‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 41 sur 203 · DÉCUBITUS DANS LES LÉSIONS DU CERVEAU · texte numérisé non relu

DÉCUBITUS DANS LES LÉSIONS DU CERVEAU

Le lendemain ou le surlendemain l'éruption huileuse, puis la tache eccliymotique, apparaissent sur la partie centrale de la plaque érytliémateuse, c'est-à-dire à 4 ou 5 centimètres environ en dehors du sillon interfessier, et à 3 ou 4 centimètres audessous d'une ligne fictive qui partirait de l'extrémité supérieure de ce sillon en suivant un trajet perpendiculaire à sa direction. Enfin, la mortification du derme se produit sur ce môme point, et elle s'étend rapidement en largeur, si les jours du malade se prolongent ; mais il est assez rare, en somme, que le décubitus aigu des apoplectiques parvienne jusqu'à l'eschare confirmée.

Il est peu commun également de voir, en outre de l'éruption l'essière, des bulles ou des vésicules se développer au talon, à la face interne du genou et, en un mot, sur les divers points du

diaphragme paraît, lui aussi, être de temps en temps le siège de contractions analogues. La respiration, par moments irrégulière, est calme, sans stertor. Il n'y a pas de déviation de la tête ou des yeux. Les commissures labiales ne sont point déviées ; la sensibilité paraît très émoussée sur tous les points du corps. Pas de vomissements. Pouls très fréquent, 140? — Le 4 décembre (5= jour), même état que la veille ; seulement la somnolence est plus profonde qu'hier : c'est à peine si Pon obtient quelques contractions des muscles de la face en pinçant fortement divers points de la peau. Selles et urines involontaires. Peau chaude, couverte de sueur; température axillaire, 41°. Un commencement d'eschare s est présenté sur la fesse dic côté droit [côté paralysé); rien de semblable n'existe à gauche. Sur la cuisse droite, à la face interne, un peu au-dessous du genou., dans un point oû le genou, gauche., fléchi, paraît avoir, pendant la nuit, exercé une pression im peu prolongée, on observe une bulle du volume d'une amande, remplie de liquide citrin, et entourée d'une aréole érythémateusc peu étendue. Le genou gauche, dans le point où la pression a dû s'exercer, ne présente, lui, aucune trace d'érythôme ou de soulèvement épidermique. — Le malade succomba le 5.

Autopsie. — Les deux hémisphères cérébraux, à leur partie moyenne et supérieure dans les points qui correspondent aux extrémités internes des circonvolutions marginales antérieure et postérieure, sont transformés en une bouillie tantôt rougeâtre, et où l'on trouve çà et là de petits caillots disséminés, tantôt bleuâtres (coloration ardoisée.) On reconnaît sur une coupe transversale que le ramollissement pénètre dans le centre ovale de Vieussens, jusqu'au voisinage des ventricules latéraux, qu'il n'atteint pas toutefois même à gauche oîi le foyer d'encéphalite est de beaucoup plus étendu qu'à droite dans toutes les directions. — Les couches optiques et les corps striés sont parfaitement indemnes. Au voisinage des parties ramollies du cerveau, la dure-mère est recouverte d'une néo-membrane fibrineuse et purulente par places. — Le crâne est fracturé en plusieurs points, au voisinage des orifices qui ont donné passage au projectile.

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