‹ Leçons sur les maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 53 sur 129 · SiGERSON. — The Dublin Journal of med. se · texte numérisé non relu

SiGERSON. — The Dublin Journal of med. se

lésions déterminantes. Vous connaissez maintenant le siège vraisemblable des altérations qui ont produit, chez notre malade, le syndrome que vous savez. 11 ne me reste plus qu'à rechercher avec vous la nature intime de ces altérations. Je vous disais, en vous racontant l'histoire de cette femme, qu'elle avait été jadis soignée plusieurs fois à l'hôpital Saint-Louis pour des éruptions suspectes. Quoiqu'il n'en reste aujourd'hui aucun vestige, je crois être en mesure de vous montrer que, déjà à cette époque, la syphilis était probablement en jeu. Examinez, je vous prie, attentivement le visage de cette malade. Voyez ce nez camard, affaissé à la racine, élargi à l'ouverture des narines. N'est-ce pas là le type du nez dit en lorgnette, dû à l'effondrement des os propres? L'examen des fosses nasales, pratiqué par M. Cartaz, n'a révélé ni ulcérations, ni écoulement, ni odeur d'aucune sorte. Mais la cloison, très fortement déviée, est effondrée à sa partie postéro-supérieure elles fosses nasales sont rétrécies vers le haut. Ce sont là des vestiges indélébiles d'un processus éteint depuis longtemps.

D'autre part, en inspectant la gorge, nous avons aperçu, sur le voile du palais, une large traînée cicatricielle, presque ininterrompue, coupant le voile de droite à gauche et descendant jusqu'au pilier. Ces cicatrices profondes, irrégulières, sont à n'en pas douter le reliquat d'anciens foyers gommeux.

Assurément, le pharynx proprement dit, l'épiglotte et les cordes vocales sont d'aspect normal. Assurément nous n'avons découvert aucun stigmate suspect du côté des yeux, des oreilles, des dents, du système ganglionnaire, des os longs. Je ne crois cependant pas que nous soyons en droit d'admettre l'hypothèse d'une tuberculose locale. La localisation même des lésions sur les os propres du nez et sur le voile du palais et l'aspect arrondi, circiné des cicatrices sont très caractéristiques. Si on les rapproche des anciennes éruptions et de certains renseignements que je vous ai fournis, il ne semble pas téméraire d'affirmer l'existence de la syphilis.

S'agit-il, allez-vous me dire, de syphilis acquise ou de syphilis héréditaire? Nous savons bien aujourd'hui, grâce aux beaux travaux deM. le professeur Fournier, quel'hérédo-syphilis peut exceptionnellement se montrer dans l'âge adulte. A la rigueur, elle pourrait être soupçonnée dans le cas présent. Je

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