Leçon du 5 avril
pathologique : je le ferai avec des pièces qui proviennent de deux de nos anciens malades. Ces pièces histologiques ont été préparées par mon chef de laboratoire, M. le docteur Nageotte, à l'habileté et au talent duquel je suis heureux de pouvoir rendre publiquement hommage. Je compte, du reste, vous montrer tout à l'heure les préparations au moyen de projections électriques .
Que je vous mette d'abord au courant de la première observation. Elle concerne une jeune femme de vingt-neuf ans, qui, après un séjour de quelques mois dans mon service de Lariboisière, succomba des suites d'une tuberculose pulmonaire. Toujours bien portante jusqu'en 1887, cette femme éprouva, quelque temps après un accouchement d'ailleurs normal, une sorte de raideur et de faiblesse dans le côté gauche du corps ; cette faiblesse des membres supérieur et inférieur gauches alla en progressant. Le membre supérieur droit ne commença à s'affaiblir que quatre ans plus tard, mais la paralysie y progressa avec une grande rapidité. Puis ce fut le tour du membre inférieur droit. En outre, la malade se plaignait de crampes assez douloureuses dans les bras et dans les jambes. Finalement elle fut immobilisée au lit.
Au moment de son entrée à l'hôpital, le 18 juin 1891, cette femme présentait des signes rationnels et physiques de tuberculose, sur lesquels je ne veux pas insister. Nous pûmes constater, en outre, une atrophie musculaire très accusée des membres supérieurs : dans chaque main, les éminences thénar et hypothénar avaient complètement fondu ainsi que les interosseux, elles doigts étaient déformés en griffe.
De chaque côté, l'avant-bras, le bras et l'épaule étaient notablement atrophiés. Aux avant-bras, les fféchisseurs semblaient plus touchés que les extenseurs ; aux épaules, les deltoïdes avaient pour ainsi dire disparu. L'atrophie avait envahi les pectoraux et les muscles sus et sous-épineux.
Du côté des membres inférieurs, il existait plutôt un amaigrissement général qu'une atrophie véritable. Du reste, la