TBAUMATISME ET PARALYSIE AGITANTE
est faite dans les conditions ordinaires et sans avoir été marquée par aucun incident particulier.
On connaît, du reste, les difficultés qu'offre très habituellement le diagnostic de l'hystérie locale en général, surtout lorsqu'elle se présente à l'état d'isolement. Ces difficultés ne seront pas atténuées, tant s'en faut, par ce fait que les accidents reconnaîtront pour origine une influence traumatique. Elles auront d'autant plus de portée que le diagnostic erroné auquel on se sera arrêté (arthrite, coxalgie, névrite, etc.) conduira à une intervention active, presque toujours intempestive et nuisible. L'observation démontre, en effet, que, dans l'espèce, les applications de vésicatoires ou de cautères, la galvanisation et la faradisation, l'immobilisation prolongée, les tentatives de réduction de tout genre, les sections de nerfs et de tendons exaspèrent presque toujours le mal et sont quelquefois suivis des plus fâcheux effets. En somme, c'est à peu près exclusivement la considération de l'état général qui doit ici inspirer la thérapeutique et, en ce qui concerne les phénomènes locaux, l'attitude expectante dans l'état actuel des choses est de beaucoup la plus sûre. C'est peut-être le lieu de rappeler les paroles par lesqu"elles Brodie inaugure, dans le livre cité plus haut (p. 77), son exposé du traitement chirurgical des affections locales hystériques. « Les conseils que j'aurai à vous donner à ce sujet », dit-il, « seront le plus souvent d'ordre négatif. Il ne s'agit pas tant, en effet, de ce que vous devez entreprendre que de ce dont vous devez savoir vous abstenir. «
n. Ce n'est pas dans l'hystérie seulement que la localisation des accidents pathologiques peut être déterminée par l'action d'une cause mécanique. Le même fait peut se produire dans d'autres maladies qui , comme l'hystérie , appartiennent au groupe provisoire des névroses. C'est le cas, par exemple, pour la paralysie agitante ou maladie de Parkinson.
M. Charcot a rapporté dans le temps l'histoire d'une dame qui, en tombant d'une voiture, avait eu la cuisse gauche violemment contusionnée ; au bout de quelque temps, il survint dans le membre blessé une douleur vive, occupant le trajet du nerf sciatique, et peu après un tremblement se déclara dans toute l'étendue de ce membre. D'abord passager, ce tremble-
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ment devint plus tard permanent, et s'étendit enfin aux autres membres. {Leçons sur les vnaladies du système nerteux, t. I, p. 185.)
Les principales particularités du cas qui précède se sont reproduites, à quelques modifications près, chez deux malades que M. Cliarcot a présentés à ses auditeurs.
En 1873, une nommée Fauc..., âgée de 53 ans, se fit une entorse du pied gauche, avec gonflement, ecchymoses, etc. Peu de temps après, l'enflure et la gêne de la marche persistant encore, elle s'aperçut que son pied tremblait. Le tremblement resta localisé au membre inférieur gauche jusqu'en 1876, époque où la main du côté correspondant fut prise à son tour. Aujourd'hui, le tremblement est très prononcé dans les membres du côté gauche, mais il commence à se prononcer dans ceux du côté droit. F... présente d'ailleurs tous les autres symptômes qui caractérisent la maladie de Parkinson : immobilité des traits, roideur du cou, fixité du regard, inclinaison du tronc en avant, tendance à la propulsion et à la rétropulsion.
T..., âgée de 72 ans, présente depuis 4 ans environ, les symptômes classiques de la paralysie agitante limitée au côté droit du corps. Contrairement à la règle, elle offre un tremblement très prononcé de la langue et surtout de la mâchoire inférieure. Ce tremblemement a commencé à se produire en septembre dernier, dans les circonstances suivantes : le 2 septembre en bâillant, T... se luxa la mâchoire inférieure ; la réduction put être faite aussitôt, sans difficulté. C'est à partir de cette époque que la mâchoire s'est mise à trembler et en même temps la salive commença à s'écouler involontairement de la bouche.
Ces observations n'ont pas besoin de commentaires. (B.)
[Progrès médical, 1878, n<> 18.)