdal, l'occipital et la partie médiane jusqu'au bord antérieur du lobe quadrilatère. Là, les couches granuleuses l'emportent sur les grandes cellules, qui sont relativement rares.

Il y a, d'ailleurs, dans chacune de ces régions, un département spécial qui mérite de nous arrêter . Occupons-nous d'abord de celui de la région postérieure.

1» Les éléments nerveux , bien développés sont, ici, des cellules assez volumineuses. PourM. Meynert, c'étaient les plus grosses qu'on pût rencontrer dans l'écorce des hémisphères, avant la découverte des cellules géantes. Elles ont quelquefois 0,030 ^ de diamètre. Mais les prolongements de protoplasraa sont peu nombreux ; le prolonge-

(l) p. Betz, iii Kiew. — AnatomUcher Nachmeis Zweier Gehirncenlra. la CentralblaU,mk, u"«37et38.

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