FAITS EXPÉRIMENTAUX
On sait depuis longtemps (1) que les troubles moteurs produits chez la plupart des animaux par la destruction méthodique des diverses parties de l'encéphale, du cerveau en particulier, s'éloignent, d'une façon générale, considérablement de ceux qui se manifestent chez l'homme, en conséquence des lésions que la maladie détermine dans les parties correspondantes.
Dans l'interprétation de ces faits expérimentaux, et dans leur application à la pathologie humaine, il convient de tenir compte, entre autres circonstances, de l'espèce plus ou moins inférieure de l'animal, de son âge plus ou moins avancé. Ainsi, l'ablation de tout un hémisi»hère cérébral, chez un pigeon, et, à plus forte raison chez un reptile, ne produit pas de trouble moteur qu'on puisse comparer à une hémiplégie. Les choses se passent à peu près de la môme façon chez le lapin. Une faiblesse à peine accentuée dans les membres d'un côté du corps, chez cet animal, est la seule conséquence d'une pareille lésion ; la station et le saut sont encore possibles, alors que le cerveau tout entier a été détruit, pourvu, toutefois, que la protubérance demeure intacte (2). Chez le chien, les résultats sont déjà très-notablement différents. Si je m'en rapporte môme aux dernières expériences faites, dans le laboratoire deM.Vulpian, par MM. Carville et Duret, les accidents qui, chez cet animal, succèdent à l'ablation méthodique des diverses parties du cerveau, se rapprocheraient beaucoup de ceux qu'on observe chez l'homme, dans les cas de lésions en foyer des hémisphères cérébraux.
II est au moins très-vraisemblable que ce rapprochement serait plus complet et plus manifeste encore si l'expérimentation portait sur le singe.
(1) Voir à ce sujet Longet. — Traité de physiologie, t. ni,p. 431, et Vulpiau. — Leçons sur la pKj/9iologie générale, etc., p. 676.
(2) Vulpian, Longet.
150 RAPPORTS ENTRE LA tKSION ŒT ^.'HÉMIPLÉGIE.
Toioi. d'alUeari, l'exposé sommaire des principaux réanltata obtenus dans leurs expériences par MM.CarvilleetDurflt:
1" L'ablation, chez le cbien, de la substance grise dans les régions dites motricen de Vécorce cérébrale déter' mine une parésie tem pqraire dans les mem bres dn cdté opposé du corps; 2° L'estirpation du noyau caudé détermine une parésie ana
logufi.maisplusaccen- p,, ^j - c™p. .™™™(. <r». . tuée. Il ne saurait''*™ «^■"ï^^'^'j;^''™^™'^'^'^™ être question, quant à^'^a£^7^„''(X;;„'^"; ™',^/r Ei \w^£:rS^ présent, du noyau I«n-°Ap1>n«wr.Br7oSi«'X«r»4rté^') ^IdïlU'iÏM! ticulaire dont l'abla-ï ^}S", iV'^^^^r*^ '^' fi^V^.Vâ'^ll Z. tion isolée, en raison"^ "P'"'='°"™'' de sa position topograpliique, n'a pu être effectuée (1) ; 3" Si la lésion porte, au contraire, sur la partie isférieure de J? capsule interne, 11 se produit du côté opposé du corps, dans le meoibi'e antérieur et dans le postérieur, non plus unp simple parâ3ie, mais bien une paralysie motrice bien dessinée et qui rappelle rbémiplégie qu'on observe cheg l'homme en conséquence de la lésion de ces niémes parties. [Fig. 5à). Tenu puspendu par la pe3n du dos, l'animal ainsi opéré peut encore reposer sur ses membres sains,
H àa eargt
(l) Il eat diffidla d'utiliser i cet égard les eipériences de M. NotluiHgel faites i l'aidB d'injections caastiques. Ces injections ont k peu près néceseairenent pour effet de déterminer det phénomènes d'eidtation gui compliquent assurément la Bituatioa.
