IRRITATION DU SYSTÈME NERVEUX
Je pourrais m'étendre longuement sur ces troubles tropliiques liés à l'inflammation traumatique de la moelle épinière chez les animaux, mais il sera plus opportun d'y revenir à propos de l'étude que nous avons à faire de la myélite développée spontanément chez l'homme.
Je ne veux d'ailleurs pas prolonger outre mesure cette incursion dans le champ de la physiologie expérimentale ; pour le moment, si je ne me trompe, un premier résultat nous est acquis déjà : les faits que nous venons d'invoquer suffisent, en effet, croyons-nous, à établir que le défaut d'action du système nerveux n'a pas d'influence directe, immédiate, sur la nutrition des parties périphériques ; d'un autre côté, ils rendent au moins fort vraisemblable que Vexcitation morMde, Virritation des nerfs ou des centres nerveux sont, au contraire, de nature, sous de certaines conditions, à provoquer à distance les troubles trophiques les plus variés.
Par quelle voie, par quel mécanisme cette irritation du système nerveux vient-elle retentir sur les parties périphériques et y déterminer ces lésions trophiques dont nous avons relaté quelques exemples ? Celles-ci sont-elles dues à une irritation ou à la paralysie des nerfs vaso-moteurs ? Ou bien dépendent-elles d'une irritation de ces nerfs hypothétiques, que l'anatomie ne connaît pas encore, et que l'on désigne quelquefois sous le nom de nerfs tropliiques? Ce sont là des questions que nous devrons aborder par la suite ; actuellement, nous voulons rentrer dans le domaine de la pathologie de l'homme et j'espère vous faire reconnaître que le principe, mis en évidence, déjà, par la pathologie expérimentale, trouve ici son application d'une façon plus
1850, p. 134), ont été rencontrées par M. Vulpian, chez la grenouille, à la suite de la section de la moitié correspondante de la moelle, près du bulbe rachidien. (Communication orale.) Elles ne se développent pas chez tous les animaux opérés de cette façon, et il est au moins fort vraisemblable qu'elles se produisent seulement dans le cas où, consécutivement à la section, un travail inflammatoire s'est développé dans le segment supérieur de la moelle épinière.
évidente encore. Ce principe sera notre fil conducteur et il nous amènera à comprendre, je l'espère, pourquoi des lésions, au premier abord semblables et portant sur les mêmes points des systèmes nerveux central ou périphérique, produisent, dans les cas pathologiques, des effets si opposés, en apparence même si contradictoires.
Les troubles trophiques que nous nous proposons de passer en revue sont produits : 1° par des lésions des nerfs périphériques, et tantôt ces lésions ont été provoquées par une cause traumatique, tantôt elles se sont développées spontanément : 2° par des lésions de la moelle épinière et du bulbe ; 3-^ par des lésions, enfin, de certaines parties de l'encéphale.