‹ Lecons sur les maladies du sangChapitre 75 sur 82 · G cyanose liT llYPIînGLOBULIE · texte numérisé non relu

G cyanose liT llYPIînGLOBULIE

si les organes hémalopoiéliques prenaient une pari quelconque h l'iiyperglobulie. Au contraire, les hémaloblastcs y sont abondants et beaucoup d'entre eux sont hyperlropbiés, comme chez les individus en état de crise hématoblaslique.

Ces diverses considérations semblent bien établir que l'hyperglobulie est, ainsi que je vous le disais, une conséquence et non une cause de la cyanose. Celle-ci peut-être due à plusieurs des causes invoquées. Le mélange des deux sangs me paraît jouer probablement le rôle principal ; car, en somme, la cyanose chronique de la maladie bleue a des caractères particuliers. Il n'est pas douteux, toutefois, que diverses causes adjuvantes n'interviennent. Il peut se faire, par exemple, que l'activité circulatoire du poumon compense pendant longtemps l'état asphyxique imminent, puis, qu'au bout d'un certain laps de temps, la circulation pulmonaire devienne languissante, ainsi que la circulation périphérique, et que la cyanose soittardive.

Cette curieuse maladie est incurable. Notre malade, qui est infirme depuis l'enfance, est, de plus, impropre à tout travail. Il va errer de service en service jusqu'au jour où on le recueillera d'une manière définitive dans un hospice.

Addenduiii. — Le malade a succombé à une hémoptysie foudroyante le 13 décembre 1898, dans le service de M. Mathieu. Les résultats de l'autopsie ont été publiés par M. Sikora dans le bulletin de la société Médicale des Hôpitaux (1). On a trouvé des lésions tuberculeuses

(1) PiiciiKic SiKOliA, Un cas de maladie bleue avec U-ansposilion lolale des viscères {DuU. de la Soc. mcJ. des Ilùp., 1899, j). 8, séance du 6 janvier 1899).

CYANOSE ET HYPEllGLOBULIE. 677

au sommet du poumon gauche, mais on n'a pu découvrir le point de départ de l'hémorragie.

Il existait une inversion totale des organes thoraciques et abdominaux, inversion qui se poursuivait sur les organes génitaux : le testicule droit était plus volumineux et descendait plus bas que le gauche.

Au niveau du cœur, la transposition n'était pas complète : les cavités du sang rouge étaient à droite et celles du sang noir à gauche, mais l'aorte naissait, comme à l'ordinaire, du ventricule gauche. L'orifice aortique avait conservé des dimensions normales. L'orifice de l'artère pulmonaire présentait au contraire un rétrécissement manifeste : les valvules sigmoïdes étaient soudées et formaient un cylindre membraneux qui faisait une saillie en cul-de-poule dans l'intérieur du vaisseau. Le diamètre de ce cyliudre atteignait tout au plus 4 à 5 millimètres. Le cœur droit ne donnait naissance à aucun tronc artériel.

La cloison interventriculaire était perforée à la partie supérieure : l'orifice de communication entre les deux ventricules correspondait à la partie membraneuse de la cloison.

Ajoutons, enfin, que l'intestin était nettement séparé en deux masses : l'une droite comprenant le gros intestin, l'autre gauche comprenant tout l'intestin grêle. Cette disposition était attribuable h un arrêt de développement des mésentères et à la rétraction du mésocolon sigmoïde.

Page 1