‹ Leçons sur les maladies du système nerveux (volume 3)Chapitre 121 sur 129 · Charcot. — hoc. cit., p · texte numérisé non relu

Charcot. — hoc. cit., p

C'est pourquoi, depuis quelque temps, la plupart des fugues qui ont été observées sont présentées, malgré les desiderata du problème, comme des phénomènes hystériques. Ainsi, E. Duponchel1 considère ces malades comme des suggestionnes. M. Jules Voisin a communiqué au Congrès international de médecine mentale, le G août 1889 2, les observations de cinq malades sujets à des accès de vagabondage impulsif. Après les fugues, ils ne se souvenaient de rien de ce qu'ils avaient fait; mais en les endormant, on leur rendait tous leurs souvenirs ; d'ailleurs, ils présentaient tous des stigmates très accusés. M. J. Voisin n'hésite pas à rattacher tous ces cas d'automatisme ambulatoire à l'hystérie. Le même auteur décrit un nouvel exemple de fugues, avec les mêmes interprétations'.

M. le professeur Proust, dans une communication curieuse à l'Académie des sciences morales, séance du 28 janvier 1890% raconte l'histoire d'un jeune homme intelligent, avocat au barreau de Paris. Celui-ci, après une altercation avec son beaupère, le 23 septembre 1888, part de chez lui et ne reprend conscience de sa personnalité que trois semaines après environ, le 15 octobre. Il apprend, avec stupéfaction, qu'il a été se promener dans la Haute-Marne; qu'il a contracté 500 francs de dettes, et qu'il s'est fait condamner pour filouterie par le tribunal de Vassy. Il s'est agi, dans le cas particulier, d'un malade que l'on put endormir et qui retrouva, pendant le sommeil somnambulique, tous ses souvenirs. Et quoique les stigmates permanents de la grande névrose ne fussent pas très nets, M. Proust, avec forte raison à notre avis, n'hésita pas à rapprocher le cas de son avocat de ceux de M. Voisin et à faire de la maladie de son client, de l'automatisme hystérique.

Le malade de M. Chantcmesse, présenté à la Société médicale des hôpitaux, le 27 juin 1890, fut d'abord considéré comme un cas d'automatisme comitial ambulatoire. Mais, en l'examinant de plus près, on lui découvrit des stigmates hystériques. Dans la discussion qui suivit la présentation, ses fugues

1. Duponchkl. — Étude clinique et médico-légale des impulsions morbides, etc. Annales d'hyg. publiq., Juillet 1888.

Page 1