‹ Lecons sur les maladies de la peauChapitre 44 sur 46 · PHTHIRIASE OU MALADIE PÉDICULAIRE · texte numérisé non relu

PHTHIRIASE OU MALADIE PÉDICULAIRE

La phthiriase ou maladie pédiculaire se présente sous des aspects qui varient avec l’espèce de poux qui la produit; en effet, ces animaux sont loin d’offrir des caractères identiques sur tous les points où on les rencontre.

On connaît aujourd’hui trois espèces de poux qui peuvent vivre à la surface delà peau de l’homme, ce sont : le pou de tête, le pou de corps et le pou du pubis.

1° Le pou de tète {pediculus capitis) est cendré et a les lobes ou découpures de l’abdomen arrondis. Il est surtout

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fréquent chez les enfants et manifeste sa présence par une légère démangeaison qui entraîne toujours un peu de grattage. Si le nombre de ces animaux est très considérable, ils peuvent déterminer une irritation du cuir chevelu et une production de pustules et de croûtes impétigineiises ; il est même une variété d’impétigo, granulata,i\\n s’ac-

compagne presque constamment de poux, de sorte que souvent dans ces cas il serait impossible de dire si c’est l’impétigo qui attire les poux ou si ce sont les poux qui déterminent l’impétigo.

Dans les cas où les poux sont en très grande abondance, la tête est presque constamment le siège d’une sécrétion humide et visqueuse qui agglutine les cheveux. En même temps il n’est pas rare, par suite de l’inflammation locale, de voir des pustules d’ecthyma, des furoncles, se développer à la surface du cuir chevelu, et même de véritables abcès se former dans le tissu cellulaire sous-jacent. Ces abcès s’ouvrent spontanément et se recouvrent d’une croûte jaunâtre ; or, quand on enlève cette croûte, il est arrivé quelquefois qu’on a trouvé la cavité de l’abcès remplie de poux. Plusieurs auteurs qui ont rapporté de ces exemples, ont expliqué la présence de ces parasites par la génération spontanée. Nous ne croyons pas que cette hypothèse puisse être admise dans l’état actuel de la science, et rien jusqu’ici n’a suffisamment prouvé que les animaux inférieurs s’engendraient spontanément et par un mode de génération autre que celui qui règle la production des êtres d’un ordre plus élevé. Du reste, en cherchant à se rendre compte de ces faits, on n’a pas assez tenu compte de la rapidité avec laquelle les poux se multiplient, et il faut dire que chez certains sujets ils repullulent avec une facilité tellement effrayante qu’il est impossible de démêler leur mode de production. Le pou de tête abandonne rarement le cuir

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chevelu ; il y dépose ses œufs (jui, sous le nom de lentes et sous la forme de petites granulations grises et arrondies, adhèrent fortement aux cheveux; parfois cependant on le rencontre à la nuque, mais rarement on le voit s’égarer jusque dans la barbe.

2“ Le pou de corps [pedicubis vestimentorum seu corporis) est d’uu blanc sans tacbe et présente les découpures de l’abdomen moins saillantes que celles du ponde tète ; d’un volume assez considérable, il se reproduit avec une rapidité plus grande encore que le précédent. On l’observe sur tous les points du corps qui ne sont pas trop recpuverts de poils, et souvent aussi on le rencontre dans les plis des vêtements, surtout au col de la chemise. C’est principalement chez des gens âgés et placés dans de mauvaises conditions hygiéniques que se développe ce parasite, mais cependant la classe aisée n’en est pas à l’abri, et rhistoire pourrait nous en fournir plus d’un exemple célèbre.

Nous ne nous étendrons pas plus longuement sur les accidents produits par le pou de corps, nous les avons suffisamment indiqués en faisant l’histoire du prurigo pédiculaire (p. 83).

3° Le pou du pubis {{pediculus pubis) dont tout le monde connaît la dénomination vulgaire, plus aplati que les précédents, a le corps arrondi et large, le corselet très court se confondant avec l’abdomen. Il n’existe pas seulement au pubis, mais on le rencontre partout où il y a des poils : sur la poitrine des hommes velus, aux aisselles, sur les sourcils et môme sur les cils. Ces poux présentent ceci de particulier, qu ils adhèrent intimement à la peau où ils se fixent par leurs suçoirs à la base des [loils, ce i|ui les rend quelquefois ditliciles à apercevoir. Ils manifestent leur presence par de la démangeaison et une éi iqitiou [larticulièrc qui consiste en petites

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taches rouges revêtues à leur surface d’ime petite croûte de même couleur. Cette variété de poux ne repullule jamais avec autant de facilité que les précédentes.

Pour faire disparaître le pou de tête, il faut commencer 'par couper les cheveux assez ras, et saupoudrer ensuite le cuir chevelu avec de la poudre de staphysaigre ou pratiquer des onctions avec une |)ommade mercurielle. Chez les enfants, il n’est pas rare de voir les poux repulluler avec une ténacité très grande, pendant la convalescence d’une longue maladie ; il semble alors qu’il soit impossible de détruire tous leurs œufs ; dans ces cas, il faut changer les conditions hygiéniques et relever les forces en administrant un traitement général.

Le pou de corps disparaît facilement à l’aide de bains sulfureux ou de fumigations cinabrées; mais on le détruit avec plus de promptitude encore, en employant simultanément la poudre de staphysaigre. Si les poux paraissent être sous la dépendance d’un état général, il faut chercher à modifier profondément la constitution; cette condition est, il est vrai, souvent fort difficile ii remplir, et fhistoire nous fournit l’exemple de plusieurs personnages fameux qui ont succombé sans pouvoir se débarrasser de cette triste affection.

Les poux de pubis sont facilement détruits à l’aide de frictions mercurielles ou de lotions au sublimé.

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