‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 14 sur 203 · EXPÉRIENCES SUR LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES SUR LES ANIMAUX

A. Il s'agit, clans ces expériences, de rechercher quelles sont les modifications qui surviennent dans les propriétés des muscles et dans leur structure anatomique, après la section ou l'excision des nerfs qui les animent. Les expériences abondent; elles ont été maintes ibis répétées par MM. Longet, Schiff, Brown-Séquard, Vulpian, et il faut ajouter que les résultats qu'elles ont donné paraissent, du moins pour les points essentiels, tout à fait concordants. Nous allons vous rappeler les principaux incidents qui nous paraissent mériter d'être relevés dans

ces expériences.

Le bout périphérique du nerf sectionné ou excisé, du cinquième au huitième jour après l'opération, commence à subir, jusque dans ses ramifications les plus ténues, une série d'altérations qui ont pour conséquence ultime la disparition du cylindre de myéline, tandis que le filament axile paraît, lui, au contraire, persister à peu près indéfiniment*.

Cependant, dès le quatrième jour, c'est-à-dire avant même que les lésions de la dégénération soient appréciables, le nerf a perdu déjà la faculté d'être excité parles divers agents, et en particulier par les agents électriques ^ Sur ce point, tout le monde est parfaitement d'accord.

En ce qui concerne le muscle, il n'offre tout d'abord aucune modification de la contractilitô électrique. L'amoindrissement et, à plus forte raison, l'anéantissement de cette propriété, s'ils se - produisent, ne se manifestant jamais qu'à la longue, très tardivement. C'est là un second point sur lequel il n'y a pas de divergence. Si quelques physiologistes disent avoir vu la con-

1 M Schiir a montré que, dans le cas de dégénération des nerfs consécutive à la iM. oi^iiui a », Wnllor avait avancé les filaments axues per-

section, contrairement a ce que M Y'^"^^!^' ' ""fe veuses de nerfs coupés sistent; il a retrouvé les filaments dans l'=!^^\^:°^^^^°^7ne^nent reconnu, dit depuis cinq mois chez les mammileres. < Nous avons e^aicm ,

tence de ce filament axile au bout de plus ùe six mou. i qu'il persiste au-delà de ce temps. • s Vulpian, loc. cit., p. 233.

CONTMCTILITÉ ÉLECTRIQUE 37

tractilité électrique s'affaiblir ou môme disparaître de six à douze semaines après la section d'un nerf mixte, M. Schiff l'a trouvée, par contre, dans ces mêmes circonstances, parfaitement conservée encore au bout de quatorze mois ^ ; il en est absolument de même lorsque la section porte sur un nerf exclusivement moteur. Déjà M. Longet avait fait voir que, tandis que la motricité des nerfs est, comme on l'a dit, entièrement abolie quatre jours après leur section, l'irritabilité musculaire, lorsqu'il s'agit du nerf facial, persiste dans les muscles correspondants, pendant plus de douze semaines 2. Après l'arrachement ou la section du nerf facial, MM. Brown-Séquard et Martin-Magron ont vu, de leur côté, l'irritabilité des muscles faciaux survivre, chez les cochons d'Inde et chez les lapins, pendant près de deux ans 3. M. Vulpian a été, lui aussi, témoin de faits absolument semblables ^ Vers 1841, dans le laboratoire démon excellent maître, Martin-Magron, alors que je m'essayais dans une direction que ma sensibilité à l'égard des animaux devait me faire abandonner bientôt, j'ai pu constater moi-même, après l'arrachement du facial, la persistance presque indéfinie de la contractilité électrique des muscles correspondants.

Le résultat est si palpable, si frappant, si facile à constater, que la plupart des physiologistes en sont, si je ne me trompe, à : se demander si l'irritabilité musculaire disparaît jamais complètement à la suite de la section ou de l'excision des nerfs ; tout au i plus concèdent-ils qu'en pareil cas il puisse se produire, à la 1 longue, un affaiblissement plus ou moins prononcé de la proi priété contractile des muscles. Presque tous font remarquer que

* Schiff. — Lehrluch der Physiologie des Mensc/icn, 1858-59 p 18 — M Schiff c aurait va deux fois l'excitabilité des muscles persister quatorze mois après la sect tion des nerfs correspondants. Dans un cas, il s'agissait du nerf hypoglosse, dans ' un autre cas du nerf sciatique.

^ Longet. — Anatomic et physiologie du système nervemv, t. I, p. 63, 1842. ' Brown-Séquard. — Bulletins de la Société philomatique, 1847, p 74 et 88 — i JSullctms de la Société de Biologie, t. III, 1851 , p. 101 .

* Vulpian, loc. cit , p. 235.

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