THÉORIE DES NERFS TROPHIQUES I
parvenue à suivre, au moins chez la grenounie, des terminaisons nerveuses jusque clans les nucléoles des corpusciiles de la cornée, et les cellules conjonctives de la membrane clignotante ' .
n y a longtemps que M. Brown-Séquard a proposé cette interprétation ^ et M. Scliiff semble s'y rattacher lorsqu'il reconnaît que « la dilatation active paraît être étrangère aux tuniques propres des vaisseaux et s'effectuer par l'intermédiaire des tissus intervasculaires^. »
L'excursion que nous venons de faire dans le domame physiologique avait poiu- but de recueillir, chemin faisant, des documents que nous pouvons maintenant mettre à profit. Il s'agit en effet d'arrêter un instant votre attention sur la théorie dite des nerrs tropMques qui, vous le savez, à défaut des autres hypothèses reconnues insuffisantes, a été quelquefois invoquée pour expliquer la production des lésions de nutrition développées par unemfluence du système nerveux. Or, dans cette théorie telle du moins que l'a formulée M. Samuel, les nerfs supposés seraient pour ainsi dire construits sur le modèle des nerfs sécrétem-s en ce sens que, à l'exemple de ceux-ci, ils exerceraient dans les conditions normales, une influence directe sur la nutrition des parties où l'on suppose que leurs terminaisons ultimes vont se rendre. Leur rôle physiologique serait non pas d'opérer directement, mais d'activer, dans la profondeur des tissus les échanges qui constituent l'assimilation et la désassimilàtion élémentaires, de même que le rôle des nerfs sécréteurs est de mettre enjeu dans les cellules glandulaires une propriété imma-
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Micros. Anat. Bd. III. ^ ' ' ~ ■'^^erth, m Arclm. fur
/^^^^.riTs^tT'nr^"'""''" c«^^.7.;..y, p. 70. - Central Nervous S.s- ' M. Schiff. - leçons sm la digestion, 1. 1, p. 25G.
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nente, tout à lait connexe aux phénomènes de la nutrition intime. On ne méconnaît donc nullement l'autonomie des éléments anatomiques dans l'accomplissement des actes nutritifs ; on propose seulement d'envisager les nerfs trophiques, comme formant, par leur ensemble, un appareil de perfectionnement propre aux organismes supérieurs.
Voilà pour le côté physiologique. En ce qui concerne maintenant les applications à l'interprétation des phénomènes pathologiques, il est aisé de concevoir qu'un résultat fréquent d'une irritation morbide produite sur des nerfs doués de pareilles propriétés serait de porter le trouble dans la nutrition intime des parties innervées et d'y provoquer, à l'occasion, le développement consécutif d'un processus inflammatoire. La suppression d'action de ces nerfs n'aurait, au contraire, d'autre effet que d'amoindrir l'intensité du mouvement nutritif, et Y atrophie circonscrite est citée comme un exemple des troubles trophiques qui peuvent survenir de cette façon.
Ce sont là les traits généraux de la théorie ; pour ce qui est des détails, il était à prévoir qu'une hypothèse créée par le besoin d'expliquer des phénomènes encore peu connus, insuffisamment étudiés à l'époque où elle a été émise, devait vieillir rapidement. Cela est arrivé en effet ; on ne saurait admettre aujourd'hui, par exemple, que les nerfs trophiques ont tous leur origme centrale dans les ganglions spinaux postérieurs ou dans les ganglions analogues des nerfs crâniens : car les cas sont nombreux, ainsi que vous l'avez vu, où une lésion siégeant dans les parties centrales de la moelle épinière, ou même dans l'encéphale, provoque l'apparition de troubles trophiques dans les parties périphériques. Il faudrait aussi tenir grand compte a l'avenir, des faits, inconnus dans le temps où le li.Te de M. Samuel a paru, et qui mettent hors de doute l'influence des lésions des cellules nerveuses antérieures sur le développement des diverses espèces de myopathies.