IRRITATION DES NERFS GLANDULAIRES
En ce moment, il ne saurait être question de la moindre influence nerveuse. Si l'on place une gouttelette de nicotine sur un des points de l'aire vasculaire, il se fait autour de ce point une yascularisation tellement abondante que presque tout le sang vient s'y rendre. A la vérité, cette hypérémie, cette stase par irritation des tissus se présente, au premier abord, avec je ne sais quels dehors d'une conception métaphysique. Mais il y a longtemps qu'on a cherché à donner du phénomène une interprétation fondée sur les données physico-chimiques. Ainsi, dès 1844, M. Draper» avait rappelé que lorsqu'un tube capillaire contient deux liquides de nature différente, si l'un des liquides a plus d'affinité chimique pour la paroi du tube que l'autre liquide, il s'ensuit Un mouvement, lequel s'opère de telle façon que le liquide dont l'affinité chimique est le plus intense pousse l'autre devant lui. Le sang artériel ayant plus d'affinité pour les tissus que le sang veineux saturé des produits de désintégration, il doit s'ensuivre que le sang veineux sera repoussé. Il suffirait, dans cette hypothèse, pour accroître l'intensité du mouvement, d'activer le processus chimique de la nutrition, et c'est ici que pourrait intervenir l'action des nerfs. Les phénomènes de stase ont pu être expliqués d'une façon analogue, en faisant appel aux lois de l'osmose (stase sanguine par' diffusion) -.
Quoi qu'il en soit, quelle que puisse être l'interprétation du phénomène, l'attraction que les tissus soumis à l'influence de certains agents exercent sur le sang, est, vous le voyez, un fait constaté expérimentalement, en dehors de l'action du système nerveux. Pour appliquer maintenant cette donnée au cas de la glande sous-maxillaire, il suffit de reconnaître que le nerf glandulaire, soumis aux excitations, amène dans les cellules
^ T)Tai>cT. — A ireatise on the Forces mUch proiuce. etc., New-York 18^/. ^':''';S- -BntishandforcUin Review, t. XVI, 1 855 p 19 lork, 18,4. -
O. Weber. loc rit ' '
Weber, loc. cit
Charcot, t. I, 4« édil.
Il)
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sécrétantes ime modification de la nutrition intime : c'est en conséquence de ce changement qu'aurait lieu la dilatation vasculaire.
L'anatomie semble, du reste, jeter un jour nouveau sur la question en montrant que les terminaisons des nerfs glandulaires pénètrent jusque dans les cellules sécrétantes ' . M. Heidenhain a môme essayé de démontrer que la glande, dont les nerfs sont soumis à une irritation un peu prolongée, présente une constitution liistologique diflférente, à quelques égards, de celle qu'offre la glande à l'état de repos. Les cellules anciennes, dites muqueuses, paraissent, en effet, après l'irritation, remplacées par des cellules jeunes, de formation récente Si les vues de M. Heidenliain venaient à être confirmées, il faudrait attribuer au nerf une influence pour ainsi dire directe sur le développement des cellules glandulaires K
L'hypothèse qui vient d'être formulée, à propos des nerfs sécréteurs, peut s'étendre suivant toute vraisemblance aux autres nerfs, dans lesquels l'expérimentation physiologique a révélé la propriété de détermmer la dilatation des vaisseaux sous l'influence des excitations. Ces nerfs agiraient prùnitivement sur les éléments intervasculaires et y activeraient le mouvement de composition et de décomposition nutritives. La dilatation vasculaire s'ensuivrait, à titre de phénomène consécutif. A l'appui de cette vue, on peut invoquer, ici encore, les enseignements de l'anatomie qui, dans ces derniers temps, serait
1 E.-F.-W. Pfluger. — Das Ncrve)t(]cwche (1er Speicheldrii^e, im S. Stnchc, ^a«c?èî(cA, t. I, p. 313. ,
2 îleiàenhBin. -Studim des physiologischoi Instmis, 3" Breslau, 1868. Siricker's Eandbuch, loc. cit.,'p-'^'iO- ,,,-r,,
3 Suivant M. Ranvier [Traduction de Fre,j, p. 437) et M ^
t I 1870-1871 V 55) les résultats obtenus par M. Heidenha m douent ti.- Snte'r raés ainsi q'u'il slnt : Sous l'inauence de nrritation des les cellules dites muqueuses perdraient tout simplement eur ^"^^f""^^^^^^^ et reprendraient l'aspect des cellules glandulaires pariétale I n j aurait don, pas ici, comme le veut Heidenhain, formation de cellules nou^ elles.