‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 63 sur 203 · CRITIQUE DE LA THÉORIE · texte numérisé non relu

CRITIQUE DE LA THÉORIE

guins, de la même façon que les nerfs de sécrétion agissent sur l'épithélium glandulaire. Nous ne voyons pas, en somme, qu'il existe aucun argument qui ne permette de décréter a priori que les nerfs tropliiques ne viendront pas, un jour, prendre place dans ce groupe K

Quoi qu'il en soit, avant de s'attacher à une théorie qui ne peut subsister sans mettre en jeu tout un système de nerfs dont l'existence est encore problématique, il faudrait nécessairement s'être assuré, par tous les moyens, qu'il est réellement mipossible d'expliquer les phénomènes dont l'interprétation est proposée, en faisant appel aux propriétés des différents nerfs déjà connus : car il faut se garder toujours d'enfreindre l'axiome de la logique : Haud ynuliipUcanda entia absq ne necessiiaie. Or, la théorie vaso-motrice étant éliminée, il reste encore, sans doute, beaucoup à faire sous ce rapport.

Il est une vue, entre autres, à laquelle on ne s'est pas arrêté, que je sache, et qui mériterait peut-être d'être prise en considération. Les expériences nombreuses et décisives, faites dans ces derniers temps, sur les réunions bout à bout de nerfs de fonctions différentes, tels par exemple que l'hypoglosse et le lingual-, ont mis hors de doute que les excitations, produites sur un point quelconque d'une fibre nerveuse sensitive ou motrice, se propagent aussitôt et simultanément dans le sens centripète et dans le sens centrifuge. D'après cela, il est permis de supposer que les irritations pathologiques développées sur un nerf sensitif, soit à son origine centrale, soit sur un point de son trajet, retentissant dans la direction centrifuge jusqu'à l'extrémité terminale des filets nerveux, c'est-à-dire dans les papilles du derme, ou encore dans l'épaisseur du réseau muqueux \ pourront, dans certains

' Goltz in Pfliigers Archiv, t. I, V, p. Î53 et Journal of Anatomy and Phjsio-

logy, 2° série, n" de mai 1872, p. 480. ï Vulpian. — Phisioloqie du système nerveux, p. 290. ■ , •

' Voir Langcrhaus. - 'Vinhom's Archiv. Bd. 44, et ^. Biesadeclu. - Stnckers

Handhiich, p. 593.

CONCLUSIONS loi

cas, provoquer là un travail plilegmasique. On comprendrait ainsi, par exemple, le développement assez fréquent d'éruptions bulleuses ou pempliigoïdes, du zona, en conséquence de lésions portant sur les faisceaux postérieurs de la moelle ou sur les racines spinales sensitives. Pour ce qui est des nerfs moteurs, je ne vois pas d'argument sérieux qui empêche d'admettre que les iiTitations pathologiques, portant sur les cellules nerveuses des cornes antérieures, seront transmises quelquefois jusqu'aux faisceaux musculaires, par la voie des filets nerveux qui transmettent à l'état physiologique les excitations volontaires. Un certain nombre au moins des trouhles trophiques consécutifs aux lésions du système nerveux trouveront peut-être dans cette hypothèse leur explication sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à la théorie des nerfs trophiques.

Nous sommes parvenus. Messieurs, au terme de cette discussion pathogénique et, ainsi que je le laissais pressentir dès le commencement, la question en litige attend encore une solution. Je ne regretterais pas, néanmoins, les développements dans les quels nous sommes entrés, si j'avais réussi, en mettant sous vos yeux les pièces du procès, à vous inspirer le désir de pénétrer plus avant dans une étude qui intéresse à un si haut degré la pathologie du système nerveux tout entière.

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