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C. Variétés d’eczéma suivant le siège

Dans ce dernier groupe, les principales variétés que nous mentionnerons sont : 1“ Y eczema jnlaris ; 2“ Y eczema capilis ; 3" l’eczéma de la face ; 4” du sein ; 5” du nombril;. 6" des parties génitales; 7" des mains et des pieds.

Ces différentes variétés présentent des particularités aussi importantes que celles que nous avons déjà indiquées, en étudiant l’eczéma d’après ses différents aspects.

1“ Eczema pilaris. — On donne ce nom à l’eczéma qui se développe sur les parties recouvertes de poils. La maladie se présente avec ses caractères ordinaires de rougeur, de sécrétion et de desquamation; les vésicules sont ordinairement très éphémères. Le liquide plastique sécrété, en se concrétant, agglutine les poils les uns aux autres et forme des croûtes épaisses, très adhérentes et très difficiles à détacher. Aux aisselles cet eczéma s’accompagne fréquemment de petits abcès qui se succèdent d’une manière assez prolongée. Cette variété d’eczéma est remarquable par sa ténacité.

11 est très important de distinguer Y eczema pilaris des affections parasitaires, dues à la présence du trichophyton . Cette dernière maladie est ordinairement plus circonscrite et mieux limitée, elle se présente sous forme de cercles, les poils sont altérés et peu adhérents ; à la face, l’inflammation gagne souvent le tissu cellulaire sous-cutané ; dans les cas douteux, l’inspection microscopique doit décider le diagnostic et dissiper tous les doutes.

VARIÉTÉS d’eczéma.

2“ Eczema ou impétigo capitis. — Celte variété présente deux formes secondaires ;

a. — Eczéma diffus. Il débute par une démangeaison très vive, avec une sensation de douleur et de chaleur plus ou moins intense, et, presque en' même temps, éruption de vésicules ou de vésico-puslules agglomérées dans une étendue assez considérable, qui se rompent , au bout de quelques heures ou de quelques jours, et donnent lieu à une sécrétion séreuse assez abondante. Ce liquide se concrète très rapidement, agglutine les cheveux les uns aux autres et forme des croûtes plus ou moins épaisses, qui constituent une espèce de casque ou de calotte sur la tête. Lorsque, avec les cataplasmes et les lotions, on fait tomber ces croûtes, on trouve au-dessous d’elles le cuir chevelu rouge et suintant, puis plus tard, il existe une desquamation qui peut résister longtemps, plusieurs semaines et même plusieurs mois.

Ordinairement les cheveux tombent et deviennent plus clair-semés, mais leur chute se fait d’une manière uniforme et régulière, sur les parties malades ; on ne trouve pas de plaques bien circonscrites, sur lesquelles les cheveux soient tout à fait tombés ou très altérés, caractère important qui sépare V eczema capitis des maladies parasitaires. Dans cette forme d’eczéma, on rencontre quelquefois de petits abcès sous-cutanés.

b. ~ k côté de V eczéma diffus du cuir chevelu, nous avons aussi l’impétigo caractérisé par une éruption discrète de petites pustules, disposées en groupes disséminés. Cette seconde forme éC eczema capitis constitue ce qu’on appelle timpetic/o granulata. Il s’observe chez les enfants, et particulièrement chez ceux qui vivent dans la

ECZÉMA DE LA FACE, malpropreté; quand les pustules se rompent, elles laissent écouler un lupiide séro-purulent, éminemment plastique, d’une odeur nauséabonde, qui se concrète presque immédiatement et reste attaché aux clieveux sous forme de granulations verdâtres ou jaunes, désignées vulgairement sous le nom de galons; de là la dénomination donnée à cette affection (1). Cette forme est peu grave et cède souvent d’une manière très rapide aux seuls soins de propreté (2).

3° Eczéma de la face. — L’eczéma de la face a une grande tendance à s’étendre ; de plus, il affecte souvent la forme symétrique, c’est-à-dire qu’il se développe sur les parties correspondantes des deux côtés. Dans cette variété, l’éruption se propage facilement aux muqueuses ; de là ces ophthalmies et ces stomatites dites eczémateuses ou dartreuses. Souvent aussi la maladie se propage jusque dans les narines et présente alors une grande ténacité.

L’eczéma de la face peut être un eczéma simple ou revêtir la forme d’impétigo.

