‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 141 sur 203 · CAMCTÈRES DE LA CONTRACTURE HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

CAMCTÈRES DE LA CONTRACTURE HYSTÉRIQUE

A part la différence que nous avons signalée à propos de l'attitude du membre inférieur, toutes les particularités que nous venons de rappeler pourraient, à la rigueur, s'appliquer à un cas d'hémiplégie organique, résultant d'une lésion profonde de l'encéphale, hémorrhagie ou ramollissement, par exemple.

Un nouveau trait de ressemblance est celui-ci : l'hémiplégie, chez Etch..., a débuté tout à coup, pendant une attaque. La malade, à la suite de cette attaque, est restée sans connaissance durant plusieurs jours.

Après avoir indiqué les analogies, il faut faire ressortir les différences. Elles sont nombreuses, péremptoires et de fait, le plus souvent, rien n'est plus simple, en s'aidant de ces caractères presque toujours présents, que de rapporter la contracture hystérique à sa véritable origine.

1° Remarquez en premier lieu, Messieurs, l'absence de paralysie faciale et de déviation de la langue, lorsque celle-ci est tirée hors de la bouche. Vous savez que ces phénomènes

rattacliée toujours à l'existence d'une lésion matérielle appréciable des faisceaux latéraux. (Dubois, loc. cit. — Cbarcot et Joffroy. Arch. de Physiologie, 1869, p. 632 et suiv. — Cbarcot, Leçons sur les Maladies du Système nerveuœ, 1'" édition, 1872-1873, pp. 218, 307, 319.)

Tout récemment, M. Westpbal et M. Erb ont consacré cbacun a 1 étude de ces symptômes un travail accompagné de vues physiologiques ingénieuses. Suivant ces auteurs, la trépidation provoquée du pied (laquelle est désignée par M. Westpbal sous le nom de Fûsphanomen], serait un phénomène réflexe ayant son point de départ dans les tendons. (Œ. Erb. Sehnenreflexe iei Qesunden und Ici Biichenmarliskranhen. In ArcMv fur Psychiatrie, IV Bd. 3<= heft., p. 792, 1873. — C. Westpbal. JJeber einige Bewegungs-Srscheimungen an gelûhmten Ghedern. — Même recueil, p. 883. — W. Erb. Ueber einen menig dekannien spinalen Symptomencomplex. In Berliner Klin. Woschenschrift. 1875, n» 26.)

Dans quelques cas de paralysie des membres supérieurs, lorsqu'il s'agit par exemple d'une hémiplégie consécutive à une lésion de la capsule interne, et que la contracture permanente n'est pas trop accentuée, on réussit à produire, en redressant vivement les doigts, un tremblement spasmodique de la main en tout semblable à la trépidation provoquée du pied. (J.-M. C).

dô2 CAIIACTÉHES DE LA CO.XTIIACTCRE IIYSTÉUIOUE

existent au contraire toujours à un certain degré dans l'Iiémiplégie, par lésion en foyer du cerveau».

2° Notez ensuite l'existence d'une analgésie et même d'unp anesthésie pour ainsi dire absolue, étendue à toute la moitié du corps, répondant au côté paralysé, occupant par suite la face le tronc, etc. Cette altération de la sensibilité intéresse nonseulement la peau, mais encore les muscles et peut-être les os : elle s'arrête exactement à la ligne médiane.

Cette sorte de généralisation de l'anesthésie à tout un côté du corps, tête, tronc et membres, cette limitation, en quelque sorte géométrique, des parties anesthésiées par un plan vertical qui divise le corps en deux moitiés égales, appartiennent pour ainsi dire en propre à l'iiystérie^ Quoi qu'il en soit, ce symptôme ne s'observe que très-rarement dans r/^^mzp^ze de cause cérébrale, et s'il s'agissait de V hémiplégie spinale, c'està-dire résultant de la lésion d'une moitié uni-latérale de la moelle épinière, l'anesthésie, ainsi que l'a montré M. Brown- Séquard, occuperait le côté du corps opposé à la paralysie motrice.

3° Nous avons à relever encore bien d'autres caractères distinctifs. La malade est intelligente et rien n'autorise à suspecter sa sincérité ; elle peut donc nous renseigner d'une façon véridique sur le mode d'évolution de son affection. Voici, en quelques mots, son histoire.

Il n'y aurait pas eu chez elle, semble-t-il, d'antécédents

• Suivant M. Hasse (ffandb der PathoL, etc., 2 Auflag. Erlangen, 1869) on devrait à M. Althaus d'avoir signalé l'absence de la paralysie faciale et de la déviation de la bouche et de la langue dans riiémiplégie hystérique. Il n'en est nen ; ce caractère se trouve déjà mis en relief dans les Leçons sur le sustème nerveux de R.-B. Todd.

" Voir la Leçon X, sur V Hémianesthésie.

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