CARACTÈRES DES ATTAQUES
Nous avons observé, en effet, deux cas d'hémianesthésie cérébrale complète, et de date ancienne, liés à une lésion organique, où les applications ont eu, comme dans l'hystérie, pour résultat de provoquer le retour de la sensibilité normale. Mais, tandis que, dans ces deux cas, les résultats obtenus ont été définitifs, permanents, à ce point qu'ils subsistent depuis plus d'un an, ils ont toujours été transitoires dans les faits d'hémianesthésie hystérique que nous avons observés » . Dans les cas du dernier genre une 1/2 heure, 2 heures, 24 heures au plus, après que les plaques ont été enlevées, l'anesthésie s'est reproduite telle qu'elle était avant l'application. Cette mobiUté même, ce caractère transitoire des phénomènes est, peut-être, justement, un trait qui distingue l'hémianesthésie hystérique de l'hémianesthésie cérébrale de cause organique.
Pour ce qui est relatif aux crises convulsives je me bornerai à dire qu'à cet égard encore, G... peut être considérée comme un véritable sujet d'étude. Chez elle, en effet, les diverses phases qui, d'après la description que je vous ai présentée, composent un accès hystéro-épileptique dans son type de complet développement, se succèdent avec une régularité remarquable : 1° Phase des convulsions épilepiiformes généralisées, terminée par une courte période de stertor ; 2° Phase clonique par excellence ou des grands mouvements du corps, des contorsions ; 3° Phase des attitudes passionnelles ou, si vous l'aimez mieux, des poses plastiques. La période du délire consécutif à la crise si prononcée chez quelques sujets est, au contraire, dans ce cas, à peine esquissée. Telle est la série des phénomènes qui, constamment, dans toutes les attaques, et dans les attaques subintrantes dont l'enchaînement constitue un état de mal, se reproduisent chez G... toujours suivant le même mode et dans
• Voir l'observalion : Progrès médical, 1877, p. 381,
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le même ordre. J'ajouterai enfin, — c'est là un caractère, à mon sens, de. premier ordre, — que la compression métliodique de l-i région ovarienne droirte, pourvu, bien entendu, qu'elle soit conduite conformément aux règles fait cesser chez elle, immédic; tement, les phénomènes de ^attaque quels qu'ils soient et quell que soit la période durant laquelle la manœuvre est pratiquée.
J'en ai dit assez, je l'espère, pour vous faire reconnaître que notre malade, ainsi que je l'avais annoncé, présente tous les caractères de l'hystérie ovarique sous la forme la plus réguUère, la plus classique. Je vais essaj^er de vous montrer maintenant que la chorée rythmique, dont elle est aujourd'hui tourmentée, ne représente pas .une complication fortuite, un épisode étranger à l'histoire de la grande névrose, mais qu'elle se rattache, au contraire, à la diathèse hystérique, par des liens très étroits, comme une affection subordonnée, au même titre que les paralysies, les contractures, les crises convulsives elles-mêmes.
Je ferai remarquer, en premier lieu, que notre chorée a commencé à se manifester il.y a dixjours, aussitôt après la cessation d'une attaque, c'est-à-dire dans les circonstances où se développent fréquemment les divers phénomènes d'ordre moteur, paralysies, contractures des membres appartenant à la série hystérique ordinaire. Je relèverai encore que la crise à la suite de laquelle la chorée s'est produite s'était fait remarquer par sa courte durée et une atténuation relative de tous les sj^mp tomes ; qu'elle n'avait pas été suivie de ce sentiment de détente qu'accusent généralement les malades de ce genre, lorsque l'accès est vraiment terminé ; de telle sorte, qu'à ce point de vue, l'agitation choréiforme pouvait être considérée comme la continuation, la prolongation, sous une forme nouvelle, de l'attaque hystérique avortée. Mais voici un argument plus péremptoire. Ainsi que nous nous en sommes assurés ces jours-ci,, par des expé-
* Leçons sur les maladies du système nerveux^ t. I, p. 320.