CAUSES D'ERREURS DE DIAGNOSTIC
le visiter dans le service de clinicxue dont il est actuellement chargé. Pour lui faire honneur, mon collègue présenta à ce médécin un cas de la maladie nouvelle ; c'était un fort beau spécimen de la forme cérébro-spinale. Le malade quittant son lit fit quelques pas dans la salle. « C'est un ataœique, s'écria le visiteur. — Peut-être, répliqua mon collègue ; mais que pensezvous des mouvements rythmiques dont la tète et les membres supérieurs sont agités ? — C'est juste, fit le visiteur. Il y a en outre de la chorée ou peut-être de la paralysie agita^ite. » Le malade fut ensuite interrogé. Il répondit aux questions avec un embarras très marqué dans la prononciation, en scandant les syllabes d'une manière toute spéciale, et souvent l'émission des mots était précédée d'un léger tremblement des lèvres. « Je comprends, répartit le médecin, vous avez voulu m'embarrasser en me présentant un cas des plus complexes. Voici maintenant des symptômes qui appartiennent à la paralysie générale.
'. N'allons pas plus loin ; votre malade réunit peut-être en lui la
i pathologie nerveuse tout entière. »
Or, Messieurs, je le répète, il s'agissait là tout simplement
1 d'un cas, à la vérité très complet, de la forme cérébro-spinale
I de la sclérose en plaques.
C. La paralysie agitante est surtout la maladie avec laquelle t cette forme de la sclérose en plaques a été le plus longtemps, et I est encore, sans doute, le plus fréquemment confondue. Aussi, < est-ce pour ce motif, à l'époque où nous nous elForcions de faire : sortir la sclérose en plaques du chaos des myélites chroniques, t que nous engageâmes M. Ordenstein, alors notre élève, à oppo- : ser dans un parallèle cette afiection à la paralysie agitante, afin I de mieux faire ressortir les contrastes ' . On sait comment M. Or-
* Sur la parali/sie agitante et la sclérose en plaques généralisées, thèse de Paris I 1867.
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clensteiii s'est acquitté de cette tâche, et je n'hésite pas à déclarer que sa dissertation marque un progrès sérieux dans la cUnique des maladies chroniques du système nerveux.
Dans ces derniers temps, M. Baerwinkel, médecin distingué de Leipzig, après avoir rapporté un exemple très intéressant, du reste, de sclérose céréhro-spinale, mais où le tremblement parait avoir fait défaut, amsi que cela se voit quelquefois, semble insinuer que M. Ordenstein s'est créé à plaisir des difficultés qui n'existent pas en réalité, pour se donner la facile satisfaction de les surmonter. Selon lui, il n'y aurait aucune analogie entre les deux maladies . M. Baerwmkel aura sans doute oubUé que dans le CansiaiVs Jahresbenchi, il a donné, il y a une dizaine d'années, l'analyse d'un cas observé à la clinique de Skoda, cas dans lequel lé diagnostic Pa^^alysie agitante avait été porté pendant la vie et que, à l'autopsie, on trouva des plaques de sclérose disséminées dans toutes les parties de l'axe cérébro-spmal. L'observation paraît avoir été recueiïhe avec une grande fidélité : il y est dit, et c'est là un point qui mérite bien d'être relevé, que le tremblement, contrairement à ce qui a heu dans la pai^alysie agitante ordinan^e, ne se montrait que lors des mouvements volontaires pour cesser à l'état de repos ^ '
M. Baerwinkel n'est pas non plus sans avoir pHs connaissance du fait relaté par M. Zenker dans le journal de Henle : ce fut encore l'autopsie qui révéla dans ce cas l'existence de la sclérose multiloculaire Pendant la vie, le professeur Hasse avait établi le diagnostic : paralysie agitante et néanmoins on insiste, dans la description symptomatologique, sur la natui-e du tremblement qui ne se produisait que sous l'uifluence des émotions ou à l'occasion des mouvements volontaires.
Ces exemples suffisent, je pense, pour vous montrer que,
» Wien. mcd. Halle. III, 13, 1862.
» Zeuker. - Zcitschvift fUv Mediz. Band, III, Reihe, 1S6j, p. 228.