A cette variété se rattache l’eczéma des oreilles. Lorsque l’éruption a pour siège le pavillon de l’oreille, celuici se gonfle, se tend, comme dans l’érysipèle; de plus il

(1) Sous les amas de productions croùteuses qui caractérisent cette alTection, il est commun de voir, surtout chez les enfants, surgir des milliers de poux. (Noie du rédacteur.)

(2) L’impétigo du cuir chevelu s’observe rarement avant la deuxième enfance. Souvent il est précédé, chez les enfants, d’une antre affection qui est en quelque sorte le privilège de la première enfance, les achores. Du reste, il sera toujours facile de distinguer ces deux maladies. (Note du rédacleur.)

VAUIÉTÉS d’eczéma.

se déforme el s’écarte de la tête. Une autre particularité de cette affection, c’est son extension dans le conduit auditif externe : il en résulte un boursoutlenienl de la muqueuse qui tapisse ce conduit et la membrane du tympan, et, comme conséquence, une surdité qui peut n’être que passagère, mais qui pensiste quelquefois, par suite de la sécheresse et de l’épaississement de la muqueuse.

L’eczéma de la face coïncide souvent avec celui du cuir chevelu.

" /i“ Eczéma des seins. — 11 est presque exclusif aux femmes; il se développe autour du mamelon, sur l’auréole et sur le mamelon lui-même. 11 peut se présenter sous la forme d’eczéma simple ou d’impétigo, suivant le degré d’inflammation. 11 affecte ordinairement une disposition arrondie, en suivant la forme des parties sur lesquelles il s’est développé. Un caractère spécial de l’eczéma du sein, c’est l’extension assez fréquente de l’inflammation au tissu cellulaire sous-cutané et la formation d’abcès.

Lorsque l’eczéma est limité aux seins, il n’est guère observé que dans une des trois conditions suivantes : la grossesse, la lactation et la gale. L’eczéma du sein forme un excellent signe diagnostique delà gale chez la femme.

Cette variété peut se rencontrer d’ailleurs avec l’eczéma des autres parties du corps.

5“ Eczéma de l’omdilic. — Nous ne nous arrêterons pas longtemps à cette variété peu importante. Elle est généralement très tenace, soit à cause de la difficulté de main-

ECZÉMA DES DARTIES GÉNITALES, tenii’ des topiques appliqués sur celte région, soit à cause de la forme particulière de l’ombilic qui se trouve par cela môme exposé à des frottements réilérés el continuels. Souvent elle coïncide avec l’eczéma du ventre.

6“ Eczéma des parties génitales. — Cette variété siège à la verge et aux bourses chez l’homme, à la vulve chez la femme; souvent il occupe en même temps la partie inférieure du ventre et même les environs de l’anus. 11 diffère peu de l’eczéma ordinaire, seulement il présente une sécrétion séreuse beaucoup plus abondante ; sur les bourses les squames sont plus larges et tout à fait feuilletées. Dans'celte région l’eczéma est en outre très tenace, il peut se perpétuer longtemps par des éruptions successives. Souvent il se propage à l’intérieur de l’anus où il détermine des démangeaisons atroces, irrésistibles et provoque des frottements fréquents qui s’accompagnent d’une certaine sensation non désagréable.

L’eczéma qui occupe le prépuce et le gland , chez l’homme, a été appelé, bien à tort, herpes prœpuiialis. Le prurit auquel il donne lieu fait naître chez les malades un besoin impérieux de se gratter qui peut être, surtout chez les enfants, le point de départ de mauvaises habitudes.

Chez la femme, la variété d’eczéma qui nous occupe diffère un peu de ce qu’elle est chez l’homme ; l’éruption se prolonge quelquefois dans le vagin et dans l’iirèthre, et elle y détermine des démangeaisons excessivement vives qui peuvent aussi conduire à des habitudes de masturbation. Outre ces démangeaisons, il y a un écoulement abondant, non pas purulent, mais peu coloré, séreux,

VARIÉTÉS D*ECZÉMÂ.

plastique, tachant et empesant les linges et tout à fait identique avec la sérosité de l’éruption cutanée. Au spéculum, on constate une rougeur vive et un gonflement très marqué de la muqueuse vaginale. C’est une véritable vaginite dartreme. Comme chez l’homme, l’eczéma peut gagner l’anus et donner lieu à des fissures d’une nature toute particulière, et aux démangeaisons que nous avons déjà indiquées.

