CAIIACTÈRES DE LA CONTRACTURE HYSTÉRIQUE
Je vous ferai remarquer, en passant, qu'en redressant fortement la pointe du pied, on détermine dans le membre inférieur contracturé une irépiclaiion qui persiste quelquefois pendant longtemps, alors que le pied, abandonné à lui-même, a repris son attitude primitive. Vous savez que cette même trépidation se rencontre très-habituellement dans la paralysie avec contracture, liée à une lésion organique spinale, lorsque, par exemple, les cordons latéraux sont sclérosés ; mais je Tai observée également dans nombre de cas où la contracture hystérique s'est terminée tout à coup par la guérison. Vous voyez par là que ce phénomène n'a pas, au point de vue du diagnostic anatomique, une A^aleur absolue'.
1 Dès 1868, dans mes leçons de la Salpêtrière, j'ai appelé l'attention sur le Iremblement particulier qui, chez certains sujets atteints de paralysie ou seulement de parésie des membres inférieurs, se produit dans le pied lorsque, saisissaut avec la main l'extrémité de celui-ci, on le redresse brusquement. (Voir P. Dubois. Etude sur quelques 2mnt s de l'ataxie locoraotrice progressive. Tliè=:e de Paris, 1868.)
La trépidation ainsi provoquée s'arrête, en général, aussitôt qu'on ce^sQ de maintenir le pied dans la flexion dorsale; elle persiste cependant quelquefois un peu après. Limitée au pied dans beaucoup de cas, elle s'étend souvent au membre lout entier et se propage même quelquefois au membre inférieur de l'autre côté Dans le cas où le tremblement dont il s'agit peut être provoqué par la manœuvre indiquée plus haut, il se manifeste fréquemment aussi, soit spontanément du moins en apparence, soit sous l'influence des mouvements que fait le malade pour se dresser dans son lit, pour en descendre et mettre le pied.à terre ou encore pour marcher.
La trépidation provoquée ou spontanée du pied se montre dans les circonslances variées, ou les faisceaux latéraux de la moelle épinière sont devenus, dans une certaine étendue, le siège d'un travail lent de prolifération conjonctive Ces conditions sont, on le voit, les mêmes que celles où, plus tardivement que le tremijlement, se produit la contracture permanente. Ainsi, la trépidation spontanée ou provoquée, soit limitée au pied, soit généralisée, s'observe dans la sclérose symétrique des cordons latérauw, dans la sclérose en plaques toutes les fois que les i-.jyers spinaux occupent les faisceaux latéraux dans une étendue de plusieurs centimètres en longueur; on les observe lorsque la sclérose descendante s'est établie consécutivement à la compression de la moelle déterminée par une tumeur, à la myélite transverse aiguë ou subaiguë, ou encore dans la sclérose latérale consécutive à certaines lésions du cerveau, telles, entre autres, que le ramollissement en foyer ou l'hémorrhagie des corps opto-striés, intéressant la capsule interne. La trépidation en question n'est donc pas l'apanage d'une maladie en particulier, elle se lie à des maladies d'origine très-diverse, mais auxquelles la sclérose latérale est un trait commun. Toutefois, sa présence dans des cas de contracture hystérique, terminée brusquement par la guérison. montre quelle ne saurait être