INFLUENCE DES NERFS VASO-MOTEURS
crâne, fournit des résultats tout à fait comparables à ceux que produit la section du nerf sciatique. Vous savez que les lésions de l'œil qui se montrent chez les animaux à la suite de cette opération, après avoir été autrefois considérées, par quelques physiologistes, comme dérivant delà suppression d'une influence trophique du trijumeau, sont rattachées, depuis les expériences de Snellen (1857) et celles plus récentes de Bûttner (1862), aux effets de l'anesthésie qui expose les parties frappées d'insensibilité à l'action de causes traumatiques de tout genre. Si, après la section du trijumeau, on protège l'œil, suivant la méthode de Snellen, en fixant au-devant de lui, par quelques fils, l'oreille du même côté restée sensible, ou si, suivant la méthode de Bùttner, on se contente de le recouvrir d'une plaque de cuir épais, les troubles. trophiques ne se montrent pas dans la cornée ; un certain degré d'hypérémie neuro-paralytique se manifestant à l'iris, à la conjonctive, est en somme le seul phénomène qu'on observe après la section complète du trijumeau, lorsque l'œil a été convenablement protégé ' .
3° En ce qui concerne maintenant la moelle épinière, il paraît démontré que sa section transversale complète ou même sa destruction dans une certaine étendue, lorsqu'il n'en résulte pas une inflammation quelque peu durable de l'organe, ne sont pas immédiatement suivies de troubles de la nutrition dans les membres paralysés. M. Brown-Séquard a fait voir, en effet, que les ulcérations qui se forment assez rapidement au voisinage des organes génitaux chez les mammifères et chez les oiseaux, dont la moelle épinière a subi une section transversale complète, ne résultent pas directement de l'absence d'influx nerveux ; elles sont la conséquence de la pression prolongée et du contact des
' Voir à ce sujet les expériences de M. Schiff, dans la thèse de M. Hauser • S, 1858.' ' ^ 'y''^"^'
urines altérées, ainsi que des matières fécales auxquelles ces parties sont exposées.
Les membres postérieurs d'un jeune chat, qui survécut près de trois mois à la destruction complète de la région lombaire de la moelle épinière, se développèrent normalement; les fonctions de la vie organique dans ces membres parurent s'exécuter suivant les conditions physiologiques ; la sécrétion des poils et des ongles se produisit comme chez l'animal sain ' .
Chez des mammifères ou chez des grenouilles, dont la partie postérieure delà moelle a été détruite, on peut voir, ditValentin. la contra ctilité électrique persister dans les muscles des membres postérieurs, jusqu'à la mort, c'est-à-dire pendant plusieurs semaines ou même pendant plusieurs mois -.
En résumé, chez les animaux qui ont subi la section transversale complète ou la destruction d'une partie de la moelle épinière, on peut voir se former, principalement sur les régions soumises à la pression , des ulcérations , voire même des eschares ; mais toujours il est possible de mettre ces lésions sur le compte de l'anesthésie et de la paralysie motrice, par suite desquelles l'animal reste constamment souillé par le contact des urines, se blesse en se heurtant à tous les contacts, etc. Quant à l'atrophie qui survient à la longue dans les membres paralysés à la suite de cette opération, elle résulte uniquement, comme dans le cas de la section du nerf sciatique, de l'inertie fonctionnelle à laquelle ces membres sont condamnés.
De l'ensemble de ces faits, empruntés à la physiologie expérimentale, il résulte, comme on le voit, que l'absence d'action du système nerveux déterminée par la section complète des nerfs périphériques ou la destruction d'une partie de la moelle épi-
> Brown-Séquard, loc, cit., p. 15, 16.
» Valentin. — Versuch einer physiologischen Pathologie der Nerven, 2. Abth.. p. 43. Leipzig, 1864.
INFLUENCE DE L'IMITATION DES NERFS i3
nière ne provoque pas, clans les éléments anatomiques des membres paralysés, d'autres troubles nutritifs que ceux qui se développeraient , dans ces mêmes éléments , sous la seule influence de l'inertie fonctionnelle, de l'inactivité prolongée.