RAPPORTS KNTBB LA LÉSION PT L'HÉUIPLÉQIE. 151
mais les membres affectés pendent flasqaes, inertes et ne sont plus susceptibles que de mouvementa purement
En somme, tous le yoyez, Messieurs, d'après ces intéressantes recberchea qui méritent d'être reprisea et niBltipliées, la contradiction depuis longtemps signalée entre les ani- (^ n ' maux et l'homme, relativement àl'in- / .V!,-" ""..^-,À-^5W-- '" |^ fluepce des diver- -- -, .';.'."^ (^ ,-,'/, /fJ-"* ' ses parties d'un \ ^ ^^ i * j ■ - ■ ) hémisphère duçer- ^■^^ ^.r^ [ j ' \X-^", '^^'^'âï>' Teau sur le mou- -i ./
Vement des mem- Fig. m. ~ Co»pe Iranmtraal» du ctrsàau ilu diùji M
breS du cote Op- s, a, noyiiiï ciutléi. - L, L, nDy»ai lenliralia™». ^ . , P, P, cipBuLa ioletne, région posiétleoie on lenticnlo-optt-
pDse du corps .que. - A. A, cr>raci d'AcnTnan, - a. Hctlen dfl k un)* , ,. poitérieure ou l«nticu10-opUqi>« de ]i cihuIï, délsriAiaBiit cette COntraaiC -rbéisiaocatbéiie. CCens £gun eu amptunU*. *iiiii qui If ,. ,. . . , précédente, au mémoire de MM. Cirrlila el Duret, ioêété
tlOn,aiS-ie, Sembledai» lei Arclihes de phyiialqgle aannalê ff palhqbntmu,
ne plus exister '^
lorsque, pour terme de comparaison on fait appel à 4e3 espèces relativement haut placées dans Téchelle aipmale, {Fig. 56).
C'est pejit-étre ici le lieu de rappeler que chex le cbiçn encore — ainsi que cela résulte de ces fpéffles expériepcea de MM. ÇarvilleetDuret et 4e pelles deM- Veyssière, tles lésions de la partie postérieure de la çapsuje Interne produisent, ainsi que ceU s'observe chez l'homme, l'hémi^T nesthésie croisée.
152 DES DéaéNÉRATIONS SECONDAIRES.
Les considérations qui viennent d'être exposées peuyent être utilisées, si je ne me trompe, pour faire comprendre pourquoi les hémiplégies résultant des lésions des> tructives, limitées à la substance des noyaux gris, en règle générale^ sont passagères, tandis que celles qui résultent de lésions intéressant la substance de la capsule interne sont, au contraire, de longue durée, et souvent môme absolument incurables.
On conçoit aisément, dans l'hypothèse proposée, comment le noyau lenticulaire, le noyau caudé et les régions dites motrices de l'écorce grise des hémisphères, pourront se suppléer mutuellement dans leurs fonctions tant que les faisceaax conducteurs qui forment la capsule auront conservé leur intégrité et continueront à entretenir la relation entre l'un quelconque des centres gris en question, et les parties périphériques, tandis que cela ne saurait plus avoir lieu, dès que la continuité de ces faisceaux aura été décidément interrompue.
J'ajouterai que, suivant toute vraisemblance, la suppléance peut s'établir, non-seulement entre les divers noyaux gris, mais encore entre les diverses parties d'un môme noyau gris. Il est démontré, tout au moins en ce qui concerne le noyau caudé du corps strié, que les lésions destructives partielles portant sur les régions les plus diverses de ce noyau, se traduisent uniformément par une hémiplégie plus ou moins accentuée et transitoire, mais totale, c'est-à-dire intéressant à la fois la face et les membres. Il n'y a, à cet égard, aucune différence à relever entre la tôte, la queue et la partie moyenne du noyau caudé. Il semble, d'après cela, ainsi que l'a fait remarquer avec raison M. H. Jackson, que chaque parcelle du corps strié représente, en petit, le corps strié tout entier. L'expérimenta-
CAUSES DES DéGÉNÉRÀTIONS SECONDAIRES. 153
tion, d'ailleurs, donne des résultats conformes à ceux fournis par Tobservation clinique, en montrant que les excitations partielles du noyau caudé, produisent toujours, quoiqu'on fasse, des mouvements d'ensemble dans le côté opposé du corps et jamais des mouvements dissociés, localisés parexemple dans un membre ou une partie d'un membre (1). Dans le cas d'une lésion destructive de la capsule interne, une lente régénération des éléments nerveux pourrait seule, au contraire, permettre le rétablissement graduel des fonctions. Or, ce travail de restitution, s'il s'accomplit en réalité quelquefois, ne se produit en tout cas, très-certainement, que dans des circonstances exceptionnelles. Il est mis hors de doute, en eifet, par des observations aujourd'hui trèsnombreuses que les foyers qui détruisent, dans une certaine étendue, les fibres motrices de la capsule interne ont pour conséquence à peu près obligatoire la production d'une lésion fasciculée qui, commençant immédiatement audessous du foyer, peut être suivie, du côté correspondant, dans le pied du pédoncule, la protubérance, la pyramide antérieure, j usqu'au niveau de l'entrecroisement bulbaire, et, au-dessous de ce dernier, dans la moelle épinière du côté opposé au foyer, tout le long du faisceau latéral jusque dans le renflement lombaire.
