B. Stern, Arc/i. /'. Psychiatrie, XVII
ü. Oppcnlieiin. lierl. hlin. Wochenschrifl, 1889, p. 9Gj.
QUATORZIÈME LEÇON. 17ô
votre esprit le véritable caractère des troubles moteurs du tabes, ou vous a dit (pie ces troubles dépeudaieut uniquement de l’incoordination, et que chez les malades qui les présentaient au suprême degré, la force musculaire n’eu était pas moins parfaitement conservée, à tel point que l’exaineii au dynamomètre donnait souvent chez eux des chilVres indiquant une vigueur musculaire considérable. Tout cela, Messieurs, était vrai et l’est encore; il s’agit de faire ici une distinction bien nette. En dehors des troubles d’incoordiuation, à cijté d’eux, et d’une façon tout à fait indépendante, certains phénomènes paralytiques peuvent se montrer au cours du tabes; ces phénomènes sont môme loin d’ôtre rares, car sur un total de 224 cas de tabes observés par lui, M. Fournier n’en a pas trouvé moins de 41 présentant des troubles de ce genre ; l’énumération de ces 41 cas est d’ailleurs assez intéressante pour que je la place devant vos veux :
Uémiplégie 18 cas
Hémiplégie faciale 8 —
Parésie linguale 5 —
Monoplégies 5 —
Paralysie laryngée 2 —
Paralysie des extenseurs du poignet 1 —
Paralysie de toïdienne 1 —
Paraplégie 5 —
Dans ce tableau, vous remarquerez qu’il n’est pas question des paralysies des muscles de l’œil, nous aurons à nous en occuper dans une prochaine Leçon.
En présence de ces chiffres très respectables, vous comprendrez aisément. Messieurs, que les faits de paralysie dans le tabes aient été signalés par de nombreux auteurs; qu’il me suffise de vous citer entre autres les noms de Marins Carre, de Pierre! , de Grasset, de Debove, etc.
Ces paralysies si dillérentes, quant à leur localisation, présentent cependant un certain nombre de caractères communs bien mis en lumière par M. Fournier :
Elles sont ordinairement bénignes, souvent môme ce sont plutôt des parésies que des paralysies.
Leur durée est courte, de quelques jours à quelques semaines, après quoi on les voit fréquemment disparaître complèlemenl, même d’une façon spontanée, sans aucun traitement.
TABES DOBSUALIS.
Ce sont là, l)ieti ciilcridu, des caraclèrcs csscnliellcmeiit généraux n’cxcliianl millcinciit les cxccplioris; aussi ne faudrail-il pas vous alteiidrc à voir toujours les paralysies qui frappent les tabétiques disparaître d’uue façon aussi absolue.
La question dos pai’alysies au cours du tabes étant ordinairement traitée avec peu de détails dans les livres de ratbologie interne, vous me periuetlrez. Messieurs, do vous dire quelques mots de. V hémiplégie, de la paraplégie à début brusque et des paralgsies limitées a uu nerf ou à un teriiloire plus ou moins restreint.
Vhémiplégie a été particulièrement étudiée par M. Debove' et par Mlle Blanche Edwards L — Elle se montre sous trois aspects diflérents : A, permanente, dans ce cas elle pourrait même s’accompagner de contracture secondaire; — B, transitoire sans hémianesthésie concomitante; — C, transitoire ou permanente avec hémianesthésie sensitivo-sensorielle. Au point de vue anatomopathologique on trouve tantôt une lésion en foyer du cerveau ou de la protubérance (hémorrhagie, ramollissement), tantôt l’absence de toute lésion appréciable; il est certain que dans la plupart de ces derniers cas, surtout comme l’a fait voir M. Charcot, dans ceux qui s’accompagnent d’hémianestliésie, il s’agit purement et simplement d’une hémij)légie hystérique combinée au tabes, par une affinité analogue à celle que nous avons déjà rencontrée entre l’bystéi'ie et la sclérose en plaques.
Quoi qu’il en soit, notez. Messieurs que, quelque variété que l’on observe, en règle générale : les réflexes tendineux, s’ils étaient abolis avant l’apparition de l’hémiplégie, restent absents après celle-ci ; en un mot, l’élément spasmodique qui accompagne ordinairement les hémiplégies reste impuissant ici à contre-balanccr l’élément atoniquedù au tabes. Dans quelques cas cependant on aurait vu, après l’hémiplégie, les réflexes rotuliens reparaître et même montrer une intensité exagérée^
La paraplégie à début brusque est un phénomène que vous devez connaître sous peine de vous exposer à de graves erreurs de diagnostic. Pour moi, je me souviens encore de l’étonnement que j’éprouvai lorsqu’on 1879, arrivant dans le service deM. Charcot simplement