PAEALYSIE AGITANTE SANS TREMBLEMENT
exceptionnels. Le plus communément, la rigidité musculaire ne se montre ou ne s'accuse profondément que dans les phases
ceptionnels. — Guill..., âgée de cinquante-trois ans (salle Saint-Alexandre, n" 10). Après avoir éprouvé pendant quelque temps de la céphalalgie, des douleurs lancinantes erratiques, un sentiment de conslriction à l'épigastre, elle s'aperçut, il y a quatre ans, que les diverses jointures du membre supérieur droit devenaient raides. A ce phénomène s'ajoutait de la faiblesse. La raideur et l'affaiblissement gagnèrent successivement le membre inférieur droit, le bras gauche, puis la jambe correspondante. En 1870, apparut la tendance à la propulsion et à la rétropulsion. Ainsi, lorsque la malade montait à son logement, elle était poussée en ayant et ne s'arrêtait qu'en s'appuyant avec les mains sur un corps résistant : « Sans cette précaution, dit-elle, je caracolais. »
Aujourd'hui, son état est le suivant : Tête un peu inclinée en avant ; cou raide. Les plis du front sont très accusés, surtout au-dessous des sourcils, qui sont relevés, ainsi que les paupières supérieures ; de là, une sorte d'hébétude empreinte sur la physionomie. La parole est libre. Dans la marche qui se fait à petits pas, la malade a les bras accolés au corps, les avant-bras fléchis et les mains réunies comme pour se soutenir. Pris dans leur ensemble, les doigts sont légèrement fléchis, ramassés ; la main entière est inclinée vers le bord cubital. Toutes les jointures sont raides, à des degrés différents; la raideur prédomine à droite. Sensibilité conservée. — Pendant la nuit, sensation de froid qui, partant de l'épaule, descend jusqu'au poignet et revenant par accès d'une durée de cinq à six minutes. Les membres, principalement le membre supérieur droit, paraissent lourds. Lorsque la malade veut se lever de sa chaise, et qu'on l'empêche de s'aider des objets voisins, elle saisit les montants avec les mains pour avancer le bassin : elle place ensuite ses mains plus bas sur les côtés de la chaise, et, après quelques efforts et une sorte de balancement, elle parvient à se lever.
Le sommeil, en général, est court. Durant la nuit, Guill. . . ne garde sur elle que le drap et un mince jupon qu'elle met sur ses genoux parce qu'ils sont froids. Avec une couverture, elle aurait « trop chaud et c'est trop lourd ». Notons encore un besoin incessant de changer de position. A peine est-elle assise depuis quatre ou cinq minutes qu'elle demande à être soit plus avancée sur son siège, soit mise de côté, etc. ; quelques instants après, elle désire qu'on écarte ses jambes, qui ont de la tendance à l'adduction ; bientôt elle prie qu'on l'aide à se lever, etc. Tous ces symptômes suflisent pour démontrer qu'on a affaire, ici, à la paralysie agitante. Cependant, et bien que la maladie remonte à quatre années, le tremblement est à peu près nul; il n'occupe que la main droite, où il est apparu seulement depuis trois mois. On voit, par là, qu'il est possible de reconnaître la paralysie agitante en l'absence même du tremblement. (B.) — Il en fut encore ainsi chez un malade que M. Charcot a vu il y a quelque temps (1872). Cet homme, âgé de 50 ans, a été atteint de la maladie de Parkinson à la suite d'une émotion vive occasionnée par les tentatives que firent, pendant la Commune, les fédérés pour l'incorporer" dans leurs bataillons. Chez lui, tous les symptômes, et en particulier l'attitude, étaient présents, mais le tremblement faisait encore défaut. Enfin, M. Gowers a donné communication à M. Charcot de l'observation recueillie par lui à l'Hôpital national des épilepliques et des paralytiques de Londres, d'une femme, Ann Phillips, âgée de 47 ans, chez laquelle tous les symptômes de la paralysie agitante existaient, moins le tremblement, qui est à peine apparent dans les mouvements. (B.) (Noie de la 2* édition). (Voyez I'Appendige, n" 2).