Voir XIe leçon
du plexus brachial, qui, sous certains rapports, contraste avec le précédent. Chez notre homme il s'agissait avant tout, vous vous le rappelez, de paralysie motrice; chez la jeune femme que voici, il s'agit essentiellement de paralysie sensitive.
Son histoire vaut du reste la peine de vous être contée avec quelques détails. Je n'insiste pas sur le passé héréditaire et personnel qui n'offre rien d'intéressant à souligner. Retenez-en simplement que cette femme a eu deux enfants, morts tous deux, en bas âge, de convulsions et de méningite.
Vers le milieu du mois d'octobre 189i, il y a cinq mois environ, un matin en se levant elle ressent, sans cause connue, une vive douleur dans la région cervico-dorsale du rachis. Il lui était impossible de remuer la tête et le cou, de se peigner, etc., tant cette douleur était exaspérée par le moindre mouvement. Ces phénomènes douloureux persistèrent, avec les mêmes caractères, pendant une quinzaine de jours. Le 2 novembre, tout étant rentré dans l'ordre, la malade recouvre la liberté de ses mouvements et reprend son travail de « couronnière ». Mais le li novembre, au soir, elle remarque une tache rouge et indolente, située dans l'espace interdigital qui sépare le médius de l'index gauche. Le lendemain, de cette tache partait une traînée rose qui remontait le long de la main et de l'avant-bras jusqu'au coude. Six jours après, cette espèce de lymphangite avait disparu. Presque aussitôt un gonflement limité à l'index et au médius apparaissait, en même temps que des douleurs articulaires dans toutes les jointures du membre supérieur correspondant. Bientôt, le gonflement œdémateux avait gagné toute la main, particulièrement la face dorsale, et les douleurs avaient augmenté d'intensité. Ces douleurs articulaires survenaient par accès, soit spontanément, soit à la suite d'un mouvement insignifiant; elles étaient assez fortes pour réveiller la malade plusieurs fois durant la nuit. A partir de ce jour, l'impotence du membre devint très accusée, plus par le fait de la douleur que d'une paralysie véritable.
Tel est le récit qui nous a été fait. Voici les troubles que nous avons constatés nous-même. le 7 janvier. Le membre su-