INFLUENCE DE LA VOLONTÉ
parmi les circonstances propres à caractériser l'affection, en outre des symptômes hystériques antécédents ou concomitants, la forme même des accidents, à savoir, surtout, l'iiarmonie, la régularité des mouvements choréiformes ; il parait attacher une certaine importance diagnostique à ce fait que ses malades parvenaient, par un eifort de leur volonté, à atténuer ou môme à suspendre momentanément ces mouvements. On ne saurait voir là. Messieurs, un caractère univoque. Vous remarquerez, en effet, que chez G... quels que soient les efforts de volonté auxquels elle se livre à notre sollicitation, l'agitation rythmée des membres et du tronc persistent tels quels. M. Briquet, dans le chapitre de son traité', qu'il consacre aux convulsions survenant chez les hystériques hors le temps des attaques, relate, lui aussi, quelques observations intéressantes de choi'ée rythmique. Le cas de Mlle de La B., en particulier, montre que cette affection peut, quelquefois, persister, comme le fait trop souvent la contracture hystérique, pendant plusieurs années. Je citerai encore une observation de M. Murchison, rapportée par M. C. Handfîeld Jones dans ses Studies on funclionnal nervous disorders''-. Dans ce cas, comme, dans le nôtre, les mouvements choréiques se montraient limités à un côté du corps ; ils étaient interrompus de temps à autre par des accès, dans lesquels les parties tout à l'heure agitées étaient momentanément prises de rigidité. La malade pouvait, ainsi que cela avait lieu dans les observations de Trousseau, les modérer ou les arrêter par un effort de volonté. Il me parait inutile de multiplier ces exemples.
Avant de terminer, il est encore un point sur lequel je dois insister. Je ne saurais dire, quant à présent, si toutes les chorées rythmiques sont, ipso facto, hystériques. Mais très cer-
' Briquet. — Traité d'hystérie, p. 420- ' London, 1870, p. 367.
.101 CIIORÉE VULGAIRE
tainement toutes les chorées relevant de Vhyslérie ne sont pas pour cela nécessairement rythmiques. A l'appui de mon assertion, il me suffira de vous présenter une autre malade, la nommée Vend..., chez laquelle, vous le constatez, l'agitation chronique rentre évidemment, quant à la forme des mouvements pathologiques, dans la description de la chorée vulgaire. Assise, il n'y a pas de repos pour elle ; la tête, le tronc, les membres des deux côtés, sont sans cesse agités par des mouvements contradictoires. Debout, elle ne peut se soutenir sans aide ; les genoux se fléchissent, puis se redressent à chaque instant ; si elle marche, elle est à tout moment menacée de tomber. Les mouvements en question sont irréguliers, désordonnés au premier chef; vous n'y pouvez néanmoins reconnaître ni rythme ni cadence, rien non plus qui rappelle un acte intentionnel. Chez Ve..., cependant, les caractères de l'hystérie ne sont pas moins prononcés que chez G... Outre les attaques qui se présentent ici avec les trois grandes phases caractéristiques de l'hystéro-épilépsie, je relèverai l'existence permanente d'une anesthésie générale, avec aniyosthénie, surtout prononcée du côté droit, et d'une ovaralgie double également, mais, ainsi que vous pouviez le pressentir, surtout prononcée à droite. V... est un hystérique à sensibilité zinc. J'ajouterai enfin, et c'est là un trait dont l'importance ne peut vous échapper, que, chez elle, comme chez G..., la compression méthodique de la région ovarienne qui, dans le cas particulier, doit être pratiquée simultanément des deux côtés, a pour effet de suspendre momentanc»ment les mouvements choréiques, tout comme elle arrête les attaques ' .
J'ai trop longtemps peut-être retenu votre attention sur un cas, dont vous ne rencontrerez sans doute le pendant que bien
« Voir son observation complète dans VIconogy. phoiogr. de la Salpêirière, t. II, p. 93-n2.