DÊCUBITUS DANS LES LÉSIONS DU CERVEAU
membre inférieur paralysé çiui peuvent être soumis à une légère pression.
Je ne dois pas omettre de vous faire remarquer, chemin faisant, que, d'après mes observations, cette affection d'e la peau ne se montre que fort exceptionnellement dans les cas qui doivent ; se terminer d'une manière favorable ; son apparition constitue, i par conséquent, un signe du plus fâcheux augure ; c'est, on peut 1 le dire, le decubUus ominosus par excellence. Ce signe, je le 1 répète, ne trompe guère, et comme il est possible d'en constater 1 l'existence dès les premiers jours, il acquiert par là, on le com- \ prend, une grande valeur dans les cas douteux. L'abaissement t très marqué de la température centrale au-dessous du taux 1 normal, constaté au début de l'attaque, à l'aide de l'exploration ; thermométrique, est, à ma connaissance, le seul signe qui, dans i. les cas d'hémiplégie à invasion brusque, puisse, au point de vue ■1 du pronostic, rivaliser avec le précédent.
Les circonstances dans lesquelles se développe le décubitus a aigu des apoplectiques ne permet évidemment pas de faire inter- V venir, comme élément unique, l'influence de la pression exercée ^ sur les parties où il se manifeste. La pression, en effet, est égale l' pour les deux fesses, et l'éruption, nous l'avons vu, se produit l' exclusivement, ou du moins prédomine toujours sur la fesse du •côté paralysé. Maintes fois, j'ai eu soin de faire reposer les ma- :lades sur le côté non paralysé, pendant la plus grande partie du Kjour, et cette précaution n'a d'aucune façon modifié la production de l'eschare. D'ailleurs, quelle peut être, en pareil cas, l'influence d'une pression qui ne s'exerce que depuis deux ou itrois jours ? On ne saurait, non plus, invoquer le contact irric-tant des urines. Dans plusieurs cas, j'ai fait recueillir ce liquide iheure par heure, nuit et jour, à l'aide de la sonde, pendant tout ■le temps de la maladie, de manière à éviter, autant que possible, l'irritation de la peau du siège, et malgré tout, l'eschare s'est produite, suivant les règles indiquées.
g.l DÉCUBITUS AIGU DE CAUSE SPINALE
Quelle peut être la cause organique de cette singulière lésion tropliique ? J'ai cru pendant longtemps que cette lésion devait être considérée comme un des efiets de l'iiypérémie neuro-paralytique, laquelle se révèle toujours, vous le savez, d'une façon plus ou moins accusée, sur les membres frappés d'hémiplégie de cause cérébrale, par une élévation relative de la température. Mais cette hypothèse est, ainsi que nous le verrons, passible d'une foule d'objections. Les faits qui seront exposés plus loin rendent plus vraisemblable qu'il faut invoquer ici l'irritation de certaines régions de l'encéphale, qui auraient, dans l'état normal, une action plus ou moins directe sur la nutrition de divers points du tégument externe.
B. Du décuUtus aigu de cause spinale. Lorsque le décubitus aigu se produit sous l'influence d'une lésion delà moelle épinière, il se manifeste dans la très grande majorité des cas, à la région sacrée — par conséquent au-dessus et en dedans du siège de prédilection des eschares de cause cérébrale : là, il occupe la ligne médiane et s'étend aux parties voisines, symétriquement, de chaque côté. [Fig. 4). Il peut se faire toutefois qu'un seul côté soit affecté, dans le cas, par exemple, où une moitié latérale de la moelle est seule intéressée, et alors c'est fréquemment sur le côté du corps opposé à la lésion spinale que siège la lésion cutanée.
L'influence des attitudes joue ici un rôle important. Ainsi, il est habituel, lorsque les malades sont, pendant une partie du jour, placés de façon à reposer sur le côté, de voir, en outre df l'eschare sacrée, ,de vastes ulcérations nécrosiques se développer aux régions trochantériennes. n est assez commun d'ailleurs — - contrairement à ce qui s'observe dans les cas de lésions cérébrales — que les divers points des membres paralysés qui sont exposés à subir une pression même très légère et de court, durée, — les malléoles, par exemple, les talons, la face interne