‹ Leçons sur les maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 66 sur 129 · UN CAS DE PARALYSIE L A C I 0- G L 0 S S 0-E A U V N G É E · texte numérisé non relu

UN CAS DE PARALYSIE L A C I 0- G L 0 S S 0-E A U V N G É E

ascendant remonte vers les origines de la i-acine, jusqu'au noyau.

Les artères périphériques se distribuent aux diverses parties constitutives du bulbe, à l'exception des noyaux.

Les artères médianes antérieures (fig. 90) ou bulbaires proprement dites, sur lesquelles j'appelle ioule votre aUention,

FiG. 89. — Artères de la face antérieure de la moelle allonçiée et de la prolube'rance ajinulaire. (D'après Duret.

1, artères radiculaires du nerf accessoire de AVillis. — 2. artères spinales antérieures. — 3, artères radiculaires du pneumogastrique. — 4, artères radiculaires du glosso-pliaryngien. — 5, artères radiculaires du moteur oculaire ext. — 6, artères radiculaires du facial et de l'acoustique. — 7, artères radiculaires du trijumeau. — 8, artères radiculaires de l'hypoglosse.

naissent perpendiculairement sur le tronc de l'artère spinale antérieure et se dirigent, rectilignes et horizontales, jusqu'au plancher du quatrième ventricule. Elles répondent à ce que Charcot désignait sous le nom de bulbe inférieur. Cesl-à-dire qu'elles nourrissent les noyaux du spinal, de l'hypoglosse et du facial inférieur. Là, ces artères médianes se terminent en arborisations, dont les divisions se perdent autour des noyaux

CLIMOUE DES MALADIES DU SYSTEME NERVEIX.

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d'origine des nerfs précédents, de telle manière que chaque noyau est dessiné par un groupe de cellules et un îlot capillaire.

Chaque noyau a donc deux sources artérielles : l'une venue de l'artère radiculaire; l'autre, « la plus importante de heau-

coup, est celle de o cjfte^ fjojt, l'artère médiane».

Parmi les autres artères médianes se trouve le groupe des artères sous - iwotuhéran tielles, qui répondent plus spécialement aux noyaux du pneumogastrique, du glossopharyngien et de l'auditif. Enfin ^ encore plus haut, dans la protubérance, se voit le groupe des artères médio-pro tubérantielles , qui irriguent les noyaux du facial supérieur, du moteur oculaire externe , du moteur oculaire commun et

médianes antérieures et postérieures> du ^ nathétiaue tubérance anyiulaire. 'D'après Duret.) A H *

Mais je ne lais

que vous les mentionner en passant. 11 n'est besoin, pour notre démonstration, que de connaître l'origine et la distribution des artères médianes bulbaires proprement dites, qui, je vous le répète, naissent de la spinale.

Or, Vartère spinale antérieure présente des anomalies très importantes qui expliquent certains phénomènes pathologiques.

FiG. 90. —Artères bulbe et de la prot

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Tantôt il n'existe qu'une artère spinale; tantôt il en existe deux. D'autrefois les deux spinales s'anastomosent presque immédiatement pour former un tronc unique. Lorsqu'il existe deux spinales, il est de règle qu'elles s'envoient une large anastomose transversale.

Comme aous le savez, l'artère spinale antérieure parcourt le sillon médian du bulbe. Sur les côtés elle envoie des branches aux parties latérales du bulbe (artères radiculaires), tandis que ses branches médianes se dirigent directement vers les noyaux {artères médianes antérieures).

Il importait de vous remettre en mémoire cette distribution et cette origine des artères du bulbe, pour comprendre les conséquences anatomiques et cliniques de leur oblitération. Ce sont surtout les artères médianes qui par leurs lésions engendrent des foyers bulbaires. Ces foyers hémorrhagiques ou nécrobiotiques sont situés près de la ligne médiane et affectent la forme d'un triangle dont le sommet est situé en avant et la base, en arrière, sur le plancher du quatrième ventricule. Le trajet et la terminaison de ces artères explique naturellement cette configuration.

C'est en se basant sur la distribution de ces artères médianes que Duret avait conçu a priori la théorie suivante, que je tiens à vous citer textuellement :

« 1° Lorsqu'un caillot siège dans l'une des artères vertébrales, il interrompt la circulation dans l'artère spinale antérieure et, par conséquent, dans les artères médianes qui en partent, c'est-à-dire dans les artères nourricières des noyaux du spinal, de l'hypoglosse et du facial inférieur. Il donnera lieu à tous les symptômes "d'une jOrtr«/y.s'/<? labio-glosso-laryngée à début brusque.

(( 2" Lorsque le caillot occupe la partie inférieure du tronc basilaire, il anémie les artères sous-protubérantielles, les artères des noyaux du pneumogastrique ; il s'ensuivra une mort subite, ou au moins rapide. »

Or, Messieurs, il y a dans la science des observations qui confirment ces vues théoriques. Je ne vous rappellerai ici que

les faits du premier groupe, je veux dire de paralysie labio-glosso-laryngée, car eux seuls nous intéressent aujourd'hui.

Supposez qu'un caillot embolique ou qu'une coagulation thrombosique oblitère dans une certaine étendue le calibre de l'artère vertébrale, et vous réaliserez les symptômes d'une paralysie glosso-labiée apoplectiforme. Il en était ainsi dans les observations de Proust, publiées par Luiieau', de Charcot". de Geoffroy \ de Strohl^. La première observation de Luneau peut, sous ce rapport, servir de type. Une femme de soixante-huit ans est prise tout à coup d'engourdissement dans le côté gauche du corps et s'affaisse. En même temps que cette faiblesse du côté gauche, existaient une aphonie et une dysphagie complètes. L'intelligence était intacte. Le lendemain, Ihémiparésie diminua. Quatre jours après survint du hoquet, le pouls devint rapide et la malade mourut. A l'autopsie on trouva l'extrémité supérieure de l'artère vertébrale gauche oblitérée par un caillot qui en remplissait le calibre. L'artère cérébelleuse inférieure gauche était même obstruée. Et il y avait un foyer de ramollissement bulbaire, ainsi qu'en témoignent ces lignes : « M. Charcot, quia bien voulu examiner cette pièce, a cherché si la substance médullaire n'était pas altérée du fait de ces artères oblitérées qui sont les artères nourricières du bulbe. Des fragments pris au niveau du plancher du quatrième ventricule, non loin des noyaux d'origine de l'hypoglosse, du spinal et du facial, ont laissé voir au microscope des corps granuleux et des oblitérations semblables à celles qu'on trouve dans le ramollissement cérébral iscliémique. » Il résulte de ce fait que le caillot occupait la vertébrale et que le spinal, l'hypoglosse et le facial inférieur étaient les nei'fs atteints. J'ajoute que, dans ce cas, la paralysie de la bouche, de la langue et du voile étaient unilatérales.

Mais la paralysie peut être bilatérale. Il en était ainsi dans le cas de M. le professeur Joffroy'' : la paralysie glosso-labiée

•1. Société de Biologie, 1869.

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