‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 79 sur 203 · U INFLUENCE DE L'HÉRÉDITÉ, ETC · texte numérisé non relu

U INFLUENCE DE L'HÉRÉDITÉ, ETC

M. Duchenne (de Boulogne), — Le sexe ne paraît exercer aucune action pathogénique : la paralysie agitante est aussi commune cliez l'homme que chez la femme.

Nous ne possédons pas de renseignements précis sur Vhérédité. La paralysie agitante n'est point, à l'instar de l'ataxie locomotrice dans certaines circonstances, et de l'atrophie musculaire progressive, une maladie de famille. Les observations qui ont pu faire croire le contraire se rapportent à des tremblements partiels n'ayant nulle tendance à se généraliser, rentrant plutôt dans la classe des tics convulsifs.

Il y a quelques raisons de penser que la race anglo-saxonne (Angleterre, Amérique du Nord) est préférablement affectée de cette maladie. Les récits que j'ai entendu faire aux médecins de ces pays, mon expérience personnelle, et surtout les renseignements qui m'ont été fournis par mon ami, M. Brown-Séquard, viendraient à l'appui de cette opinion.

Mais, même dans ces pays, la paralysie agitante n'est pas très commune. M. Sanders, dans une statistique comprenant l'Angleterre et le pays de Galles,, et s'étendant de 1855 à 1863, a relevé 205 cas de mort par paralysie agitante, c'est-à-dire en moyenne 22 par an (14 hommes, 8 femmes). Disons, enfin, que cette maladie figure au cinquième rang, à côté de l'ataxie locomotrice, sur le tableau étiologique des infirmités traitées à la Salpêtrière.

TJiérapeiiUque. Un mot, en terminant, Messieurs, sur les

* M. Fioupe a publié dans le Journal de médecine et de chirurgie pratiques (p. 389, 1874), l'observation d'une jeune fille du service de M. Siredey qui fut frappée de paralysie agitante à l'âge do 15 à 16 ans. t Vers la fin du sièg© de Paris, elle s'était réfugiée un jour dans une cave pour se soustraire aux projectiles, lorsqu'un obus vint faire à ses côtés 3 ou 4 victimes. Saisie d'une violente frayeur, elle perdit connaissance et quand, au bout de quelques instants, elle revint à elle, on ne tarda pas à s'apercevoir que son bras droit était animé d'un léger tremblement qui gagna peu de temps après le membre inférieur du même côté. » Elle offre aujourd'hui tous les symptômes qui caractérisent la paralysie agitante : physionomie, attitude spéciale de la tête, fixité du regard, du tronc, démarche, propulsion, rétropulsion, tremblement, etc. (B.) (Noie de la 2» édition.)

moyens thérapeutiques. La paralysie agitante guérit quelquefois, cela est incontestable. Est-ce spontanément ou grâce aux agents mis à contribution? La dernière hypothèse, pour la majorité de ces cas heureux, est peu probable, caries médicaments auxquels on voudrait faire honneur de cette action médicatrice ont, dans d'autres cas, complètement échoué. Ellioston a donné le sous-cardonate de fer, Brown-Séquard le chlorure de da~ -ryum] tous les deux ont enregistré un succès et, à côté des :essais négatifs, M. Duchenne (de Boulogne) a yu également un ..de ses malades guérir. Ces citations montrent que la paralysie .agitante n'est pas incurable. Mais nous devons reconnaître que . nous ignorons quels sont les moyens employés dans ce but par b la nature.

On a tout ou à peu près tout essayé contre cette maladie. . Parmi les médicaments qui ont été préconisés, et que j'ai admiinistrés sans fruit, je n'en énumérerai que quelques-uns. La strychnine, vantée par Trousseau [Journal de Beau), m'a. paru plutôt exaspérer le tremblement que le calmer, lu' ergot de seigle, la belladone, prescrits en raison de leur pouvoir anti-convulsif, ne m'ont pas donné de résultats bien avantageux. J'en dirai autant de Yopium, qui, au contraire, augmente l'excitabilité réflexe et que l'on supposait capable de modérer le tremble- . ment, en diminuant les douleurs. Dans ces derniers temps, j'ai remployé Vhyoscy aminé; quelques malades, par elle, se trouvaient soulagées; son action, d'ailleurs, est simplement palliative.

Ogle a donné sans bénéfice la fève de Calabar. Quant au nitrate d'argent, il nous a toujours semblé exagérer l'état convulsif, et cela est d'autant plus remarquable, que, dans la sclérose en plaques, il produit quelquefois un amendement assez marqué, et diminue l'intensité du tremblement ' .

. Eulemburg a récemment recommandé l'injection hypodermique d'une solu-

Enfin, nous mentionnerons l'emploi de Y électricité, qui, selon quelques médecins, aurait procuré plusieurs guérisons. Ce n'est pas l'électricité statique, ni les courants interrompus, qu'il convient de faire intervenir. Ces moyens, avantageux, dit-on, dans la cliorée, seraient demeurés impuissants contre la paralysie agitante ; c'est du moins ce qui ressort de la pratique de M. Gull. Il faut se servir des courants constants, tels qu'on les obtient à l'aide d'une pile. Il n'est pas nécessaire. Messieurs, de rappeler aujourd'hui que les effets physiologiques et thérapeutiques difl'èrent singulièrement suivant que l'on fait appel à l'une ou l'autre de ces deux espèces de courants. Quoi qu'il en soit, il existe deux faits, au moins, dans lesquels ce mode de traitement paraît avoir été heureux. Le premier appartient à Remak, le second à Russell Reynolds. Il serait donc bon, l'occasion se présentant, d'avoir recours aux courants continus.

tion composée d'une partie d'arséniaie de potasse et de deux parties d'eau (Berliner Klin. Wochensch., nov. 1872). Ce mode de traitement, employé par nous dans le service de M. Charcot, n'a donné aucun résultat satisfaisant [Progrès me'd., 1874, p. 245). — Nous avons aussi prescrit le bromure de camph-e chez deux malades du service de M. Charcot, atteintes de paralysie agitante depuis plusieurs années. Dans les premières semaines, il y a eu un amendement de quelques-uns des symptômes, mais cet amendement n'a pas persisté. Peut-être serait-il bon de recourir à cet agent thérapeutique dans des cas moins avancés. (B.) (Note de la 2« édition.)

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