NOUVEAU CAS D'ISCHURIE HYSTÉRIQUE
missements. Dans une première période do temps comprise entre le 9 et le 16 septembre c'est-à-dire pendant l\uit jours pleins, les urines sont complètement supprimées durant les six premiers jours et leur quantité est très faible durant les deux derniers; or, dans ce laps de temps, la malade, soumise au régime lacté, rejette par le vomissement la quantité de matières liquides équivalente d'abord a la moitié ou aux trois quarts des liquides ingérés pendant les quatre premiers jours, puis sensiblement égale à la quantité de lait qu'elle prend pendant les quatre derniers jours.
. Dans une seconde période comprenant neuf jours (du 18 au 26 septembre], la quantité des matières vomies semble avoir diminué ; mais il n'en est rien si on compare cette quantité à celle des aliments ingérés ; en fait, le régime ayant été modifié et se composant maintenant de bouillon froid, de viande crue et de linionade, les vomissements représentent encore la presque totalité des aliments ingérés ; or, pendant ce temps, il y a un peu d'urine dans les deux premiers jours (13 gr. et 250 gr.], mais leur émission est de nouveau suspendue dans les sept jours qui suivent.
. Enfin dans une troisième période qui dure quatre jours (du 27 au 30 sept.), nous voyons la fonction urinaire se rétablir et le chiffre de l'urine atteindre le taux normal (1,000 gr., 500 gr., 1,100 gr., les deux derniers jours), en même temps, les vomissements diminuent le second jour et cessent le 3= et le 4". »
. Voulant s'assurer, comme l'a indiqué M. Charcot, si les vomissements ne pourraient pas être imputés à l'élimination supplémentaire de l'urée par l'estomac, M. Ch. Fernet a fait analyser par M. E. Hardy l'urine et les matières vomies. Du tableau récapitulatif de ces analyses, il ressort que l'urée s'est toujours présentée en quantité notable de 0 gr. 55 à 1 gr. 87, dans ces matières vomies; en outre, que, quand la sécrétion urinaire a été supprimée, la quantité d'urée contenue dans les matières vomies a été graduellement croissante durant ce laps de temps (du 19 sept, au 27, le chiffre s'est élevé de 0 gr. 62 à 1 gr. 08); enfin, que du jour où l'urine rendue par la vessie a atteint un chiffre qu'on peut considérer comme normal, l'urée a diminué dans la sécrétion gastriqne pour disparaître sans doute en même temps que les vomissements. •
Une action morale, — la prescription de pilules dites fulminantes {mica panis] a occasionné un changement brusque dans l'état de Marie L . . . à partir du 27 septembre. Les vomissements se sont arrêtés, la sécrétion urinaire a repris son cours. Enfin, la malade est sortie en assez bon état de l'hôpital dans le courant de novembre. M. Ch. Fernet a fait ressortir, en terminant sa note, les nombreux points de contact qui existent entre la malade de M. Charcot et la sienne.
Nous citerons encore une thèse de M. Secouet : Des vomissements itrémi'qties
chez les femmes hystériques (Paris, avril 1873). On y trouvera une observation qui, toute insuffisante qu'elle soit, à certains égards, paraît devoir être rattachée à l'ischurie hystérique.
— L'observation de la malade qui fait l'objet de la précédente leçon a été publiée in-exienso dans nos Recherches cliniques et thérapeutiques sur Vépilepsie et l'hystérie, p. 151 (B.).