‹ Lecons sur les maladies de la peauChapitre 46 sur 46 · G\LE · texte numérisé non relu

G\LE

les positions sociules et dans les habitudes c^u elles entraînent.

La gale est beaucoup plus fréquente en hiver qu’en été. Ainsi, tandis qu’en hiver, aux deux consultations que nous faisons par semaine a 1 hôpital Saint- Louis, nous observons chaque fois près de quatre-vingt galeux, en été il s’en présente à peine dix. Cela lient à ce que, dans les saisons froides, les ouvriers couchent plusieurs ensemble, tandis qu’en été ils s’isolent davantage.

L’influence des professions est telle qu’à Paris on rencontre presque exclusivem.ent la gale dans les classes pauvres. Ce n’est qu’accidentellement qu’elle se présente dans les classes aisées. Du reste elle affecte indistinctement tous les âges ; elle est plus rare chez la femme.

De tous les modes de contagion de la gale, le coucher avec une personne atteinte de la maladie est le plus fréquent; en effet, on l’observe c?ia;-neM/fois sur vingt. Dans les autres cas, l’affection se communique au contact de la main, en employant dans les ateliers les instruments qui ont servi à un galeux, ou bien encore en dansant la main nue. Les nourrices donnent la gale à leurs enfants avec la main qui* les soutient, aussi chez ces derniers est-ce ordinairement aux fesses que l’affection débute. Enfin, disons pour terminer que cette maladie parasitaire peut se manifester après avoir couché dans des draps malpropres, et que nous l’avons vue se développer à la s. die d’un voyage en voiture publique qui avait établi un contact prolongé avec des gens qui en étaient affectés.

Si nous cherchons à nous rendre compte de !a manière dont l’acarus se propage , nous verrons qu’au début les sillons sont rares aux mains, tandis qu’ils existent presque constamment à la verge chez l’homme. En effet, c’est ordinairement sur ce dernier organe ique l’acarus commence à

MALADIES PAIIASITAIRES.

se porter, il y excite de la démangeaison et s’atlache sur l’ongle à la suile du grattage; de là il gagne les parties latérales des doigts et la face antérieure du poignet; de cette manière on coui|)rend parlaitement pourquoi la gale se montre d abord sur les parties moyennes du corps et comment elle s’étend de là aux extrémités.

La gale des animaux peut-elle se communiquer à l’homme? C’est une question résolue par lu négative : en effet, d’après les travaux de W. Bourguignon, l’acarus des animaux ne présente pas les mêmes caractères que celui de l’homme, et il ne peut vivre sur un terrain aussi dissemblable. Cependant il n’est pas rare de voir atteints de prurigo les individus en contact avec des chiens ou des chats galeux; mais, dans tous ces cas, le parasite ne se reproduit pas longtemps à la surface de la peau, son existence est éphémère et la guérison se fait toujours spontanément. Il y a quelques années à Paris les lions d’une ménagerie ambulante furent atteints de la gale et les palefreniers qui les soignaient présentèrent des érujitions diverses, d’apiès IM. B mrguignon l’acarus du lion est très ressendjlant avec celui de rhomme, mais il ne fut nécessaire d’employer aucun moyen pour le faire disparaître.

Traitement. — Pour guérir la gale, il sulfil de détruire 1e parasite qui la produit, et l’on peut dire qu’aujourd’hui le .traitement i st arrivé à sa dernière |)erfectiuii , puisque nous l’avons réduit à moins de deux heures.

Doit-on craindre, en em|)loyanl un traitement aussi rapiile, de déterminer des aciidenis internes, de pio luire ce (pion appelle une rjide rentrée? Sans hésiter, nous répondrons par la iiégali. e; jamais la guéi ison de la gale n’a dett rmiué de ré|>ercus^ion sur les organes. Dau^ les cas où elle a été accompagnée ou suivie d’éruptions de nature daitreuse, on

doit admettre seiitement qu’elle ait agi comme cause occasionnelle et quelle ail produit le développement d’une diathèse qui SC serait manifestée plus lard. Il est donc toujours inutile de donner une médication interne, destinée à combattre le virus psorique; une fois le parasite détruit, les éruptions qui en dépendent disparaissent ordinairement d’elles-mêmes avec la plus grande facilité.

