‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 29 sur 203 · IRRITATION DES FAISCEAUX RADICULAIRES · texte numérisé non relu

IRRITATION DES FAISCEAUX RADICULAIRES

Vous voyez par ce qui précède que l'existence de ces éruptions cutanées paraît intimement liée à celle des douleurs fulgurantes, et il devient ainsi au moins très vraisemblable qu'une même cause organique préside au développement de celles-ci et de celles-là.

Quelle est donc la raison de la présence des douleurs fulgurantes parmi les symptômes de la sclérose des cordons postérieurs ? Je ne veux pas entrer aujourd'hui dans de longs développements à propos de cette question que nous retrouverons par la suite; il me suffira, pour le moment, de vous dire, que suivant toutes les probabilités, ces douleurs dépendent de l'irritation que subissent, dans leur trajet intra-spinal, ceux des tubes nerveux émanant des racines postérieures, qui, sous le nom de faisceaux radiculaires internes {masses fibreuses internes des racines postérieures) dans la nomenclature de Kolliker*, traversent dans une certaine étendue l'aire des cordons postérieurs, avant de pénétrer dans les cornes postérieures de la substance grise.

Il ne paraît guère possible de rattacher la production des d t douleurs fulgurantes à l'une quelconque des lésions suivantes: ^' ' 1° atrophie des racines postérieures avant leur entrée dans la moelle épinière ; 2° méningite spinale postérieure ; 3° sclérose des cornes postérieures de la substance grise ; 4° lésions irritatives des ganglions spinaux ou des nerfs périphériques ; car ces douleurs ont été rencontrées dans un certain nombre de cas d'ataxie où l'on a pu s'assurer, après la mort, de l'absence de toute lésion du genre de celles qui viennent d'être énumérées.

A l'appui de cette proposition, permettez-moi, Messieurs, de ' vous rappeler les résultats de l'autopsie que nous avons faite, M. Bouchard et moi, d'une femme morte, dans cet hospice, âiipendant le cours de la première période de l'ataxie locomotrice

' KôUiker. — Histologie humaine, première partie, p. 34S, 346.

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progressive'. Chez cette femme, les douleurs paroxystiques spéciales avaient existé, à un haut degré, pendant près de (luinze ans, à l'époque de la terminaison fatale causée par une maladie accidentelle. Jamais il ne s'était présenté aucun signe d'incoordination motrice. La malade marchait sans embarras, sans mouvement de projection des jambes, sans frapper le sol (lu talon, sans que l'occlusion des paupières modifiât son assurance. A l'autopsie, on constata que les racines postérieures avaient conservé les caractères de l'état normal, et à part quelques traces assez équivoques de méningite, les seules lésions appréciables qui furent rencontrées occupaient les cordons postérieurs et consistaient en une multiplication des noyaux de la névroglie avec épaississement des mailles du réticulum, mais sans altération concomitante des tubes nerveux. Pour compléter la démonstration, je pourrais citer plusieui's faits du même genre dans lesquels les douleurs fulgurantes avaient été également très intenses, et où, lors de l'autopsie, je n'ai pu reconnaître l'existence d'altérations quelconques, soit dans les cornes grises postérieures, soit dans les nerfs périphériques, soit enfin sur les méninges spinales.

D'après cela, ce serait dans l'altération irritative des faisceaux postérieurs de la moelle épinière qu'il faudrait chercher le point de départ des douleurs fulgurantes des ataxiques. Mais, il est peu vraisemblable que toutes les parties de ces faisceaux puissent à cet égard être mises en cause indistinctement; tout porte à croire, au contraire, que les fibres sensitives, issues des racines postérieures qui composent, pour une part, les faisceaux radiculaîres internes, doivent être seules incriminées. Ces fibres participeraient, de temps à autre, d'une façon périodique, à l'irritation dont les cordons eux-mêmes sont le siège perma-

1 Douleurs fulgurantes de Vataxie, sans incoordination des mouvements, sdirost commençante des cordons postérieurs de la moelle épinière. lu Comptes rendus des séances et mémoires de la Société de biologie, année 1866.

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