CRASSES PARASITAIRES
leur largeur dans ces cas peut ne pas dépasser celle d’une pièce de cinq francs ; chez d’autres, au contraire, une seule tache couleur café au lait couvre le tronc tout entier. Du reste, les contours de ces plaques sont en général sinueux et irréguliers, et n'offrent pas cette disposition circinée qu’on rencontre dans la plupart des autres affections parasitaires.
Le siège de prédilection des végétaux épidermophytiques est ordinairement le cou et le tronc, mais il en est qui, comme ceux du chloasma des femmes enceintes ne s’observent jamais qu’à la figure. Cependant ce siège n’a rien d’exclusif, et il est assez fréquent de rencontrer du pityriasis veisicolor sur les membres et surtout sur les membres supérieurs.
Les végétaux épidermophytiques ne déterminent jamais de symptômes généraux, seulement ils s’accompagnent constamment de démangeaisons qui en général sont peu vives.
Si l’on soumet à l’examen microscopique les squames d’un pityriasis versicolor, on y trouve peu de spores à l’état de liberté, mais on y rencontre en quantité considérable, etmélées à de nombreuses cellules épidermiques, des ramifications, les unes vides et les autres contenant des spores plus grosses que celles du microsporon Audouini. Les naturalistes ont donné au champignon dont les ramifications s’entre-croisent ainsi en tous sens, le nom de microsporon fur fur, à' épidermophyton.
Une fois développé, le pityriasis versicolor a une tendance très grande à envahir les parties voisines, et s’il vient à disparaître, il récidive toujours avec la plus grande facilité. Ainsi, chez beaucoup de malades, cette affection apparait tous les ans au commencement du printemps, un traitement convenable la fait disparaître au bout de quelques semaines, mais l’année suivante elle se reproduit avec les mômes caractères ; et il est des sujets qui depuis vingt ans sont soumis à ces
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retours périotlicjues. Le chlonsma des femmes eiieeiiiles disparaît ordinairement après raccoucliement; dans quelques cas cependant on le voit persister et olfrir même une résistance très grande aux moyens thérapeutiques.
Le diagnostic de cette affection est facile ; elle se présente sous fortiie de plaques colorées qui sont le siège de démangeaison et de desquamation, le microscope y démontre peu de spores et beaucoup de ramifications. Dans les éphélides, on ne trouve ni démangeaison, ni desquamation ; dans les/i«tyriasis dartreux, les squames ont une coloration blanche et ne présentent aucune trace de parasite. Enfin, il suffit pour éviter l’erreur, de signaler la possibilité de confondre le vitiligo et le pityriasis versicolor, dans les cas où l’on prendrait la partie saine pour la partie malade.
Le estpeu grave, car la maladie cède ordinaire-
ment avec facilité aux moyens qu’on em[iloie pour la combattre. Cependant, dans quelques cas il est difficile delà faire disparaître, mais, comme elle siège ordinairement sur des parties qui ne sont pas exposées à la vue et qu'elle entraîne peu d’incommodités, les malades peuvent alors la conserver sans trop d’inconvénients.
Nous avons peu de choses à dire sur X étiologie du pityriasis versicolor. Nous savons seulement que c’est au printemps que sa fréquence est la plus grande. Est-ce une allèction contagieuse comme les autres maladies parasitaires? Cette question est difficile à résoudre, et en effet jusqu’ici nous n’avons eu l’occasion d’observer aucun exempledecontagion, et nous avons même vu plusieurs fois des sujets de sexe diflérent coucher ensemble, sans se communiquer la maladie.
Le traitement est très simple et les préparations sullureuses suffisent |)arfaitement pour obtenir la guérison. On les emploie sous forme de bains ou de pommades :
Cn.VSSKS l'AUASITAlUËS. J 88
Axônge 30 grammes.
Soufre sublimé. 2 —
La pommade oxygénée on nitrique produit les mêmes résultats. Enfin le parasite disparaît également en pratiquant des lotions de sublimé ou en prenant des bains additionnés de ce composé mercuriel. Peu de sujets sontrebellesà la médication que nous venons d’indiquer, le cbloasma des femmes enceintes surtout, disparaît en général avec une grande promptitude.
Avant de terminer l’bistoire des crasses parasitaires, il est utile de se demander quelle est la nature de tous ces pityriasis colorés. Sont-ce des maladies parasitaires au même titre que le favus et que la trichopbytie? Nous répondrons sans hésiter d’une manière négative, car le rôle du champignon est ici tout difl'érent de celui qu’il joue dans les maladies que nous venons d’énumérer.
Dans la marche et dans l’étiologie du pityriasis on trpiive' bien plutôt le cachet d’aune affection dartreuse que d’une affection parasitaire. Ainsi on le voit toujours revenir chez les mêmes individus et à peu près cà la même époque, au ■ printemps; sa contagion est aussi fortement mise en doute, tandis qu’il est impossible de nier celle des autres affections. Nous avons donc une grande tendance cà considérer ici le parasite comme se développant secondairement sur des squames d’une maladie dartreuse. Ce n’est pas du reste la première fois que nous faisons une observation semblable: ainsi dans quelques cas de pityriasis parfaitement dartreu.x, d’eczémas arrivés à la troisième période, nous avons pu observer des ramifications de mycélium aussi nombreuses et aussi abondantes que dans le pityriasis versicolor.
.^1. Bazin explique les récidives si fréquentes de la maladie par le développement de germes qui auraient échappé aux
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agents parasiticides. Mais il est bien dilïicile d’admellre que ces germes aient attendu un an pour se reproduire, tandis que nous voyons les germes de l’Iierpès circiné rester latents tout au plus pendant deux mois. .Notre opinion est donc qu’ici le rôle principal est dévo'u à la maladie dartreuse, et que le champignon ne se développe consécutivement sur les squames, que parce qu’il y trouve un terrain favorable à sa production.