Je crois opportun d'entrer actuellement dans quelques développements à propos de l'anatomie et de la physiologie pathologiques de ces dégénérations secondaires ou scié-roses descendantes^ comme on peut les appeler encore. C'est, qu'en effet, elles sont incontestablement une des
(l) Expérience de Ferrier, Carville et Durci.
i54 gatj$e;s pï;s pÉaÉNÉMTiPN^ $EC0îJDMï^iC3.
causes principales de la persistaQce de rimpuissancç moitrice, dans les cas çui noi?^ occupent, Il faut également, h nion avis, leur rapporter, pour la majeure partie, la con^
fracture permm^nt^, dite tardive (1), qui, dans ces mêmes cas, s'empare tôt ou tard des membres paralysés, et joue, d'une façon générale, un rôle prédominant dans le pro-f npstic des hémorrhagies de cause cérébrale.
J» Arrêtons-nous tout d'abord devant un fait qui domine réellement la question : les lésions cérébrales en foyer, considérées relativement au siège qu'elles occupent, ne sont pas toutes également propres à déterminer la production des scléroses consécutives.
Ainsi, parmi ces lésions, il en est qui ne sont jamais suivies de scléroses descendantes, tandis que d'autres les provoquent, pour ainsi dire, à coup sûr. Au second groupe appartiennent les lésions destructives, même circonscrites, qui, suivant l'importante remarque de L. Tiirck, intéressent les faisceaux de la capsale interne, dans leur trajet entre le noyau lenticulaire et le noyau caudé, c'està-dire dans les deu^ tiers antérieurs de la capsuje. Par contre, les lésions qui demeurent limitées à la substance des noyaux gris des masses cérébrales, à savoir : le noyau lenticulaire, le noyau caudé, et enfin la couche optique, ne produisent pas la sclérose consécutive.
Ce fait remarquable a été parfaitement mis en lumière par L. Tiirck (2), dès 1851. Nous en avons reconnu la par-
li) On doit, comme on le sait, au D*" Todd, d'avoir établi une distinction entre la edntraeiure préeoce et la eentraçiure tardive des membres chez les apoplectiques. La prei^iière se foiontre dèç le début e^ est tpi^purs à peu près constamment transitoire ; l'autre n'apparaît guère q^e du qumziàme au trentième jour après l'attaque^ siège toujours dans les membres du côté opposé à la lésion, et s'y établit le pli^s couvent d'ug.ç façop pf^rpyer nente.
(2) L. Tûrck. — Ueher Secundare JSrkrankung eingelner Bûekenmarkstrange und ihrer forset&ungen zwn Qéhims. — Sitzungber. der mathnatur. Class. d. K. AK. 1851. — Idem XL Bd. 1853.
CAUSBIB DSS oéQivifiATfQSS SEGONPA.IBSS )a0
foite exactitude, M. Valpian et moi, dans les rçcberctiBs ■ que nous avoas faites en commm), sm" ce sujet, à Ig S&Ipétrière, de 1S61 à 1S66 (1), heu importants travaux de M. Boucbard l'ont également confirma [!}). Nous 3vpQs constat^ aussi, après h- Tâvok, un certain nombre d'antres faits, non moins intéressants, dont yoici l'énonce :
2° Les foyers situés en deliors des masses centrales, dans le centre ovale de Yieqfisens, pour pei^ ipt'ils atteignent certaines dimensions produisent encore in sclérose descendante, à condition qu'ils ne soient P^ trop éloignés du pied de la couronne rayonnante.
3» Les lésions de la suhstance grise corticale des hémisphères, lorsqu'elles sont très-superficielles, telles, par exemple, que le sont habitnellemeat celles qui accompagnent ie« méningites, ne produisent pas la sclérose do&cendapte.