La découverte des nerfs vaso-moteurs et des effets que détermine la paralysie de ces nerfs ne devait pas modifier essentiellement cette formule. Il est, en effet, démontré aujourd'hui que riiypérémie neuro-paralytique, quelque loin qu'elle soit poussée, n'est jamais suffisante pour occasionner, à elle seule, une altération dans la nutrition des tissus. Sans doute, cette hypérémie, comme l'a fait remarquer M. Scliiff, crée une certaine prédisposition aux inflammations, lesquelles peuvent éclater soit spontanément — du moins en apparence — chez l'animal malade, soit à la suite de causes d'excitation relativement légères chez l'animal sain. Mais ces lésions de nutrition d'origine neuro-paralytique ne sont nullement comparables aux troubles trophiques qui sont l'objet spécial de cette étude, elles forment une catégorie à part. Ces derniers, ainsi que nous aurons maintes fois l'occasion de le faire remarquer, chemin faisant, peuvent se développer et accomplir leur évolution, sans être précédés ou accompagnés par aucun des phénomènes qui révèlent objectivement l'état paralytique ou l'état inverse des nerfs vaso-moteurs. Pour l'instant, nous n'insisterons pas plus longuement sur ce point que nous devons reprendre par la suite.
Si les lésions qui ont pour résultat d'anéantir ou de suspendre l'action du système nerveux, n'ont pas le pouvoir de faire naître dans les régions éloignées d'autres troubles de la nutrition que ceux qui dépendent de l'inactivité prolongée, il n'en est pas de même des lésions qui déterminent, soit dans
les nerfs, soit dans les centres nerveux, une exaltation de leurs propriétés, une irritation, une inflammation.
C'est là, Messieurs, une proposition d'une importance capitale : elle domine en réalité la question qui nous occupe. Découvert depuis longtemps déjà par M. Brown-Séquard, le principe sur lequel elle, s'appuie est, si je ne me trompe, encore trop souvent méconnu, aussi bien par les physiologistes que par les pathologistes Nous verrons en temps et lieu la pathologie humaine fournir, à l'appui de cette proposition, des faits assez nombreux, des arguments péremptoires ; en revanche, nous aurons plus rarement à invoquer les résultats de l'expérimentation sur les animaux. La raison en est surtout, sans aucun doute, dans cette circonstance que, chez ces derniers, le tissu nerveux paraît résister, bien mieux que chez l'homme, aux causes diverses d'irritation et d'inflammation. Tous les expérimentateurs savent, en effet, que les lésions traumatiques, même les plus graves, des nerfs périphériques ou de la moelle, produisent assez difficilement, chez la plupart des animaux, une myélite ou une névrite quelque peu durable et comparable à celles qui se développent, au contraire, assez facilement chez l'homme à la suite des lésions les plus minimes.
Les expériences propres à montrer que les lésions irritatives des tissus nerveux sont capables de déterminer des troubles trophiques variés dans les parties auxquelles ils se distribuent, sont, nous l'avons dit, peu nombreuses. Elles sont relatives presque exclusivement à la cinquième paire.
Voici d'abord le résumé d'une expérience de Samuel : — Chez un lapin, deux aiguilles sont appliquées sur le ganglion de Gasser et l'on fait passer un courant d'induction ; aussitôt il se
' Note sur quelques cas d'affection de la peau, dépendant d'une influence du système nerveux, par J.-M. Charcot, suivies de Remarques sur le mode d'influetice du système nerveux sur la nutrition, par le docteur Brown-Séquard. {Journal de physiologie, t. II, n° 5. Janvier 1859, p. 108.)
produit un rétrécissement plus ou moins prononcé de la pupille, et en môme temps se développe une légère injection des vaisseaux de la conjonctive ; la sécrétion des larmes s'exagère. La sensibilité des paupières, de la conjonctive, de la cornée est exaltée. Après l'opération le rétrécissement de la pupille persiste, quoique à un moindre degré et l'hyperestliésie s'exagère encore. Le processus inflammatoire commence à se développer en général au bout de vingt-quatre heures ; son intensité s'accroît pendant le second etle troisièmejour, et diminue ensuite progressivement. On peut observer tous les degrés de l'ophthalmie, depuis la conjonctive la plus légère jusqu'à la blennorrliée la plus intense. La sensibilité s'exalte toujours et l'iiyper-esthésie peut s'élever à un tel degré qu'au moindre attouchement de l'œil, l'animal est pris de convulsions générales. Il se produit sur la cornée une opacité générale, et, en outre, tantôt de petites exulcérations, tantôt un ulcère unique, de forme ovalaire qui occupe la partie moyenne de cette membrane. Dans un cas, il s'était formé une petite collection purulente dans la chambre antérieure de l'œil. A part l'hypérémie, on n'observe jamais d'altérations pathologiques de l'iris, ni adhérences, ni modifications de coloration.