Il faut établir, dans le traitement de la gale, deux catégories, suivant qu’elle est simple ou suivant qu’elle est compliquée; dans ce dernier cas, on combat les éruptions inflammatoires concomitantes à l’aide des anti-phlogistiques, de lotions émollientes ou de bains émollients généraux. Au bout de quelques jours, alors que l’acuité des éruptions a presque complètement disparu, on peut employer les agents parasilicides.

Les préparations les plus employées dans le traitement de la gale sont les composés sulfuro-alcalins, les pommades à base de mercure, les essences et surtout celle de térébenthine; mais, ce qui importe le plus, ce n’est pas la composition de l’agent parasiticide, c’est la méthode avec laquelle on emploie les lotions ou les frictions. En effet, toujours les frictions doivent être générales et un peu rudes, de façon à détruire les sillons et à ce qu’aucun acare n’échappe à la médication. C’est parce que les médecins prescrivaient des frictions partielles et dans les points seulement où ils observaient des vésicules, que les récidives de la gale étaient si fréquentes autrefois. Depuis ([ue M. Bazin avait établi la néces^ilé des friclions gé.icra'es, la guérison était devenue jjliis prompte et plus (crlaiiic, cl à l'aide de celle méthode il avait pu redoire à deux ou trois jouis le scj .i.r dès malades dans le^ sallis de riiô[)iial N lUs avons fait mieux encore, et nous av.ms institué à riiôpilal Saint-Louis un traitement qui permet de

MALU)li:S PAUASITAIRES.

guérir la gale en une heure et demie et de traiter les malades sans les admettre à l’iiôpilal.

• Crt traitement comprend trois parties : dans la, première, qui dure une demi-heure, le malade est frotté, depuis les pieds jusqu’à la tète, avec du savon noir j on le débarrasse ainsi de toutes les saletés attachées à la peau; après cette friction préparatoire, on le plonge pendant une demi-heure dans un bain simple, qui lui ramollit l’épiderme ; après quoi on pratique une friction générale avec une pommade qui ressemble à celle d’Hclmerich, mais que nous avons modifiée de la manière suivante, pour la rendre moins irritante :

Axonge 300 grammes.

Soufre 50 —

Sous-carbouate de potasse 25 —

Elle contient, comme on le voit, un sixième de soufre et un douzième de sous-carbonate de potasse. Les malades conservent la pommade ju'squ’au lendemain, de manière à établir un contact prolongé qui achève de détruire les acares, et qui sert à dés nfecter les vêtements. Ce dernier résultat serait bien plus facilement obtenu à fade de fumigations sulfureuses ou même plus simplement en faisant arriver sur les vêtements une température élevee, les animaux inferieurs ne pouvant pas supporter, en général, une température supérieure à 80 degrés.

Dans la pratique de la ville il est souvent difficile de faire ce traitement ; on peut alors faire frictionner le malade avec des essences étendues d’eau ou de glycérine (glycérine, 200 gr., essence de menthe ou de lavande, etc., 3 à à gr.) ou mieux, comme nous avons 1 habitude de le faire, de conseiller deux frictions faites à douze heures de distance avec la pommade sulfuro alcaline dont nous avons donné la

formule. Dans ces divers modes de traitement, l’essentiel est toujours de recourir à des frictions générales pour atteindre l’acare dans tous les points où il peut exister.

Comme nous l’avons dit, toutes les complications de la gale disparaissent après la destruction de l’acarus; toutefois, on facilite leur guérison à l’aide de bains simples ou rendus émollients par l'addition de son ou d’amidon. Par ces moyens, on arrive toujours à détruire les éruptions qui accompagnent la gale, mais on n’obtient pas toujours immédiatement la cessation des démangeaisons; il est des individus chez lesquels elles persistent pendant des semaines, pendant des mois entiers, et quelquefois môme on ne réussit pas à les soulager en continuant les bains simples ou en prescrivant des bains alcalins.

Page 1