‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 98 sur 203 · CONTRACTURE DES MEMBRES · texte numérisé non relu

CONTRACTURE DES MEMBRES

aux cellules nerveuses des cornes antérieures de la substance grise et ces cellules, en conséquence, avaient subi des altérations profondes. Or, d'après les recherches que je vous ai exposées, il n'est guère douteux que l'amyotrophie progressive, qu'elle soit protopathique ou au contraire consécutive, relève le plus souvent d'une lésion irritative des grandes cellules dites motrices ' .

Contracture 'permanente des menibres. — Epilepsîe spinale. — Il est temps de revenir maintenant à la contracture des membres inférieurs qui, chez V..., constitue aujourd'hui un phénomène permanent et que vous pouvez étudier dans son type le plus parfait. C'est là, Messiem^s, un symptôme habituel des phases avancées de la sclérose multiloculaire ; il ne succède pas d'emblée, sans transition, à la parésie. A une certaine époque de la période parétique, on voit se reproduire, soit spontanément, soit sous l'influence de certaines excitations, des espèces d'accès pendant lesquels les membres inférieurs se raidissent dans l'extension en même temps qu'ils s'accolent pour ainsi dire l'un à l'autre. Les accès , qui durent quelques heures, et parfois quelques jours, sont d'abord séparés par des intervalles plus ou moins longs. Plus tard, ils se rapprochent et, à un moment donné, la contracture permanente se trouve définitivement éta-

1 Erbstein a relaté {Deutschcs Ârchiv fur Klinisclie Medicin, t. X, fasc. 6, p. u9o), l'histoire d'un malade qui a succombé à la sclérose en plaques (forme bulbo-spinale), chez lequel on avait observé pendant la vie l'atrophie de la portion antérieure de la langue. L'examen histologique fit voir, plus tard : 1» de nombreux foyers de dégénérescence, non seulement interposés entre les faisceaux de l'origine de l'hypoglosse, mais les intéressant aussi et interrompant par conséquent leur continuité. Une coupe permit de découvrir que le noyau du grand hypoglosse était remplacé par un îlot de tissu sclérosé ; 2» les fibres musculaires de la partie antérieure de la langue avaient subi la dégénérescence graisseuse; la lésion avait envahi quelques-uns des faisceaux musculaires de la base de l'organe. — Chez une malade nommée Vincent, qui a succombé à une sclérose en plaques, M. Charcot a observé une atrophie des muscles de l'éminence thénar. La paume de la main ofiVait une excavation au fond de laquelle on voyait les tendons des muscles fléchisseurs. (B.)

246t. ÉPILEPSIE SPINALE'

blie.. Lorsque les choses en sont à ce point, voici ce qu'on observe : les membres inférieurs, de même que cela avait lieu lors des accès, sont dans l'extension ; les cuisses sont étendues sur le bassin, les jambes sur les cuisses; les pieds offrent l'attitude du pied bot varus équin ; les genoux sont, de plus, tellement serrés l'un contre l'autre qu'on ne peut les écarter sans un grand effort. Les deux membres inférieurs sont très généralement affectés simultanément et au même degré ; leur rigidité est parfois si prononcée qu'en soulevant l'un d'eux, le malade étant au lit, on soulève en même temps la moitié inférieure du corps tout d'une pièce. Ce n'est que dans des cas rares, et seulement aux phases ultérieures de la maladie, que la flexion de la cuisse et de la jambe prédomine sur l'extension. La contracture permanente peut s'emparer, — le fait est d'ailleurs assez exceptiomiel — des membres supérieurs qui, eux aussi, sont alors en général dans l'extension forcée, et restent amsi éti'oitement appliqués de chaque côté du tronc. Il s'agit là. Messieurs, d'un spasme qui occupe simultanément et à peu près au même degré les muscles antagonistes, car il est presque aussi difficile, les membres étant fléchis, de les étendre, que de les fléchir lorsqu'ils sont étendus.

Lorsqu'on saisit dans la main l'extrémité de l'un des pieds et qu'on l'étend un peu brusquement sur la jambe, il se produit presque aussitôt dans toute l'étendue du membre correspondant une sorte de tremblement convulsif qui rappelle la trémulation déterminée par l'intoxication strj'Chnique. Cette trémulation, qu'il faut bien se garder de confondre avec le tremblement particulier qui survient à l'occasion des mouvements voulus, ne reste pas toujours bornée au membre dont le pied a été étendu ; elle se propage quelquefois au membre du côté opposé : l'agitation peut se montrer alors, parfois, assez intense pour se communiquer à tout le corps et même au lit où repose le malade. Elle persiste chez certains sujets pendant plusieurs minutes ou

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