AFFECTIONS CONSÉCUTIVES AU DÉCUBITUS AIGU
cette dernière variété, des tlirombus imprégnés de Ticlior gangréneux sont transportés à distance et donnent lieu à des métastases gangréneuses qui s'observent principalement dans les poumons. C'est un point sur lequel nous avons insisté, M. Bail et moi, dans un travail publié en 1860 Mais bien avant nous et bien avant même que la théorie de l'embolie n'eût été germanisée, M. Foville - avait émis l'opinion qu'un nombre assez considérable de gangrènes pulmonaires, observées chez les aliénés et dans diverses affections des centres nerveux, sont causées par le « transport dans le poumon, d'une partie du fluide qui baigne les eschares au siège ».
Le travail de mortification tend à gagner de proche en proche et à envahir les tissus profonds. Le délabrement qui en résulte est quelquefois porté au plus haut point : ainsi les bourses séreuses trochantériennes peuvent être ouvertes, le trochanter dépouillé de son périoste, les muscles, les troncs nerveux, les branches artérielles d'un certain calibre mises à nu. Mais les accidents les plus redoutables sont ceux surtout que déterminent la dénudation, les pertes de substance du sacrum et du coccyx, la destruction du ligament sacro-coccygien et l'ouverture consécutive du canal sacré ou de la cavité arachnoïdienne. En conséquence de ces désordres, le pus et l'ichor gangréneux peuvent venir infiltrer le tissu cellulo-graisseux qui enveloppe la duremère, ou même, si cette dernière membrane est détruite en un point, pénétrer jusque dans la cavité de l'arachnoïde ^.
De graves complications cérébro-spinales surviennent habituellement, dans cet état de choses : elles peuvent être rame-
' De la coïncidence des gangrènes viscérales et des affections gangréneuses extérieures, va Union médicale, 26 et 28 janvier 1860. * Dict. de méd. et de chir. prat., t. I»"", p. 55ô.
3 B. Brodie, loc. cit.. p. lf'.3. — Velpeau. — Anatom. chirurgicale. — OUivier (d'Angers). — Traité des maladies de la moelle épinière, t. I", p. 314, 324, 3« édit. 1837. — Moynier. — De l'eschare au sacrum et des accidents qui peuvent en résulter [Moniteur des sciences médicales et pharmaceutiques. Paris, 1859.) — Lisfranc, Archives générales de médecine, 4« année, t. XIV, p. 291.