‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 163 sur 203 · NATURE DE LA MALADIE · texte numérisé non relu

NATURE DE LA MALADIE

Nous pourrions cliercher à préciser encore plus les termes et montrer que les mouvements pathologiques que nous étudions doivent être rattachés à la variété des chorées dites malléatoires ; à proprement parler, « malléatoire » signifie que les gesticulations sont comparables aux mouvements cadencés que décrit le bras du forgeron qui frappe sur l'enclume. [Malleator : forgeron. - Malleus : marteau). Mais l'action de frapper sur l'enclume n'est pas la seule qui puisse être imitée dans ce genre de chorée. Si l'on persiste à chercher des termes de comparaison dans l'exercice de certains actes physiologiques ou professionnels, on pourrait, envisageant sur tout les mouvements du bras et de la jambe droite, dire que chez G... la chorée est natatoire; on l'appellerait plus volontiers saliatoire si l'on considérait, au contraire, plus particulièrement ce qui se passe lorsque la malade, debout, essaie de faire quelques pas et exécute, chemm faisant, une sorte de danse.

Mais peu importe au fond les nuances ; il suffira pour caractériser la situation de relever que, d'une façon générale, les mouvements involontaires dont il s'agit reproduisent, tant bien que mal, des actes voulus, intentionnels.

Après avoir reconnu le cas qui nous occupe, pour un exemple bien caractérisé de chorée rythmique, il nous faut montrer maintenant que la qualification d'hystérique lui est, en outre, légitimement applicable, ou, en d'autres termes, que l'affection choréiforme est là, au premier chef, sous la dépendance de la maladie antérieure, Vhystérîe, dont ehe représente une des manifestations multiples et variées.

Etablir chez notre malade l'existence du fond hystérique sera, je pense, une tâche facile ; les preuves à l'appui de notre assertion vont abonder.

L'étude des antécédents nous apprend que, chez G..., l'hystérie convulsive a commencé à se manifester dès l'âge de 13 ans.

394 SYMPTOMES PERMAJsTNXS HYSTÉRIQUES

Nous ayons vui cette jeune fille présenter journellement dans cet hospice, pendant une période de près de deux années, de 15 à,17 ans:environ, et de la. façon la plus accentuée, les symptômes locaux permanents de la forme d'hystérie que nous avons proposé d'appeler ovarienne, alors que la menstruation n'avait pas encore.paru. L'apparition- des règles, qui, a eu lieu il y a 2, ans, n?a,modiâé en. rien d'essentiel le tableau clinique. Les paroxysmes convulsifs.et les phénomènes locaux ont persisté comme devant et je vais, dans un instant, vous en faire constater l'existence actuelle. Je pourrais vous citer plusieurs autres cas d'hystérie ovarienne développée plusieurs années avant la menstruation, et, d'un autre côté, je vous présenterai prochainement deux femmes du service, chez lesquelles les crises convulsives hystéro-épileptiques ainsi que le cortège, à peu près obligatoire en pareille circonstance, des symptômes d'hystérie locale, ont persisté, sans autre modification qu'une. atténuation légère, pendant plusieurs années, après l'accomplissement de la ménopause. Ces; faits du dqmaine pathologique concordent,^ je le ferai remarquer en passant, — avec- le.s faits d'ordre physiologique, nombreux aujourd'hui, qui, tendent, à é.tablir que l'activité de l'ovaire est de beaucoup antérieure à la fonction menstruelle et lui survit ' .

Voici maintenant l'énumération des principaux symptômes d'hystérie locale dont la présence peut être actuellement reconnuBiChez notre malade. Il existe :Une ovaralgie ou ovarie droite, très nettement prononcée, fixe, toujours présente à un certain degré ; la douleur iliaque, par laquelle elle se manifeste^ s'exalte spontanément à l'approche des crises. Efl.tout temps, on l'exaspère par la pression. G'est au niveau, de ce point douioui'eux que la sensation d'aura prémonitoire des attaques semble prendre origine pour remonter vers l'épigastre, la région précordiale, le

' Voir entre autres, sur ce sujet, De Sine'ty : Arck. de physiologie, 1875, p. 301, et Uarkor: Pkiladdph. Med. Times. 1874, et J.ahresherickt, 1874, p. 278.

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