T Eczéma des mains et des pieds. — L'eczema mammie se présente avec des conditions tellement spéciales que, si l’on n’était pas prévenu que c’est un eczéma, on ne le reconnaîtrait pas. Beaucoup d’auteurs modernes et nous-mème l’avons décrit à tort, pendant quelque temps, sous le nom A'herpes , affection avec laquelle il offre, au premier abord, une grande ressemblance. Il se présente sous deux formes différentes, la forme chronique et la forme aiguë.

a. Forme chronique. — Dans cette forme la maladie a tous les caractères de l’eczéma ordinaire : sur les doigts, dans les espaces interdigitaux et sur le reste des mains on peut constater de la rougeur, du suintement, de la desquamation, etc. Nous devons noter, en outre, une augmentation des rides de la peau et des gerçures assez profondes , qui donnent souvent à cette affection la plus grande ressemblance avec le lichen : c’est ce qu’on appelle communément la gale des épiciers, on l’observe fréquemment chez les individus qui manient des substances âcres.

Sous un autre aspect, l’eczéma chronique des mains est caractérisé par une légère desquamation épidermique

ECZÉMA DE5 MAINS ET DES PIEDS, qui se prolonge plus ou moins longtemps, et qui est surtout maniuée sur la surface palmaire des doigts. De temps en temps, on voit apparaître sur la main quelques vésicules qui viennent accuser, en quelque sorte, la nature eczémateuse de l’affection. Cette maladie est assez' fréquente en été.

/>. — La seconde forme de \' eczema mamiale est la forme aiguë. Elle présente des caractères plus spéciaux et plus tranchés que la forme précédente. Elle débute par l’apparition, sur une main ou sur les deux à la fois, d’une éruption vésiculeuse du volume d’un grain de millet. Ces vésicules sont tantôt confluentes, tantôt disposées par groiqies, laissant entre eux des intervalles de peau saine. Lors(|ue les vésicules sont nombreuses, il y a extension de l’intlammation au tissu cellulaire sous-cutané, et l’on observe de la rougeur et du gonflement. Dans tous les cas, il y a ordinairement de la chaleur, de la cuisson et souvent une démangeaison intolérable.

Très souvent la maladie ne dépasse pas la première période : les vésicules persistent et n’ont aucune tendance é se rompre, ce qui tient sans doute à la grande épaisseur de l’épiderme dans celte région. Au bout de quelques jours, ces vésicules s’affaissent, par suite de la résoplion de la sérosité, et l’épiderme se réapplique sur le derme ; mais il ne tarde pas à se détacher sous forme de squames et l’on trouve alors au-dessous un épiderme de nouvelle formation entièrement renouvelé, mais conservant une teinte un peu violacée pendant quelques jours.

Souvent, lorsque les vésicules sont très rapprochées, les cloisons qui les séparent sont détruites, et plusieurs d’entre elles se réunissent pour en former une seule qui

VARIÉTÉS d’eczéma.

est une véritable bulle, dont le volume varie depuis celui d’une noisette jusqu’à celui d’un œuf et même plus. Ces bulles se comportent comme les vésicules ; elles s’accompagnent de démangeaisons et de cuissons. Elles peuvent ne pas se rompre, mais, après un temps quelquefois très court, elles se détendent et s’affaissent, par suite de la résorption d’une partie du Jiquide qu’elles contiennent, et se transforment en larges squames, constituées par l’épiderme et par la partie plastique du liquide qui n’a pas été résorbée.

Dans certains cas, le liquide renfermé dans les vésicules et dans les bulles n’est plus clair et transparent; il est jaunâtre, opaque et épais, mais cependant sans être purulent. Alors, quand ces vésicules ne se rompent pas, elles s’affaissent graduellement et forment de larges squames d’une couleur jaune cuir de hutte ; ces plaques se rencontrent fréquemment sur le bord des mains et sur les parties latérales des doigts. Elles durent huit ou dix jours, et, quand elles tombent, elles se détachent d’une seule pièce, et, au-dessous d’elles, on trouve une plaque violacée qui ne tarde pas à s’effacer elle -même, et qui est constituée par un épiderme de nouvelle formation.

Quelquefois, enfin, le liquide que renferment les vésicules et les bulles est tout à fait purulent. Lorsque cette suppuration s’établit, on voit souvent apparaître des symptômes généraux : fièvre, soif vive, malaise général, anorexie et même vomissements. Dans ces cas-là, la résorption est très rare, le plus souvent il y a rupture de l’enveloppe épidermique, écoulement de pus au dehors et concrétion de ce li(piide en croûtes jaunâtres ou verdâtres. Lorsque, après un temps variable, ces croûtes vien-

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