CONTRACTURES INCURABLES
après des pèlerinages faits à Saint-Denis, au tombeau où les restes du roi Louis IX venaient d'être déposés. Trois de ces cas surtout sont intéressants pour nous, à cause de la préci.sion des détails. Ils se rapportent à des femmes, jeunes encore, frappées subitement de contracture de l'un des membres inférieurs ou des deux membres du môme côté du corps, lesquels présentaient en outre une anesthésie considérable. Chez ces femmes la guérison était survenue tout d'un coup-, au milieu de circonstances bien propres à émouvoir l'imagination. Vous voyez Messieurs, que les choses ont peu changé depuis la fin dû xiii^ siècle * .
B. Mais si la guérison de ces malades est possible, vraisemblable même, elle n'est pas nécessaire, et il peut se faire que la contracture persiste à titre d'infirmité incurable. Yoilà une assertion qu'il ne me sera pas difficile de justifier. Mais permettez-moi de vous faire remarquer tout d'abord que vous ne trouverez, sur ce sujet, dans la plupart des auteurs, que des assertions vagues, incertaines, vraiment peu satisfaisantes.
a) Je vous présente une femme, âgée maintenant de cinquantecinq ans et qui, il y a dix-huit ans, fut prise à la suite d'une attaque hystérique de la paraplégie avec contracture, dont vous pouvez encore aujourd'hui reconnaître les principaux caractères. La contracture, à l'origine, s'amendait de temps à autre temporairement. Mais depuis plus de seize ans, elle n'a jamais subi la moindre modification ; il s'agit ici d'une véritable rigidité des muscles avec prédominance de l'action des extenseurs et des adducteurs ; même après seize ans d'immobilité des membres
1 Bien peu changé, en effet, car les guérisons prétendues miraculeuses, dont on a voulu faire tant de bruit dans ces derniers temps, ne diffèrent par aucun caractère appréciable des miracles de saint Louis. C'est ce dont on pourra se convaincre par la lecture de l'ouvrage, qu'a récemment publié M. Diday, sous ce titre : Examen médical des miracles de Lourdes. Paris, 1873. (B.)