(l) A Vulpian. — Phytiologit dv tystèmt nerveim;, Paris, 1866.
(l) Ch. Bouchard. — Dti iéginérUiont uemiairt» dt U metlle ^aiin.
156 ANATOMIE DES SCLÉROSBS FASCICULÉES.
4" Au contraire, les lésions corticales, à la fois étendues en surface et en profondeur, c'est-à-dire intéressant en même temps la substance grise et la substance médullaire sous-jacente, ainsi qu'on le voit dans les cas de ramollissement ischémique, résultant parexemple de l'oblitération d'une branche volumineuse de l'artère sylvienne (voir la J"!^. 37), ces lésions-là, dîs-je, alors même qu'il n'existe aucune participation des masses certiraies, déterminent, dans de certaines conditions, des scléroses consécutives aussi prononcées que celles qui dépendent d'une lésion des régions antérieures de la capsule interne.
Parmi ces conditions, il en est une capitale, relative au siège du foyer cortical et qui mérite d'être relevée tout particulièrement. Il résulte, comme on le verra, de mes observations que les ramollissements superficiels (plaques jaunes) étendus, lorsqu'ils occupent soit le lobe occipital.
Fia. 3S. pariéul
VmIb foyer de ramoUiMemeiit cortieil «ïsnt d itceodaD», uds bonne partie de U c'rcooialation lude partie de la circanioliUloii de Imisla Las r
soit les parties postérieures du lobe temporal ou encore le lobe spbénoïdal, soit enfin les régions antérieures du lobe
ANATOMIE DES SCLÉROSES FASCICULÉES 157
frontal ne sont pas suivis de scléroses fasciculées consécutives, tandis qu'il est de règle que celles-ci surviennent, au contraire, lorsque le foyer intéresse les deux circonvolutions ascendantes (pariétale ascendante, frontale ascendante) et les parties attenantes du lobe pariétal et du lobe frontal. {Fig, 38). Je reviendrai plus loin d'une façon toute spéciale sur ce point important que je ne fais qu'indiquer pour le moment.
5<> En somme, le siège et l'étendue de la lésion paraissent être, dans l'espèce, les deux conditions fondamentales; la nature de l'altération n'a pas d'influence marquée. Le siège et rétendue voulus étant donnés, pourvu qu'il s'agisse d'une lésion destructive, c'est-à-dire capable d'interrompre le cours des fibres médullaires, la sclérose descendante devra s'en suivre. Les foyers d'hémorrhagie et de ramollissement, les encéphalites simples ou syphilitiques occupent à cet égard à peu près le môme rang. Il n'en est pas de môme de certaines tumeurs qui, pendant une longue période de leur évolution, ne font que refouler et écarter les éléments médullaires sans en interrompre la continuité. C'est pourquoi elles peuvent se rencontrer, môme dans les régions de l'écorce signalées plus haut comme des lieux d'élection, sans accompagnement de scléroses fasciculées consécutives.
Relativement à l'anatomie des scléroses fasciculées, je renvoie pour les détails à l'important mémoire publié par M. Bouchard. Je me bornerai ici à vous remémorer quelques faits auxquels nos études actuelles prêtent un intérêt particulier.
458 SGLéROSSS FASGIGULéES GOKSioanvXS ET PtOHiriYES.
!• Je TOUS rappellerai d'abord que les «oléroseg ôoûsé* ûutiTBS à une lésion en foyer d^tm hémisphôrô céi'ébral oc^ oupent toujours une moitié du système des faiscèâui^ latéraux. Elled sont plus ou moins accdutuées^ plus ou moiiis étendues suivant la largeur du fàiscëàu $ mais toujours elles reuTahiisent dans la totalité de Sâ longueur, jusqu*à Tei^ trémitô inférieure du renflement lombaire; jamais elles ne s'arrêtent en chemin. Elles sont toujours desôendaMês, en ce sens que, prenant origine au niveau du point lésé,
elles se propagent seulement au-dessous de ce point. On ne peut pas les suivre au-dessus, du côté de Técorce grise. Il ne faut pas considérer comme le fait d'une sclérose consdcutive^ les atrophies d'une ou plusieurs circonvolutions ou même de l'hémisphère tout entier qui s'observent lorsqu*une lésion centrale en foyer s*est développée che2 de très-Jeunes sujets. U s'agit là d*un arrêt dé développement comparable â Tatrophie que, dans les mêmes circonstances, présentent les membres du côté du corps frappé d'hémiplégie (hémiplégie Spasmodique infantile).