Dans tous les cas, l'hyperesthésie des rameaux ophthalmiques de la cinquième paire est expressément notée. Il est clair, par conséquent, qu'on ne saurait ici, comme dans les faits de Snellen et de Biittner, invoquer l'anesthésie pour expliquer l'apparition des troubles trophiques survenant dans l'œil non convenablement protégé ' .
A la suite d'une section non réussie du trijumeau chez un lapin, Meissner a vu paraître dans l'œil, qui avait conservé d'ailbmrs sa sensibilité, des lésions trophiques très prononcées. I/auteur fait remarquer avec soin que ces lésions se sont pro^
' S. Samuel. — Die trophischen Ncrven. Leipzig, 1860, p. Cl.
duites sans qu'aucun signe d'hypérémie neuro-paralytique les eût précédées. L'autopsie fit constater que la partie médiane (interne) du trijumeau avait seule été intéressée par le neurotome». Scliiff, de son côté, à l'appui de l'observation de Meissner, rapporte quatre cas, relatifs à des lésions partielles du trijumeau dans le crâne, et dans lesquels l'inflammation de l'œil s'est développée malgré la persistance de la sensibilité-.
Nous avons vu dans les expériences de Samuel les troubles tropliiques survenir dans l'œil en conséquence de l'irritation faradique de la cinquième paire, n'est-il pas vraisemblable que, dans celles de Meissner et de Scliifif, c'est par suite de l'irritation phlegmasique développée dans le nerf en conséquence de la section partielle, que les lésions de l'œil se sont produites? A l'appui de cette opinion je vous ferai remarquer que chez l'homme les sections incomplètes sont bien plus propres à développer dans les nerfs un processus d'irritation, que ne le sont les sections complètes ; cela a été reconnu depuis bien longtemps par les chirurgiens. Il est permis de supposer qu'il en est de même, du moins à un certain degré, chez les animaux ^
Je rapprocherai immédiatement de ces faits plusieurs observations recueillies chez l'homme et sur lesquelles j'aurai à revenir par la suite : elles sont relatives encore au trijumeau. Elles
1 G Meissner. — Ueler die nach der Diirschteidmig der Trigeminus am Auge des Kminchens eintretende Ernahnmgstœnmg. Henle et Pfeufer's Zeitsch., xxxix, 96-104. — Cenlmlblatt, 1867, p. 265. — Gaz. hebdoniad., 1867 p. 634.
» M. Scliiff. — Eenle's Zeitsch. xxxix, 217-229. - Centmlblatt, 1867, p. 65o. — Gaz. hebdomad., 1867, p. 634.
3 Telle n'est pas l'interprétation proposée par Meissner, a propos de son expérience Il suppose que les fibres les plus internes du trijumeau, qui seules avaient été sectionnées dans son cas, ont une action particulière sur la nutrition de 1 œil Il se fonde sur ce que dans trois autres cas où le trijumeau avait été egalemen sectionné d'une manière incomplète, mais où les fibres les plus internes du nerf avaient été respectées, les troubles trophiques ne se sont pas développes dans 1 œil. bien que celui-ci, devenu insensible, n'eût pas été protège contre les ^^^^'^ rieurs. Nous croyons que les sections incomplètes devront être ■"'^P^f f "«^^^^ considérable de fois avant qu'on puisse se prononcer définitivement sur la valeur de Tinterprélation proposée par Meissner.
montrent, comme les expériences qui précèdent, que les lésions irritatives de ce nerf, développées spontanément, peuvent, elles aussi, sans être suivies d'anesthésie, provoquer dans l'œil des désordres trophiques très accentués.
Une femme de 57 ans, dont l'histoire a été rapportée par Bock', éprouvait depuis un an environ, dans le côté droit de la face, des douleurs violentes qui, d'abord intermittentes, se montrèrent plus tard à peu près continues. Jamais la sensibilité dela face ne disparut complètement; une légère pression était, à la vérité imparfaitement sentie ; mais une pression un peu forte ramenait de vives douleurs. — La conjonctive de l'œil droit était injectée ; la cornée, dans sa partie la plus inférieure, pré- : sentait une ulcération hypertrophique d'une longueur de deux 1 lignes environ; elle était partout un peu opaque. Plus tard, 1 l'ulcération gagna en profondeur ; l'opacité de la cornée s'accrut. ' Enfin survint une perforation qui donna issue à un liquide puri- , forme sous l'influence de la pression de l'œil. La mort arriva inopinément. A l'autopsie, on trouva le ganglion de Gasser du ( côté droit, volumineux et très dur. Les trois branches du trijuimeau droit jusqu'à la sortie de l'os, étaient également très (épaisses.
