NATURE DE LA MALADIE
dite « mazurka ». Telle est, du moins, l'opinion émise par quelques personnes compétentes en pareille matière.
Vous en avez vu assez, Messieurs, je pense, pour être amenés à reconnaître que l'affection que vous avez sous les yeux peut être appelée une chorée, si, toutefois, nous prenons le mot dans son acception la plus large, en tant, par exemple, qu'il sert à désigner les affections de nature diverse où il existe des gesticulations, des mouvements involontaires à grand rayon, mouvements permanents, incessants, persistants sans repos ni trêve, à part cependant le temps où survient le sommeil. Car il ne s'agit pas ici, cela devient évident dès le premier coup d'œil, do la chorée vulgaire [cfiorea mmor, chorée de Sydenham), telle que vous pouvez l'observer chez une autre malade, Alten..., que j'ai fait placer auprès de la première, afin de mieux accuser le contraste. Chez Alten..., les mouvements involontaires se rapportent au type classique et consistent, par conséquent, en des gesticulations non rythmées, vraiment désordonnées, irrégulières, à peu près indescriptibles ou échappant du moins à toute formule un peu précise. Chez la jeune G..., au contraire, la chorée — qui dans le cas particulier est une hémichorée, puisque les mouvements, pour les membres du moms, sont limités à un côté du corps — la chorée, dis-je, est du genre de celles que mon collègue, M. le professeur Sée, dans un travail très important et que vous connaissez tous, a proposé de désigner sous le nom de sijsté^naiiques ou rythmiques ' . Ces qualifications, remarquez-le bien, s'appliquent parfaitement à notre cas ; chez notre malade, en effet, la chorée peut être dite rythmique, puisque les mouvements pathologiques affectent un rythme très régulier. Elle peut être dite aussi systématique, puisque ces mouvements à chaque temps du rythme se reproduisent d'après un type constant, uniforme.
* Sic. — Mémoires df V Académie de mtfdecine, tStiO, t. XIV.