‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 75 sur 203 · Démarche; force dynamométrtque · texte numérisé non relu

Démarche; force dynamométrtque

avancées de la paralysie agitante. Or, lorsqu'elle commence à se manifester, les malades ont senti depuis longtemps, dans l'exercice des mouvements, une gône notable qui a une autre cause.

Vous reconnaîtrez aisément, chez quelques-uns des malades que je vous ai présentés, cet embarras dans l'accomplissement des mouvements, qui ne dépend ni du tremblement ni de la rigidité musculaire, et un examen quelque peu attentif vous permettra de constater que, chez eux, fait significatif, il y a plutôt ralentissement dans V accomplissement des mouvements qu'affaiblissement réel des puissances motrices. Le malade est encore capable d'accomplir, malgré le tremblement, la plupart des actes moteurs, mais il apporte à les réaliser une lenteur extrême. Nous signalions le fait, il y a quelques instants, en ce qui concerne la parole ; entre la pensée et l'acte, il s'écoule un temps relativement considérable. On croirait que, chez lui. l'influx nerveux ne puisse être mis en jeu qu'après des efforts inouïs, et, en réalité, les moindres mouvements déterminent une fatigue extrême. Cet ensemble de phénomènes a souvent été pris pour l'indice d'un véritable affaiblissement paralytique. Néanmoins, il vous sera maintes fois loisible de vous assurer que, dans les cas où la maladie n'est pas parvenue aux dernières limites, la force musculaire est remarquablement consea'vée. A diverses reprises le fait a été vérifié à l'aide du dynamomètre ; dans quelques circonstances même, on a vu, phénomène singulier, le membre le plus agité et le plus affaibli en apparence, être celui dans lequel la force dynamométrique était le mieux conservée * .

• Nous avons étudié l'état de la force dj'namométrique chez six malades du service de M. Charcot, Voici les résultats obtenus: 1» Perd...; 8 exploratious; moyenne à droite. 60; à gauche, 42. — 2° Guil.. . ; 9 explorations; moyenne à droite, 67; à gauche, 63. — 3» Berr...; 13 explorations, moyenne à droite, 59,6 ; à gauche, 41,4. — 4° Gav. . . ; 5 explorations ; moyenne à droite, 39,6 ; à gauche, 43,4. — 5° Beau. . . ; 5 explorations ; moyenne à droite, 65,0 ; à gauche,

PROPULSION ET KÉTROPULSION 175

Un mot encore sur la démarche particulière aux malades atteintes de paralysie agitante. Vous ayez vu quelques-unes de nos malades se lever avec lenteur et avec peine de leur siège, hésiter durant quelques secondes à se mettre en marche, puis, une fois lancées, prendre malgré elles l'allure d'une course rapide. Plusieurs fois, elles ont été menacées de tomher loiuxlement en avant. Cette tendance à courir d'une manière irrésistible tientelle exclusivement à ce que le centre de gravité se trouve déplacé par l'inclinaison de la tête et du tronc? Cette explication, admissible peut-être dans quelques cas, ne l'est pas dans tous. En effet, par opposition aux malades dont nous venons de parler, il en est qui, dans la marche, tendent à reculer ou à se renverser en arrière, bien qu'elles aient le corps manifestement penché en avant. D'ailleurs la propulsion, de même que la rétropulsion, n'est pas absolument liée à l'attitude inclmée du corps, car on la voit quelquefois à une période peu avancée de la maladie, alors que l'inclinaison ne- s'est pas encore produite ^ En-

42,3. — 6° Dan. . .; 5 explorations ; moyenne à droite, 41,4 ; à gauche, 33,3. Si l'on compare ces chitTres à la moyenne 83, que nous ont fournie cinq personnes du même âge que nos malades, on constate que, dans la paralysie agitante, loin d'être conservée, la force dynamométrique serait au contraire diminuée. Il est d'autant plus difficile d'expliquer les divergences qui existent entre l'opinion ancienne et nos faits, que cette diminution de la force dynamométrique est aussi réelle chez deux de nos malades, à une période relativement peu avancée de la paralysie agitante, que chez la plus ancienne. Dans ces trois cas, enfin, TafTaiblissement dynamométrique est plus marqué dans le côté où prédomine le tremblement. (B.)

^ Ces phénomènes sont très apparents chez une malade du service de M.Charcot couchée au n" 22 de la salle Saint-Alexandre. Cette lemme est parvenue à une période plus avancée de la paralysie agitante que les deux malades citées dans les notes précédentes, sans toutefois être alitée. On retrouve chez elle tous les symptômes de la maladie ; mais, nous relèverons, dans son histoire, simplement ce qui a trait à la propulsion et à la rétropulsion. Supposons la malade assise; on lui ordonne de se lever et de marcher. Que voyons-nous? Elle hésite pendant quelques instants, puis, incline le tronc en avant et, après s'être comme balancée, tout d'un coup elle se lève. Mais alors, elle ne part pas; il semble, qu'auparavant, elle ait besoin de s'équilibrer : elle est en quelque sorte incertaine, ayant le tronc incliné en avant; enfin elle se décide. Lente tout d'abord, la marche progressivement s'accélère, et. après un parcours de dix mètres, elle se précipite de telle sorte que si la malade ne rencontrait, à un moment donné, soit

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