Le cas suivant est emprunté à un mémoire de Friedreich-. Un 1 homme âgé de 65 ans fut frappé tout à coup d'une hémiplégie 'droite avec perte de la sensibilité du même côté. Quelques ^semaines avant cette attaque, il avait éprouvé dans le globe de ll'œil gauche, ainsi que dans le côté gauche de la face, de légères I douleurs lancinantes ; ces douleurs s'exagérèrent rapidement et ;ià un haut degré après l'attaque apoplectique. Dans le même
Bock. — Ugeshrift for Laeger, 1842, VIT, p. m. — Extrait dans Sannover's VTahrebesricht, MuUer's Archiv. Wik, p. 47, et SchifT's TJnterstichmqdn mr Physiologie des Nevvensystems mit Berilchsichtigung dcr Pathologie Frankfurt am ^Main. 1855, pp. 63, 64.
» Friedreich. — Beitraege zur Lehr", von dcn Gcschmiilstcn innerhalh dcr Schaedelhœhle. Wurzburg. 1853, p. 15 et Schi/f's Untersiichungen, etc., p. 100. Chabcot, t. I, 4*= édil. 2
temps, la conjonctive de l'œil gauche s'injecta et il y eut exagération de la sécrétion des larmes; un peu plus tard, la conjonctive se recouvrit çàet là d'un exsudât pseudo-membraneux puriforme; la pupille gauche, bien que très étroite, réagissait encore sous l'influence de la lumière. La sensibilité resta toujours normale dans tout le côté gauche de la face.
A l'autopsie, on rencontra à la surface du pédoncule cérébelleux moyen un amas de petites tumeurs sarcomateuses formant dans leur ensemble une masse représentant environ le volume d'une noisette. La substance cérébrale voisine, surtout auprès du cervelet, était ramollie et très injectée. Le nerf trijumeau gauche, à sa sortie de la base de l'encéphale, était rouge, un peu ramolli et aplati par la tumeur.
On pourrait aisément rapporter un bon nombre de faits analogues à ceux qui viennent d'être cités, mais ceux-ci suffiront pour le but que nous nous proposons actuellement • .
' Les faits de troubles de la nutrition de l'œil consécutifs aux lésions spontanées de la 5» paire, chez l'homme, sont assez nombreux ; mais nous n'avons voulu mentionner que ceux dans lesquels il est bien établi que la sensibilité de la face n'a pas été atteinte : les deux cas qui suivent méritent cependant d'être signalés encore, bien qu'ils ne soient pas aussi explicites à cet égard que les faits de Bock et de Friedreich. Un homme vigoureux, à la suite d'un coup reçu sur la tête, devint sujet à de violentes douleurs, fixées sur le côté droit de la tête, et éprouvait de temps en temps des accès épilepliformes. Plus tard, les douleurs se localisèrent dans l'œil et Toreille droits. L'œil était rouge, tuméfié, saillant, mais recouvert cependant par la paupière supérieure paralysée. Cornée trouble ; iris très immobile, contracté, de couleur brune d'abord, puis verdâtre. La cornée devint à la longue tout à fait opaque. Autopsie : la face inférieure des lobes antérieur et moyen présente à droite plusieurs sléatomes du volume d'un haricot, d'une amande. Le ganglion de Gasser et les trois branches du trijumeau sont recouverts d'une masse cartilagineuse résistante. L'oculo-moteur commun est comprimé ; sa coloration est modifiée. Malheureusement l'état de la sensibilité de la peau de la face n'est pas indiqué dans ce cas. (F.-A. Landmann, Commmtatio pathologko-anatomka exhidens morhum cerebri oculique singularem;\n-i°, Leipzig, 1820. et Schif's Untenuch., p. 51). — Dans le cas bien connu rapporté par Serres {Journal de physiologie, V. 1825, p. 233, et Anatomie comparée du cerveau. U, p. 67), malgré l'altération profonde du ganglion de Gasser, et des racines de la grosse portion du trijumeau, il n'y avait pas eu paralysie complète de la partie sensible du nerf, car la surface tout entière du visage avait conservé le sentiment. Seuls, l'œil droit et la face interne des paupières étaient devenus insensibles ainsi que la moitié droite de la langue ; il y avait eu une inllammation aiguë de l'osil droit avec œdème des paupières, obnubilalion et plus tard opacité complète de la
CONTRADICTIONS EXPÉRBIENTALES 19
En dehors de la cinquième paire, il est plus rare encore de voir les lésions expérimentales des nerfs déterminer l'apparition de. troubles trophiques dans les parties périphériques. Nous rappellerons cependant à titre d'exemple de ce genre, les effets remarquables que produisent quelquefois sur la nutrition du rein, les lésions des nerfs qui se rendent à cet organe. On sait que parmi les expérimentateurs, les uns (Krimer, Brachet, Muller et Peipers, A. Moreau, Wittich) assurent produire presqu'à coup sûr, à l'aide de ces lésions, des altérations, plus ou moins profondes du rein, tandis que les autres (P. Bert, Hermann), en répétant la même expérience dans des circonstances en apparence identiques, disent être arrivés à des résultats négatifs.