2^ Le seul examen macroscopique, dans les cas uh peu anciens et un peu accentués^ permet déjà de reconnaître quelques-uns des caractères les plus saillants de l'altéra* tioni Supposons qu'il s'agisse d'un foyer ochreuxinterrOm^ pant dans l'hémisphère gauche le coars des âbres de la capsule interne dans son tiers moyen. En pareil cas, le pied du pédoncule cérébral du côté gauche paraîtra plus aplati et plus étroit que celui du côté opposé. De plus, on y remarquera une bande grisâtre siégeant sur la partie moyenne du pédoncule (1) et qui, sur une coupe antéro-postérieure, ne s'étendra pas au-delà de la couche grise de Sœmmering. — La coloration grise disparaît au niveau de la protubérance ; on la retrouve au-dessous de celle-ci, dans le bulbe, où elle
«■*«B>4kii<hJ
(l) Lt ëiégi qit'occapd cetUs bànd« tarie suivant le âiëge de la lésion centrale ; elle se rapproche d'autant plus du bord interne du pied du pédoncule, que la lésion de la capsule est située plus en avant .
SGLiROSBg tfASÔICÛtlifiS âOKSâCUttVËS ET Pt^ïUmt&S. 159
océupô la pyfafiiide antètiénte dans toute son étendue du côté cortespôfldant à la lésion cér ébfâle ; la pyramide lésée ëst d^ailleufs étroite et aplatie ; pai" en bas, les dentelures de rëntrecrolsement bulbaire y apparaissent plus nettement que dans les conditions normales par suite du contraste qui
existe entre le côté sain et le côté malade. '— Att-dessOtts de Tentrecrôisement, c*est dans la moitié de la moelle, opposée à rhémlsphêre lésé et plus eitplicltement dans le faisceau latéral que l'altération scléreuse doit être cherchée; la région lésée apparaît sous là forme d'un espace triangulaire, de coloration grise, situé immédiatement en dehors et en avant de la corne grise postérieure correspondante et dont retendue s'amoindrit progressivement â mesure que les sections portent sur des régions de la moelle, de plus en plus inférieures.
df" L'étudoi faite à Taide du microscope sur den coupes
convenablement durcies etpréparées,concourtpuissamment à compléter ces données. Elle fournit, en premier lieu, le moyen de déterminer avec plus d'exactitude la topographie de la lésion, et de faire reconnaître par exemple, dans la moelle, la limitation précise, systématique, à Taire des faisceaux latéraux. Les autres faisceaux blancs, et les cornes grises, restent parfaitement indemnes. On constate en môme temps que les racines nerveuses, tant antérieures que postérieures, que les méninges ne présentent aucune trace d'altératioù. Enfin, l'èxamen microscopique fait reconnaître encore la nature du processus morbide et met en évidence les caractères d'une induration grise, d'une sclérose qui ne diflère en rien d'essentiel de celle qui s'observe dans le cas de sclérose fasciculée primitive (1).
(l) L'extension, dans certains cas, de la lésion au-delà dé éeê lizhites ha-» bituellefli reaTthysement» par exemple, des cornes grises anlérieures dont il sera question plus loin, est incontestablement un des arguments les plus décisifs qu'oti puisise inroquei^ pour établir la nature irritante du processus morbide.
160 SCLÉROSES FASGICULÉES CONSÉCUTIVES ET PRIMITIVES.
4P C'est ici le lieu de faire remarquer les analogies qui, au point de vue anatomo-pathologique, existent entre les scléroses fasciculées consécutives de cause cérébrale, et ces scléroses fasciculées primitives et symétriques des faisceaux latéraux que je décrivais l'an passé à propos des amyotrophies spinales.
