‹ Lecons sur les maladies de la peauChapitre 3 sur 46 · LÉSIONS ÉLÉMENTAIRES. — CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

LÉSIONS ÉLÉMENTAIRES. — CLASSIFICATION

Quand on débute dans l’élude des maladies de la peau, on est frappé tout d’abord du grand nombre de ces alfeclions et de leurs variétés infinies. Néanmoins, au milieu de cette confusion apparente, on ne tarde pas à apercevoir quelques caractères communs qui peuvent servir de point de repère, pour grouper ces affections d’après leurs ressemblances ou leurs dissemblances. Parmi ces caractères communs, nous trouvons en premier lieu des formes assez restreintes d’éruptions nettement définies et reconnaissables dans les dificrents cas ; ces formes sont surtout bien marquées au début des maladies, elles se présentent alors avec des caractères tranchés qui permettent de les reconnaître et de leur donner un nom particulier : ce sont les /ésions dites éh.'mentaîrcs dont le dévelo|)pcmeiil,

llAltUY. J,

LÉSIONS ÉLÉMENTAIUES.

l’cvolLilion, (luelquelbis même le mélange, conslilnenL les aspects variés des maladies cutanées. Aussitôt (|u’on aborde l’étude de la dermatologie, il l'aut faire connaissance avec ces lésions, qui ont été bien étudiées, d’aboi-d par Plenck, puis surtout par Willan et son école, et dont nous devons proclamer l’importance, relativement au diagnostic des maladies de la peau.

Ces lésions élémentaires ou primordiales sont au nombre de onze; ce sont ; 1" les macules, qui consistent en une altération de la matière pigmentaire par défaut ou par excès, et qui sont constituées par des taches plates ou saillantes, de couleurs variées, persistantes et non susceptibles de disparaître par la pression du doi^^t. Ces taches ont une grande ténacité, elles conservent habituellement le même étal et ne se transforment pas comme les autres lésions élémentaires; elles constituent moins de véritables maladies que des difformités de la peau qui sont souvent au-dessus des ressources de l’art. Nous trouvons ces taches dans le vitiligo, dans les éphélides, dans le lenliyo, etc.

T Les exanthèmes ou taches exanthémateuses sont d’un rouge plus ou moins intense, d’une étendue variable ; la rougeur pâlit et disparaît momentanément sous la |)ression du doigt pour reparaître aussitôt que la pression cesse. La coloration rouge présente plusieurs degrés d’intensité et va en diminuant d’une maniéie graduelle, depuis l’époque de son apparition jus(iu’à sa résolution complète. En disparaissant, ces taches s’accompagnent d’une desquamation qui dilfère par la durée de celle des allections squameuses proprement dites; dans ces dernières maladies l’épiderme se sèche et s’exlolie incessam-

LÉSIONS ÉLÉMENTAlltES. o

ni(3iil, tandis (iiie, dans les exaiitlièmes, l’exfolialion n a lien (jti’une fois et souvent aux dépens de répidernie qui ('xistait au moment do l’éruption ; celui qui est formé de nouveau a toutes les conditions de viabilité et de durée, et ne se détâche plus. L’érysipèle, la rougeole, la scarlatine, nous offrent des exemples de taches exanthématiques. On a pensé que les exanthèmes étaient causés par une lésion dans la circulation capillaire de la peau et que la rougeur était le résultat d’une congestion, cette opinion nous paraît assez probable.

3“ Immédiatement après les exanthèmes nous trouvons les vésicules, qui sont de petites saillies acuminées, transparentes, de la grosseur de la pointe ou au plus de la tête d’une épingle; elles sont dues à un soulèvement de l’épiderme distendu par une sérosité claire, limpide et transparente. Ces vésicules ont différents modes de terminaison : tantôt le liquide se résorbe, l’épiderme soulevé s’affaisse, et à la place de la vésicule il ne reste plus qu’une petite tache jaunâtre qui disparait elle-même peu à peu ; tantôt la vésicule se rompt, l’épiderme se déchire et laisse écouler le liquide séreux qu’il contenait; ce liquide, quoique clair et Ijmpide, est cependant très plastique, et il se concrète alors sous forme de croûtes qui peuvent se renouveler plusieurs fois. Si ces croûtes se détachent prématurément ou si elles sont enlevées par des topiques, on trouve au-dessous d’elles des ulcérations superficielles; d’autres fois enfin les vésicules augmentent de volumCj la sérosité se change en pus et alors il se forme une véritable pustule. Les vésicules sont la lésion élémentaire habituelle de l’eczéma. On a voulu expliquer la formation des vésicules par l’intlammation

!l J-ÉSIONS ÊLÉMEINTAmiifî.

(les eonduils siKlorileres, niais l’autenr d(; cclti; lliéni ie, M. Cazcnave, n’a apporté aucune preuve analuinicjue à l’appui de sa manière de voir qui reste une imre hypothèse, peu probable d’ailleurs; nous aurons occasion de revenir sur cette question de pathogénic, à propos de l’eczéma, nous voulons seulement nous élever ici contre cette facile méthode d’anatomie pathologique qui substitue aux dissections et aux recherches microsco[dques l’hypothèse et la fantaisie. En médecine positive il vaut mieux avouer son ignorance sur un point que de chercher à la cacher par des hypothèses sans fondement.

li" Les bulles ne sont, à proprement parler, qu’une exagération des vésicules ; ce sont de larges soulèvements de l’épiderme, du volume d’une noisette, d’une noix, d’un œuf et plus, renfermant également un liquide séreux. Comme les vésicules, les bulles peuvent se terminer par la résorption du liquide, par l’ulcération et par la transformation de la sérosité en liquide purulent. De même que l’on a considéré les vésicmles comme le résultat de l’inflammation de l’extrémité, des conduits sudorifères, de même M. Cazenave et son école ont regardé les huiles comme dépendant de l’inflammation simultanée d’un assez grand nombre de ces conduits; ce que nous venons de dire à propos des vésicules s’applique également aux huiles, on ne peut véritablement pas concevoir comment l’inllammation des petits canaux sudorifères pourrait donner lieu à des lésions aussi considérables que celles qui existent dans les btilles. A'ous trouvons un exemple de bulles dans le pemphrgus.

5" xVu cinquième rang nous trouvons les pustules, petites tumeurs arrondies, formées par l’épiderme soulevé

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