Respaut. — Des Délires épileptiques
la nature. Le malade a quelques secousses ; il se mord la langue ; il urine dans son pantalon; il tombe dans un sommeil stertoreux après l'absence, etc. Dans la plupart des fugues véritables, et en particulier dans celle de notre malade, rien de semblable n'existe.
Un caractère plus important encore peut être tire de la nature des actes accomplis. Dans ces absences épileptiques, ces actes sont, le plus souvent, absurdes, violents, désordonnés, sans rapport apparent avec les circonstances extérieures, et ordinairement de courte durée, en un mot les actes conservent les caractères du délire épileptique dont ils sont la manifestation \
Les individus qui font des fugues ne présentent rien de semblable. Charcot, dans une observation célèbre que je vous résumerai tout à l'heure, revient à plusieurs reprises sur cette constatation que les malades qui font des fugues traversent des villes, des gares de chemins de fer, etc., sans se faire arrêter par les gendarmes, ce qui ne manquerait pas d'arriver s'ils avaient une conduite désordonnée. Ainsi, ils prennent leur place de chemin de fer, ils commandent leur dîner, le payent, etc. Il y a donc, dans cette façon de procéder, une systématisation des actes qui n'existe aucunement au même degré dans les vertiges proprement épileptiques. Cependant, on a pu voir certaines absences, également de nature épileptique, prendre parfois un tel développement qu'en réalité, au premier abord, elles ressemblent à de véritables fugues. Legrand du Saulle 2, Falret3, citent des faits de ce genre. Les plus intéressants sont exposés dans un remarquable travail de M. Huglings Jackson4. Un malade qui a eu des vertiges et des accès épileptiques indiscutables, avec morsure de la langue, etc., écrit cette note : « Le 20, je perds conscience de mes actes pendant environ trois quarts d'heure; je me souviens d'avoir commandé mon dîner, mais non de l'avoir mangé ou payé, quoique j'aie fait l'un et l'autre. Je reviens à mon bureau et je me retrouve à
1. Bourneville et Bricon. — Épilepsie procursive (Arch.de neurol., 1877-1878)