‹ Lec̦ons sur les maladies de la moelleChapitre 3 sur 78 · ANATOMIE DU FAISCEAU PYRAMIDAL · texte numérisé non relu

ANATOMIE DU FAISCEAU PYRAMIDAL

Raison de celte dénomination. Trajet du Faiïceau Pyramidal ; son origine dans les circonvolutions motrices; son passage dans le centre ovale; sa situation dans la capsule interne, il occupe les deux tiers antérieurs du segment postérieur de cette capsule ; son passage dans les pédoncules, dans la protubérance, dans le bulbe; son entrecroisement, son trajet dans la moetle. — Itivision en Faisceau Pyramidal croise FPyC et Faisceau Pyramidal direct FPyD. — Trajet du FPyC, il est séparé de la périphérie de la moelle par les libres du faisceau cérébelleux direct ; sa forme dans les différentes régions de la moelle. — Trajet du FPyD, n'existe pas dans les parties inférieures de la moelle, les variations de son éténdue en largeur; ces variations coïncident avec celles de la décussation du faisceau pyramidal. — Le Faisceau Pyramidal chez certains animaux. — Développement du Faisceau Pyramidal. — Présence de branches collatérales décrites par Golgi, Rainon y Cajal, Kolliker, v. Lenliossek. Terminaison du Faisceau Pyramidal.

Messieurs.

Au rnoinerit oit nous allons abofder réltule tics maladies de la moelle, je crois répomlre au désir (|tii m’a été exprimé par quelques-uns d’entre vous en passant en revue les principaux points de r.Vnatornie .Médullaire dont la connaissance nous est indispeitsalile.

Cet exposé ne fera pas l’objet d’un groupe spécial de leçons, j’irais ainsi contre le but que nous devons nous proposer avant

FAISCEAU l'VRAMIDAU.

tout, celui (le relier inliinenuMil la Palhologie à rAnalomie. P(jur nous conformer aux règles de la Méthode Anatomo-Clinique qui dans les mains de mon maître, M. le professeur Charcot, a doniK* de si admirables n-sultats, il me semble préférable de procéder autrement. Nous n étudierons au point de vue anatomi(|ue les difléreuts systèmes de l’axe médullaire qu’à propos de chacune des affections dont ce système sera le siège. Cela nous permettra de mettre en opposition directe les altérations morbides et l’état sain; vous verrez ainsi combien l’Anatomie Normale et l’Anatomie Pathologique s’éclairent mutuellement. .

A cet égard l’étude des Dkgénéiutions Secondaires, va nous mettre à môme de laire rapidement connaissance avec les principaux cordons de la moelle. J’ai l’intention do consacrer à cette étude nos premières Leçons, et pendant celles-ci d’insister tout particulièrement sur l’Anatomie Topographique et sur les origines de ces nombreux faisceaux de fibres qui font de la moelle moins un centre nerveux qu’un simple câble de transmission.

Le Faisceau Pyramidal FPY est un de ceux qui jouent un rôle important dans bon nombre d’altérations fort diverses de la moelle. Je commencerai donc par l’exposé dos principales notions que nous possédons actuellement sur ce faisceau et sur les caractères des dégénérations secondaires qui le frappent.

D'où provient le nom de faisceau pyramidaU — Simplement du fait que ce faisceau qui occupe la partie antérieure du bulbe se trouve compris dans l’émincnce allongée située eu cette région antérieure et désignée sous le nom do pyramide.

Le trajet de ce faisceau est uu de ceux qu’on connaît le mieux et depuis longtemps ; ici comme dans bien d’autres points de la Neurologie, les anatomo-pathologistes ont devancé les anatomistes ])urs. Vous savez tous quelle importance ont eue les travaux de Tiirck. et ceux de MM. Charcot et Bouchard, ces travaux ont surtout utilisé pour la description du faisceau pyramidal les dégénérations secondaires existant dans la moelle des hémiplégiques. Dans la suite, grâce à une nouvelle méthode d’investigation, M. Flechsig a pour ainsi dire rénové cette question que l’on considérait presque comme épuisée, et actuellement la description qu’il a donnée a force de loi ; c’est à elle que j’aurai^ maintes fois recours dans l’exposé que je dois vous présenter ici.

Considéré de haut en bas, de son origine à sa terminaison, le

PREMIÈUE LEÇON.

Faisceau Pyramidal fournit un assez long Irajcl, puisque, naissant au niveau des Circonvolutions cérébrales, il se prolonge à travers les Hémisphères, les Pédoncules, la Protubérance et le Bulbe jusque dans la partie inférieure de la Moelle. Vous me permettrez de passer un peu rapidement sur quelques-uns des points de ce trajet dont l’exposé se trouve très complet et très clair dans tous les traités d’Aiiatomie ou de Pathologie et d’insister plutôt sur quelques particularités moins connues.

C’est dans les Chxonvolu lions dites molrices, c’est-à-dire dans la frontale et la pariétale ascendantes et dans le lobule paracenlral, trait d’union entre ces deux circonvolutions, que les fibres du faisceau pyramidal ont leur origine. S’agit-il là d’une localisation étroite, ou bien d’autres circonvolutions fournissent-elles aussi des fibres à ce laisfceau? Je ne saurais vous rien afiirmer à cet égard; le fait est que c’est bien des circonvolutions précitées que provient la messe du faisceau pyramidal. — Mais de quel point de ces circonvolutions? — Suivant toute vraisemblance, des cellules contenues dans leur écorce, et très probablement, en tout ou en partie, de ces éléments si particuliers connus sous le nom de grandes cellules pyramidales^ des régions motrices.

A leur sortie de l’écorce grise les fibres du faisceau pyramidal se portent dans la substance blanche des circonvolutions motrices et s’y disposent en éventail, convergeant vers les parties profondes du cerveau ; elles traversent donc de la sorte la région du Centre Ovale sous-jacente aux circonvolutions motrices.

Puis, par suite de cette direction convergente, elles ne tardent pas à se grouper ensemble en une masse compacte, le faisceau pyramidal est alors constitué, et il devient possible de localiser d’une façon plus étroite la situation qu’il occupe. Cette localisation est particulièrement intéressante au niveau de la Capsule Interne par suite de la différenciation des nombreux faisceaux de fibres qui constituent ce «carrefour» (Charcot).

Vous savez. Messieurs, que c’est sur une coupe horizontale du cerveau dite coupe de Flechsig que l’on étudie le plus aisément la place occupée par ces divers faisceaux. Je vous ra|)pellerai que, suivant la recommandation de M. Brissaud, la direction la plus favorable à donner à celle coupe est la suivaule ; sectionner l’bé-

1. Le nom de cellule» pyramidale» est dû simplement à la forme de ces cellules et nullement à leurs connexions réelles ou supposées avec le faisceau pyramidal.

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