Ces analogies sont considérables, puisqu'une même altération, l'induration grise, se montre localisée, dans les deux cas, dans le môme système. Mais il y a aussi des différences qui méritent d'être signalées: ainsi, dans les scléroses primitives,la lésion fasciculée est nécessairement double, c'est-à-dire qu'elle occupe le système des faisceaux latéraux des deux côtés à la fois, et non pas d'un seul côté, comme cela a lieu toujours dans la sclérose consécutive, lorsque le foyer qui en a été le point de départ est unilatéral. J'ajouterai qu'elle est toujours beaucoup plus étendue dans le sens transversal, et qu'il y a lieu de
Fia 39 40, 41. — Coupes traaaveraales de la moelle épinière, chez une malade atteinte de dégénération secondaire (sclérose fasciculée latérale consécutive de cause cérébrale) à la suite d'un ramollissement cérébral ayant intéressé les lobes opto- stries et la capsule interne dans l'hémisphère droit.
A, région cervicale. — B, région-dorsale. — C, région lombaire. On voit la sclérose descendante occuper dans le renflement cervical la partie cervicale du faisceau latéral et devenir superficielle à la région lombaire*
croire, d'après cela, qu'en outre des fibres cérébro-spinales ou pyramidales seules affectées dans la sclérose consécutive, elle envahit le système des fibres spinales propres au faisceau latéral. (Comparer les Fig. S9, 40 et 41 y et les Fig. 42, 43 et 44.)
Enfin,la sclérose primitive a une grande tendance à envahir dans les régions spinales voisines, soit les faisceaux blancs.
RdaiON LBNTICULO-STKidK. 161
floit surtout les cornes antérieures de suhstance grise, ce que ne fUt pas, dans la règle, la sclérose consécutive (1).
foi* aa la moelia épnièrt pas- tratairtrialf payant vertàU poAtant par la ra
tcml par la parlia meiitHni: du par h miUea de la •■■--• ' ■' — '-^
rMftanml eirvieal. régimi iloTsale,
n ya cependant, sous ce rapport, lechapitre des exceptions
(0 Toici qnetijaai d4(aili plus préd« relativement aux différences qui existent, analomiquement, entre la aclérose latérale constcutiTe, et la scMroae latArale prîmitiTe. amjolropfaîque. Il s'agit d'observations faites sur des coupes trenErerBales durcies, alors inSme cjue, dans le bulbe, la BciérOM, secondaire a intéressé à peu prto toutes les fibres de la pyramide antérieure la lésion n'occupe dans le faisceau latéral de la moelle qu'une région relativement étroite. Celle-ci se présente, snr une coupe transvene faite au renflement cerrical, sous l'appareace d'un tiiaDgle, à bords bien nettement délimités, dont le sommet est dirigé en dedans vers l'angle qui sépare lescomee grises anUrieures dea postérieures et duntla base, un peu arrondie, n'atteint Jamait laione corticale deia moelleet, déplus, n'intéresse pas davantage le bord antéro- externe de ta corne postérieure. [Fig. SS.) Dans la région dorsale, la partie scléroaée diminue progrès livement de diamètre et tend k revêtir la forme ovalaire. {Fig. il.) Enfin, dans le renflement lombaire {Fig.tl), c'est de nouveau, comme dans ta région cervicale, un espace triangulaire, mais dont la base devenue tout-à-fait superficielle confine è la pie-mire.
Dans la sclérose lalërale primitive, la lone scléreuae occupe d'ans façon générale, la même région que dans le cas précédent, mais ses limites sont beaucoup plus étendues. Ainsi, en avant, la lésion tend à envahir Is domaine des zones radiculaires aetérieures, et, en dedans, elle s'avance Jusqu'au contact de ce faisceau défibres nerveosea, penl-Mre sensitivea, qui constituent la partie profonde des faisceaux latéraux. (Voir Fig. tl, 13, H). Il faut sjiniler que las bords de la tacbe sdéreuse sont ici diffus, mal délimités. Dans qnetquescas, on les trouve, en dedans, pour ainsi dire confondua avec la substance grise. On sait que celle-ci est régnlibrement envsbie par l'altératiOD sdéreuse dans le cas de sclérose latérale amjotrophique, tandis que cela n'a lieu que d'une façon toat-i-(til exceptionnelle dans la sclérose consécutive de cauae cérébrale.
Il 7 a lieu de penser, en cimsidétuit ce qui précède, que la sclérose consé.
CDtive n'affecta qu'une partie des fibres nerveuses ipi forment les faiscsaux
laténui, k savdr les fibres cérébro-spinales ; tandis que, dans la sclérose
primitive, il y a envahissement du système latéral tout entier comprenant
Chabcot. Il