‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 103 sur 203 · DES PÉRIODES ET DES FORJMES DANS LA SCLÉROSE EN PLAQUES · texte numérisé non relu

DES PÉRIODES ET DES FORJMES DANS LA SCLÉROSE EN PLAQUES

Messieurs, après avoir considéré un à un les éléments divers qui composent la symptomatologie de la sclérose multiloculaire lorsqu'il s'agit d'un cas complet et parvenu déjà à une période avancée de son cours, il convient de montrer, par une vue d'ensemble, comment se groupent et s'enchaînent ces éléments aux diverses phases et dans les diverses formes de la maladie. Celleci, en effet, ne se présente pas, tant s'en faut, revêtue de tous ses attributs à toutes les époques de son évolution. A l'origine, elle peut n'être constituée que par la réunion de deux ou trois symptômes, et, de plus, il est des cas où, jusqu'à la terminaison

' Charcot. — Note sur la température des parties centrales dans l'apoplexie liée à rhémorrhagie cérébrale et au ramollissevient du cerveau. In Comptes-rendus des séances de la Société de Biologie, t. IV, /i" série, 1867, p. 92. — Voyez aussi: Charcot. — Leçons sur la tliermométrie clinique, publiées dans la Gazette hebdomadaire ; , p. 324. 742, 821. — Bourneville. — Etudes cliniques et ihermométrif/ues sur les maladies du système nerveux. — Paris, 1870-73.

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fatale, le tableau symptomatologique reste incomplet'. Or, c'est surtout lorsque la maladie en est encore à une époque voisine de son début ou lorsqu'elle revêt une forme imparfaite, qu'il importerait d'apprendre à la reconnaître aux moindres indices. (Voir à r Appendice, p. 422.)

J'ai proposé d'établir, dans le développement progressif de la maladie, trois périodes : la première s'étend de l'instant où apparaissent les premiers symptômes jusqu'à l'époque où la rigidité spasmodique des membres réduit le malade à une impuissance presque absolue. La seconde comprend tout le temps, habituellement fort long encore, durant lequel le malade, confiné au lit ou pouvant à peine faire quelques pas dans sa chambre, conserve néanmoins l'intégrité de ses fonctions organiques. La troisième, enfin, commence au moment où, en même temps que tous les symptômes de la maladie s'aggravent sunultanément, les fonctions de nutrition soufî"rent d'une manière sensible. Il y aura lieu, à propos de cette période ultime, de relever les accidents qui, dans l'ordre ordinaire des choses, marquent les derniers temps de la maladie et précipitent la terminaison fatale.

Première période. — Le mode d'invasion et d'enchaînement des symptômes présente des variantes qui méritent d'être signalées à votre attention.

Quelquefois ce sont les symptômes céphaliques qui ouvrent la scène ; ainsi les malades commencent par se plaindre de vertiges habituels, de diplopie plus ou moins passagère ; peU à peu se prononcent l'embarras de la parole, et enfin le nys-

1 Voir à l" Appendice, n" IV.

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tagmiis. La réunion de ces symptômes composerait déjà un ensemble assez caractéristique et qui, alors môme que le tremblement provoqué par les mouvements et la parésie des membres ne viendraient pas tôt ou tard s'y adjoindre, permettraient cependant d'établir le diagnostic sur de fortes présomptions.

Mais tel n'est pas le mode d'invasion le plus commun ; le plus souvent ce sont les phénomènes spinaux qui s'accusent les premiers, si bien que, pendant plusieurs mois et quelquefois même pendant plusieurs années, les malades pourront n'offrir d'autres symptômes qu'un affaiblissement, une parésie plus ou moins prononcée des membres inférieurs, montrant de la tendance à s'aggraver d'une manière lentement progressive et à s'étendre aux membres supérieurs. En pareil cas, la situation du clinicien est nécessairement des plus difficiles. Car, en somme, la parésie des membres inférieurs est un sjonptôme quelque peu banal, commun à une foule d'affections diverses; elle se présente pourtant dans la sclérose multiloculaire, vous ne l'avez pas oublié, avec quelques traits particuliers qui pourraient peut-être indiquer la voie. Ainsi, quelque prononcée qu'elle soit, — à part ce cas exceptionnel où la lésion prédominerait sur les cordons postérieurs, — elle ne s'accompagne d'aucun trouble de la sensibilité, d'aucun trouble appréciable dans la nutrition des masses musculaires; de plus, il ne s'y lie d'ordinaire aucun désordre fonctionnel du côté de la vessie ou du rectum ; enfin, il n'est pas rare de voir se produire des rémissions, voire même des ihtermissions complètes qui ont pu faire espérer une guérison définitive ' . Mais il est clair

1 Dans notre mémoire, nous avons résumé un certain nombre de faits dans lesquels on a observé des rémissions assez . complètes pour que les malades, qui étaient paralysés, aient pu reprendre leurs occupations. (Voy. loc. cil., obs. iv. ix X, XI, etc.) Dans une observation de M. Vulpian que nous avons également rapportée (p. 139], il y eut une série d'améliorations et d'aggravations alternatives. Nous allons les indiquer brièvement.

Alors que la maladie était encore récente, on vit survenir, à la suite d'une variole, un rétablissement pour ainsi dire complet. Cette amélioration persista pcn-

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