FIBRES CENTRIPÈTES SENSITIVES
tible de faire penser que le faisceau dont il s'agit est réellement composé de fibres centripètes, ayant pour fonction de transporter à la surface des régions postérieures du cerveau les impressions sensitives ? M. Meynert pense qu'il en est ainsi, et il se fonde sur ce que, suivant lui, ces fibres pourraient, par la comparaison de couches minces, être suivies par en bas jusqu'à la protubérance, le long du pédoncule cérébral (pied, étage inférieur), dont elles occuperaient la partie la plus externe. Parvenues à la protubérance, elles se placeraient à la partie postérieure dufaisceau pyramidal, et conserveraient à peu près ce siège dans la pyramide antérieure elle-même, jusqu'au niveau de l'entrecroisement. Parvenues à ce point, — contrairement à ce qui a lieu pour les faisceaux les plus internes de la pyramide, lesquels passent dans les cordons latéraux de la moelle, — elles iraient, après s'être entrecroisées, se mettre en rapport avec les faisceaux spinaux postérieurs. Je ne saurais garantir la parfaite authenticité de cette dernière partie du trajet assigné par M. Meynert aux fibres qui composent la partie la plus postérieure de la capsule interne.
Tel est, à l'heure qu'il est, le contingent de l'anatomie normale, s'efforçant, de son côté, d'une façon indépendante, d'éclairer la question qui nous occupe. Tout intéressantes qu'elles soient, ces données, sans le concours de celles fournies par l'anatomie pathologique et l'expérimentation, seraient tout-à«fait insuffisantes pour la solution du problème, et c'est le cas de répéter, une fois de plus, que la physiologie et la pathologie ne sauraient se déduire de la seule contemplation des faits de Tanatomie pure.
C. Le moment est donc venu de faire intervenir les preuves cliniques et anatomo-pathologiques. Aujourd'hui, les arguments abondent de ce côté. Il me suffira de signaler les observations de Ludwig Tùrck, l'initiateur dans
110 PREUVES CLINIÇUBS ET AN^TOÎ^O-ÇATHOLOGIQUES.
la voie que nous parcourons (1), celles de son compatriote M. Rosenthal (2), cellesque j'ai recueillies à Phospice de la Salpétrière, celles enfin que M. Veyssière et M. Rendu ont rassemblées, le premier dans sa thèse inaugurale (3) , le second dans sa thèse pour l'agrégation (4).
Du concours, en effet, et de la comparaison de ces observations, il résulte unanimement : 1® que les lésions pqrtant sur la région postérieure lenticulo-optique de lai capsule interne ont pour conséguepce obligatoire la forma d'hémiapesthésie, que j'appelle cérébrale, ^t dans lapelle les sei^s auxquels président les nerfs cé^ébr^iii^ propreR^ent dits^ nerfs optiques et nprf^ olfactifs, sont intéressés de manière à reproduire fidèlement les caractères de l'hépaianesthésie des bystérigi^es ; 2^ que, au contraire, dans tou? les cas où, respectant cette région, |es lésions iftt^essent seulement la partie de la capsule comprise entre le noyau lenticulaire et la tête du noyau candé. Tanesthésie fait défaut.
Ces 4oniiées, fournies par l'anatomie pathologique et la clinique, offrent incontestablenient par elles-mêmes et en dehors de tout secours étranger, une importance capitale, mais combinées aux données de l'anatomie pure, ellps sont en quelque sorte mises « en valeur. »
Ce n'est pas tout, l'expérimentation a, de son oâté, apporté son contingent de faits et ceux-ci plaident absolument dans le même sens .
On peut dire que soijs l'inspiration des (dopnées pat^q-
(1) L. Tûrck, voir Gharcot. — Leçons sur les maladies du système nerveuw, T. I. 2«» édit.,p.315.
(2) Rosenthal. — Klinik der NervenkrankheiUn, 2^ Auft. Stuttgart, 1875.
(3) R. Veyssière. • — Meeherches cliniques et eœpérimentales sur l'AfmwnesiUsie de cause c&éhrale. Thèse de Paris, 1874. ■ ^^
(4) H. Rendu. -r2>e< anesihésies spontanées. Thha^ àkméttkHaxi* P«ris 1875* p. 27 et 95.
PBBUTBS EXPifUaUUn'ALES. 111
logique^, l'expérinieatation s'est, ici, corrigé^ elle-mdme.
Elle avait en effet, autrefois, cru reconnaître que le centre
des impressions sens!'
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Contre cette assertiQn.I^patlifllogie protestait e;i inontr^nt QQ'aQ^ lésion située filugb^ptattace point, Ssng çgrîîUies féglgn^ fia. ».
du cerveau lui-même, S*,;.^' op1| détermine constam- p" «*^,"SS=iô"' pédTT>.d.i ment une bémianes. MX'nf'™MiU£'iL,.=„„ .„ tliésia totale. Les nou- 5'j':à/Zl."':«Ué.i"'i'1',%tTUt à" Telles reclierclies er-^=^"'*"' "p*"" " »""'" ^' " «p""' *«""■ përimentalea faites en France dans le laboratoire de M. Vulpian, par MM. Daret et VeyssièPe, ont donné des résultats conformes aux enseignements de la pathologie.
Un instrument ingénieux, consistant en UB trocart d'oii B'échappe en temps voulu un ressort, est introduit à travers la païoi crânienne, dans les jnasses centrales à une profondeur et dans une direction calculées à ravanqe, d'après des expériences préalables. On parvient ainsi, avec un peu d'habitude, à léser isolément les deux parties de la capsule interne.
Si, dans les expériences ainsi instituées, la lésion atteint la région postérieure de la capsule, l'bémianesthésie du oAté opposé du corps s'ensuit fatalement ; le plus souvent.