‹ Leçons sur les maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 76 sur 129 · SUR DEUX CAS DE PARALYSIE P SEL" DO -BULIÎ AIRE · texte numérisé non relu

SUR DEUX CAS DE PARALYSIE P SEL" DO -BULIÎ AIRE

A côté de ces symptômes, je dois vous signaler l'existence d'une lésion mitrale, d'une bronchite avec congestion de la base des poumons, enfin d une albuminurie notable. Je me propose de relever plus loin et de discuter l'importance de ces troubles viscéraux.

Vers la fin de février. Messieurs, l'état de notre malade avait peu varié. La bronchite et la congestion pulmonaire avaient toutefois disparu; la paralysie de la langue, des lèvres et des membres du côté droit s'était amendée. Au commencement de mars, l'hémiparésie droite s'est dissipée; la motilité glosso-labiée s'est notablemement améliorée, mais sans amélioration proportionnelle de la parole. Enfin, en avril, surviennent deux accès d'épilepsie jacksonienne, à début facial, limités au côté gauche du corps d'abord, puis accompagnés de perte de connaissance et généralisés au côté droit. Retenez bien qu'à cette époque les urines renfermaient deux grammes d'albumine par litre. La malade fut mise au régime lacté. absolu; l'albuminurie diminua et les accès jacksoniens n'ont plus reparu. C'est vous dire que cette épilepsie partielle dépendait, selon toute vraisemblance, du mal de Bright et qu'il s'agissait là d'urémie cérébrale. Je ne crois d'ailleurs pas qu'il y ait un rapport de cause à effet entre la néphrite et la paralysie pseudo-bulbaire. Je crois que celle-ci relève avant tout de l'affection mitrale. Mais n'anticipons pas.

Il s'agit, en somme, d'une jeune fille affligée d'une vieille lésion mitrale, qui a été frappée, dans ces derniers temps, à cinq mois d'intervalle, de deux ictus apoplectiformes, suivis le premier d'hémiplégie gauche et le second d'hémiplégie droite. De cette double hémiplégie, il ne reste plus aujourd'hui que des traces insignifiantes. L'impotence fonctionnelle ne s'accuse que pour la marche, et encore s'atténue-t-elle de jour en jour. Le premier ictus a laissé à sa suite un embarras léger et transitoire de la parole; le second, une dysarthrie très accusée. A l'origine cette dysarthrie peut s'expliquer tout naturellement par la paralysie des organes de la parole : lèvres, langue, voile du palais et larynx. Mais aujourd'hui la paralysie de ces orga-

nés s'est amendée au point d'avoir presque totalement disparu. Et cependant la dysarthrie s'est à peine atténuée. Il y a là évidemment une discordance frappante, qui est à rapprocher de celle que je soulignais tout à l'heure, en vous parlant des troubles de la marche. Il me paraît inutile maintenant d'insister sur l'existence, chez cette jeune femme, d'une véritable paralysie pseudo-bulbaire, surtout si j'ajoute que chez elle la langue, les lèvres, etc., n'offrent aucune espèce d'amyotrophie. Chez elle, comme chez notre premier malade, il s'agit donc de paralysie pseudo-bulbaire d'origine cérébrale.

Les détails dans lesquels je suis entré, à propos de ces deux faits, me dispenseront d'insister sur la légitimité et la réalité de ce diagnostic. Deux ictus, suivis chacun d'hémiplégie et compliqués de dysarlhrie persistante; l'absence d'atrophie musculaire ; l'existence de rires et de pleurs spasmodiques, etc., plaident assez haut, ce me semble. Point n'est besoin, j'imagine, de disserter sur la possibilité d'une sclérose latérale amyotraphique ou d'une paralysie labio-glosso-laryngée d'origine bulbaire. La démonstration serait trop facile, car il est évident que ni l'une ni l'autre ne peuvent être en jeu.

Reste donc à trancher le problème relatif à la nature et au dège des lésions cérébrales qui ont produit ce complexus symptomatique, chez nos deux malades.

Chez notre cocher, il s'agit probablement d'artérite ayant amené, dans deux territoires symétriques de chaque hémisphère, un foyer hémorrhagique. Son alcoolisme, l'existence d'une hémiplégie cérébrale chez sa mère, joints au mode de début, plaident pour cette hypothèse; la syphilis n'est pas en jeu chez lui. II faut cependant toujours songer aux artérites spécifiques. Récemment Schlesinger\ Ballet- ont mentionné des faits de paralysie pseudo-bulbaire chez des syphilitiques. Une amélioration considérable survint sous l'influence du traitement spécifique.

Beaucoup plus complexe apparaît le cas de notre jeune fille.

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