Ne peut-on pas se rendre compte, du moins en partie, de cette contradiction singulière, de la manière suivante: les lésions rénales feraient défaut dans le cas où la section des nerfs a été complète, absolue; elles se produiraient au contraire, ou mieux •pourraient se produire, dans le cas de section incomplète, ou encore lorsque, pour remplacer le scalpel, on fait intervenir l'emploi des caustiques, de l'ammoniaque, par exemple (Corrente, Schiff), toutes conditions éminemment propres à déterminer, dans les nerfs lésés, une irritation plus ou moins vive ou même un véritable processus phlegmasique • . A ce point de vue, la question mériterait peut-être d'être révisée à l'aide de nouvelles recherches.
Nous rappelions tout à l'heure les effets des sections transversales, des destructions partielles de la moelle épinière, en ce
cornée. Le ganglion de Gasser du côté droit était d'un jaune gris, tuméfié imbibé
fniecTé: Les r ^^'^ ophthalmique élit rouge e
injectée Les racines de la grosse portion du nerf présentaient une couleur salo
du crâne.^ ^ ' J'^""'' à k sortb
' Voyez Zcilsckrift fiir ration. Med., 3o Bd., p. 343.
IimiTATION DE LA MOELLE ÉPINIÈHE
qui concerne la nuti'ition des parties privées de sentiment et de mouvement par le (ait des opérations dont il s'agit. Lorsque, disions-nous, ces opérations n'ont pas pour résultat de provoquer dans les parties lésées de la moelle un travail d'inflammation, — et c'est ce qui a lieu dans la grande majorité des cas, — on constate simplement, dans les membres paralysés, une dégénération avec atrophie des muscles très-lente à se produire, des ulcérations du derme, peut-être même des escliares causées par le frottement exercé sur un sol rugueux, par le contact permanent des urines altérées, le manque de propreté ; c'est-à-dire en un mot, tous les effets auxquels donnent lieu l'inertie fonctionnelle des membres postérieurs, chez les animaux, et rien que ces effets. Eh bien ! le tableau est tout différent si, par suite de circonstances que rien ne fait prévoir et qu'on ne sait pas encore reproduire à volonté, l'inflammation vient à s'établir au voisinage de la lésion spinale. Alors, en effet, ainsi que l'a montré M. Brown-Séquard, et comme j'ai eu, à mon tour, l'occasion de l'observer plusieurs fois, l'altération musculaire se développe très-rapidement ; quelques jours à peine après l'opération, elle est déjà très-prononcée. Bientôt l'émaciation des masses musculaires devient appréciable et elle progresse ensuite très-rapidement ; des éruptions qui aboutissent promptement à la formation d'ulcérations ou d'eschares apparaissent sur la peau, alors même qu'on met en œuvre les soins de propreté les plus minutieux ; elles se développent surtout sur les régions du corps soumises à la pression, au frottement, au contact prolongé des urines, mais elles peuvent se produire encore, bien que ce cas soit rare, en dehors de toutes ces conditions ' .
» C'est sans doute de la même manière, c'est-à-dire en faisant intervenir l'inflammalion autour du point lésé, qu'il convient d'interpréter les troubles qui surviennent quelquefois dans la nutrition de Toeil, chez divers animaux, à la suite de la section d'une moitié latérale de la moelle épinière au dos. Les afiections de l'œil (ulcérations, Ibntc de la cornée, conjonctivite purulente;, observées par M. Brown- Séquard, chez le cochon d'Inde [Comptes-rendus de la Société de Biologie, t. II.