‹ Lec̦ons sur les maladies de la moelleChapitre 28 sur 78 · Blanche Edwards. Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Blanche Edwards. Thèse de Paris

3. Goldllain, Ueber dus Wiedererscheinen von Sehncnrcfle.ten bel Tabes, etc. Berlincr Klin. WochschfL, 1891, ii“ 8.

(jrATOllZlKMt: LEÇON. 17.‘)

iminiclcsiiolioiiscouraiilt'ssiir lo labos, je inc lronvaien|)réscnccd’iin cas (le ce goure. Oui, Messieurs, malgré l’opiiiiou classique qui veut que dans le tabes la paralysie ue survienne ([uc dans un stade avancé de celte maladie, dans le stade que, bien arbilraireuienl, ou a appelé la troisième iiériode: malgré celle opinion, dis-je, vous verrez quelquelbis la paraplégie être le premier symptôme qui appelle ratleutiou du malade. Dans ses Leçons sur la période præata.xique du tabes .M. Fournier, qui étudie très tîiiemcut ces diiïérenlscas, cite une observation fort instructive de M. Albert Robin. 11 s’agit d’un homme qui : « étant à la cbasse tout à fait bien portant et valide, veut sauter un fossé, et retombe lourdement en plein milieu de ce fossé. Tout d’abord il croit à une maladresse ou à un manque d’élan; mais bientôt il sent ses jambes devenir faibles et engourdies, il flageole, il n’a plus la force de marcher, le sol lui paraît s’enfoncer sous ses pas. Un second fossé se présente; au lieu de le franchir d’un bond, suivant son habitude, il est forcé d’en descendre puis d’en remonter pas à pas les deux versants. D’instant en instant il éprouve une difficulté croissante à continuer sa route. 11 ne parvient qu’à grand’peine à rentrer chez lui, se traînant plutôt que marchant. 11 se couche et se réveille le lendemain matin presque absolument paraplégique ». J’ai eu pour ma part l’occasion d’observer un cas tout à fait analogue : il s’agissait d’un Américain du Sud qui, visitant ses propriétés et voulant sauter un fossé, sentit tout d’un coup ses jambes refuser leur service, il tomba et resta paraplégique pendant plusieurs mois; dès qu’il put se lever il vint en Europe; il présentait alors tous les signes du tabes confirmé. Dans d'autres cas c’est pendant la nuit que survient la paraplégie ; le lendemain an réveil le malade, qui jusque-là marchait passablement, est fort étonné de ne plus se tenir sur ses jambes.

Assez souvent cette paraplégie obéit aux règles générales dont je vous parlais tout à l’heure, c’est-à-dire qu’elle est d’intensité modérée et qu’au bout de quelque temps elle finit par disparaître plus ou moins complètement, mais il n’en est pas toujours ainsi, et dans quelques cas on la voit persister.

A quoi est dû ce phénomène? — Les documents font presque entièrement défaut, et l’on ne saurait émettre que des hypothèses ; s’agit-il là d’une lésion en foyer de la substance grise médullaire concomitante aux altérations des cordons postérieurs? La chose est possible mais nullement démontrée.

TABKS nORSUALIS.

Quant aux paralysies limilées à un nerf ou à un lerj-iloirc déterminé, les plus fréquentes, comme vous le veri-ez, sont les paralysies oculaires; nous en parlerons plus tard ; pour le moment, je vous signalerai Vhémipléyie faciale qui s’observe quelquefois et peut occuper à la fois le facial supérieur et le facial inférieur (Kahler), comme dans les i)aralysies péi’iphériques de ce nerf. Notez cependant, Messieurs, qu’uu bon nombre des soi-disant paralysies faciales des tabétiques ne sont autre chose qu’un liémispasme glosso-labié hystérique. Je vous citerai encore la paralysie radiale observée par de nombreux auteurs, laparalysie des muscles des éminences thénar innervés par le médian (E. Uemak, Mobius), la paralysie des muscles masticateurs unilatérale (Schultz). Ces paralysies limitées obéissent aux caractères précédemment énoncés de bénignité et de curabilité spontanée; les réactions électriques qu’elles présentent sont fort variables, tantôt on les trouve normales, tantôt la réaction de dégénération se montre plus ou moins complète, même lorsque la paralysie ne sera que transitoire.

A l’occasion dcces paralysies limitéesje vous répéterai. Messieurs, ce que je vous ai déjà dit pour l’hémiplégie dans le tabes ; il est fort vraisemblable qu’un certain nombre de cas sont dus purement et simplement à V hystérie-, il y aura donc lieu de vous tenir pour avertis et de toujours mettre en compte celte alternative dans votre diagnostic.

QUINZIÈME LEÇON

TABES

SYM PTÛIVI ES [Suite)

B. Trocbles de l.v sensibilité. — I. Troubles sensitifs purement subjectifs :

a) Douleurs à caractère intermittent : a. Siégeant au tronc, dans les membres ou à la face : douleurs fulgurantes, lancinantes, térébrantes, ardentes, surviennent souvent par crises — p. Douleurs viscérales (seront étudiées surtout à propos des dilférents troubles présentés pai- chaque organe). — y. Crises de courbature musculaire. —

b) Douleurs à caractère permanent : douleurs en ceinture, en bracelet, en brodequin, doulem's ardentes. — c) Sensations anormales de fourmillement, d’engourdissement. — II. Troubles sensitifs Justiciables d’un contrôle objectif : a) Anesthe'sie (analgésie) recherches de M. Ouhnont. — h) Hyperesthésie-, hyperesthésie en plaques, hyperesthésie relative, anesthésie relative. — c) Paresthésies : retard des sensations, métamorphose des sensations, défaut de localisation des sensations, anesthésies dissociées, rappels de sensations, incongruence du nombre des sensations avec celui des excitations : a. tétanos sensitif, p. polyesthésie; summation des excitations, épuisement aux excitations.

Les troubles de la sensibilité font au premier chef partie constituante dn tableau clinique du tabes, dont, vous ne l’ignorez pas, les lésions portent surtout sur l’appareil sensitif. Ces troubles, signalés par tous les auteurs qui ont écrit sur le tabes, sont d’ailleurs très divers et varient considérablement suivant les sujets: je devrai donc vous les exposer avec un certain ordre, et pour cela, faire usage d’une classification qui, je vous en préviens, sera nécessairement assez artificielle.

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