HYSTÉRIE OVARIENNE
.le la pression de La région ovarienne sur la production des l)hénomènes de l'accès hystérique; je vous ferai voir que cette manœuvre détermine, soit seulement les prodromes de l'attaquo hystérique, soit l'attaque complète dans un certain nombre de cas. Il en ressortira pour vous l'exactitude de l'assertion émise naguère par le professeur Scliutzenberger, à propos de ce phénomène, malgré les dénégations opposées par quelques observa- A teurs.
Je vous indiquerai aussi un procédé que j'ai trouvé ou plutôt 1 retrouvé, et qui permet d'arrêter, chez quelques malades, les ; accès hystériques même les plus intenses. Il s'agit de la comipression méthodique de la région ovarienne. M. Briquet nie la t réalité des effets de cette compression. Je ne puis être de son iavis, et ceci me conduit à vous présenter une remarque génétrale concernant le livre de M. Briquet Ce livre est excellent ; (C'est le fruit d'une observation minutieuse, d'un labeur patient, rmais il a peut-être un côté faible : tout ce qui touche à l'ovaire • et à l'utérus y est traité avec une disposition d'esprit singulière i:de la part d'un médecin. C'est une sorte de pruderie, un sentii:mentalisme inexplicable. Il semble qu'à l'égard de ces questions, U'auteur soit toujours dominé par une seule préoccupation. « En woulant tout rapporter à l'ovaire et à l'utérus, dit-il, par œxemple, quelque part, on fait de l'hystérie une maladie de lutbricité, une affection honteuse, propre à rendre les hystériques I des objets de dégoût et de pitié. » En vérité, Messieurs, ce n'est ipas là la question. Pour mon compte, je suis loin de croire que lia liibricité soit toujours en jeu dans l'hystérie, je suis même l'con vaincu du contraire. Je ne suis pas non plus partisan ^exclusif de la doctrine ancienne, qui place le point de départ de 1.1a maladie hystérique tout entière dans les organes génitaux : imais avec Scliutzenberger, je crois qu'il est péremptoirement
' Briquet (P.). — Traité cliniqiie et thérajieutiquc d', Vhystérie. Paris, 1859.
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démontré que, clans une forme spéciale de Thystérie — que j'appellerai, si vous voulez, ovarienne ou ovarique — l'ovaire joue un rôle important. Cinq malades, que je ferai passer tout à l'heure devant vous, sont, si je ne me trompe, des exemples évidents de cette forme de l'hystérie; vous pourrez, en les examinant, vous assurer de la véracité de la description que je vais entreprendre.
Vous connaissez tous lliémianesthésie des hystériques. Il y aurait quelque ingratitude à ne pas savoir en quoi consiste ce symptôme, car il a été révélé par des études toutes françaises. Piorry, Macario, Gendrin, l'ont décrit tour à tour et ont insisté sur ses caractères. Ce n'est que longtemps après eux que Szokalsky l'a fait connaître en Allemagne, et il n'a eu qu'à confirmer, par des observations, d'ailleurs très recommandables, les faits énoncés par nos compatriotes.
Afin de me restreindre, j'envisagerai seulement, — et cela suffira pour le but que je me propose, — Vliémianesthésie complète, telle qu'elle se présente dans les cas intenses. A ce degré même, c'est encore un symptôme fréquent puisque, suivant M. Briquet, il se rencontre 93 fois sur 400. Relativement au siège qu'il occupe, on trouve, toujours d'après cet auteur, 70 cas pour le côté gauche et 20 pour le droit.
Vous savez de quoi il s'agit en pareille circonstance. Les deux moitiés du corps étant supposées séparées par un plan antéropostérieur, tout un côté, — face, cou, tronc, etc., — a perdu la sensibilité et, si très souvent cette perte de la sensibilité porte seulement sur les parties superficielles (tégument externe), elle envahit quelquefois aussi les régions profondes (muscles, os, articulations).
HÊMIANESTHÉSIE HYSTÉRIQUE : ISCHÉMIE 303
L'hémianesthésie hystérique se montre, vous le savez, sous deux aspects principaux : elle est complète ou incomplète. L'analgésie, avec ou sans insensibilité à la chaleur et au froid ou thermo-anesthésie, est, dans l'espèce, une des variétés les plus communes. La netteté avec laquelle les parties anesthésiées sont séparées des parties saines est encore un caractère important de riiémianestliésie hystérique. Sur la tête, la face, le cou, sur le tronc, la délimitation est souvent parfaite et correspond, je le répète, à peu de chose près, à la ligne médiane. Un autre trait qui mérite hien d'être mentionné, c'est la pâleur et le refroidissement relatifs du côté anesthésié. Ces phénomènes, liés à une ischémie plus ou moins permanente, ont été observés maintes fois. Brown-Séquard et Liégeois ' en ont cité des exemples. Cette ischémie peut être caractérisée dans les cas intenses, par la difficulté qu'il y a à tirer du sang des parties anesthésiées à l'aide d'une piqûre d'épingle.
.J'ai noté cette particularité dans le temps. Voici dans quelles circonstances : des sangsues ayant été appliquées sur une malade atteinte d'hémianesthésie hystérique, je remarquai que les piqûres fournissaient très difficilement du sang du côté anesthésié, tandis qu'elles en donnaient comme d'habitude du côté sain. Grisolle qui était, vous le savez, un observateur très sage et très sévère, avait constaté la même chose. Cette ischémie, qui, d'ailleurs, poussée à ce degré est assez rare, peut expliquer certains faits réputés miraculeux. Dans l'épidémie de Saint-Médard, par exemple, les coups d'épée que l'on portait aux convulsionnaires ne produisaient pas, dit-on, d'hémorrhagie. La réalité du fait ne peut être repoussée sans examen ; s'il est exact que beaucoup de ces conmtlsionnaires se soient rendues coupables de jonglerie, on est obligé de reconnaître cependant, après une étude attentive de la question, que la plupart des phé-
' Liégeois. — Mémoires delà Société de Biologie, 3« série, t. I, p. i74.