‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 179 sur 203 · DANSE DE SAINT-GUY · texte numérisé non relu

DANSE DE SAINT-GUY

YIIT.

Représentation d'après nature de la danse de Saint- Guy [Chorea Germanorum)^ par P. Breughel. — Esquisse de Rubens.

Dans une de ses dernières conférences à la Salpêtrière, M. Charcot a fait passer sous les yeux de ses auditeurs la copie d'un dessin du xvi« siècle, lequel, évidemment pris sur nature, représente un épisode d'une de ces processio7is dansantes {Springprocessionen), qui, à cette époque, avaient lieu chaque ajinée à Echternach, petite ville située entre Trêves et Luxembourg, autour de la tombe de Saint- Willibrod. On sait que ces processions ont été à juste titre considérées comme une émanation et un des derniers vestiges de la fameuse danse de Saint- Guy [Chorea Germanorum) qui, à plusieurs reprises, a régné sous forme pandémique, dans les provinces du Rliin, pendant le cours des xiv^ et xv^ siècles ' .

Le dessin en question (i^i^7. 5^) nous fait pour ainsi dire assister à une Danse de Saint-Guy - , en quelque sorte atténuée; mais il est facile à première vue, d'y reconnaître que l'hystérie et l'hystéro-épilepsie jouaient là, comme elles l'ont fait très certainement dans les épidémies proprement dites, un rôle prédo-

1 Voir à ce sujet : J.-F.-C. Hecker. Die grossen Yolkhranhheiten des Miuelalters. Berlin, 1865, p. 143. — H. Haese.. Geschichte der jEpidemiscJien Kranlilieiten. léna, 1865, p. 171. — "Wicke. Venuch einer Monographie des grossen Veitstanzes ira Mittelaltcr. Leipzig, 1844. — Voir aussi : Ziemssen. Handbuch, 12° bd., 2 hœlfte, art. Chorea, p. 393.

* Nous rappellerons que la Danse de Saint-Guy, St-Veits Tanz, s'appelle encore St-Modesti Tanz, Saltus Viti, St-Johannistanz, Choreomania, Orchestromania, JSpilcpsia saltatoria, Corhea Magna, seu Germanorum. Elle est, comme on sait absolument et foncièrement distincte de la maladie qu'on appelle aujourd'hui la chor(e [chorea minor, charge de Sydenham, change vulgaire.)

IfjU AITENDICE

minant ; c'est un simple croquis, mais c'est, on le voit, un croquis fort instructif pour le médecin. Il est de la main de ce P. Breugliel ' , qu'on a quelquefois surnommé le peintre des

Fig. 53.

paysans, parce qu'il s'attachait surtout à représenter les scènes populaires ou encore Wleiisen Breugliel, Breugliel le drôle.

• Né vers 1530, mort dans les premières années du xyii"" siècle.

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